Peux-tu nous décrire ton univers en quelques phrases ?
Mon univers est empreint de plusieurs styles musicaux. Je suis très inspirée par le folk des années 50’ aux années 70’, avec Dylan en tête, et Johnny Cash bien sûr ; un peu à l’ancienne, terriblement simple et efficace. J’aime aussi beaucoup le Velvet Underground et Syd Barrett, à la fois pour leurs mélodies entêtantes, leur audace et la simplicité de leurs chansons, également. Aujourd’hui, je me sens assez proche d’artistes comme Adam Green, Alela Diane, et Bright Eyes. Finalement, je dirais que mon univers se trouve à la croisée du folk et de la musique underground américaine.
Tes compositions présentent une personnalité subtile et spontanée. En quel sens la musique te permet-elle de t’exprimer ?
La musique me permet de lâcher le contrôle que j’aime avoir sur ma vie. C’est peut-être en ce sens que tu y vois quelque chose de spontané ; je ne suis pas toujours consciente de ce que j’écris, et ce n’est parfois que plusieurs mois plus tard que je peux enfin comprendre ce que j’ai fait. J’ai beaucoup de violence et de tensions en moi, et j’ai besoin de transformer tout cela en quelque chose de positif. Mais c’est davantage qu’un simple exutoire : c’est une façon de m’exprimer, et de me comprendre. C’est sûrement pour cette raison que mes chansons sont souvent mélancoliques et noires. C’est peut-être un peu égoïste comme façon de penser, je peux le concevoir ; mais je pense que dans toutes les formes d’art, il y a quelque chose de très égocentrique a l’origine de la création. Puis l’acte de faire partager son art rééquilibre la balance.
Sur scène, quelques musiciens t’accompagnent. Peux-tu nous parler d’eux ?
Oui, bien sûr. Ces musiciens sont des professionnels qui ont également collabore a l’enregistrement de ma démo, l’année dernière. Mocke Depret, le guitariste, est un des membres du groupe français Holden. Bradney Scott est un contrebassiste anglais, il a joué notamment pour Higelin et Bashung. Et enfin, Stephen Munson, mon manager, joue de l’harmonica et chante. D’autres musiciens ont également collabore a l’enregistrement de ma démo : Julie Darnal au piano, Ilan Moss au banjo, le tout enregistré et mixe par Steve Prestage. J’ai beaucoup de chance d’être si bien entourée, par des professionnels sensibles et très doués, qui ont su comprendre ma musique et l’habiller avec subtilité et justesse.
Tu composes de manière personnelle tes chansons. Quel a été l’apport de ces musiciens qui t’entourent ? Est-ce que cela représente un changement important pour ton univers musical ?
Justement, ce qui a été magique avec tous ces musiciens, c’est que je n’ai pas eu besoin de leur expliquer ce que je voulais. Je ne sais même pas si j’en aurais été capable, de toute façon. En plus d’apporter du « corps » a ma musique, ils lui ont ajoute une puissance émotionnelle incroyable et une certaine richesse instrumentale. Cela ne représente pas un changement dans le sens ou il n’y a pas eu de rupture, mais un enrichissement et une évolution vers un rendu plus fini, plus travaillé, et donc beaucoup plus fort.
Comment vois-tu évoluer ton style musical dans les prochains mois / années ?
J’y pense tous les jours. Je n’aimerais pas m’enfermer dans mon style musical, et je suis toujours a la recherche du détail qui me fera évoluer. Par exemple, je pense ajouter une guitare électrique très saturée sur certains morceaux, dans les breaks ; cela pourrait renforcer l’aspect un peu « tendu » et noir de mes mes chansons. Ça me ferait du bien, je crois.
Tu as énormément joué cette année à Paris sur de petites scènes. Maintenant que ton set est rôdé, penses-tu partir à la conquête des salles de province ?
C’est vrai, j’ai fait beaucoup de concerts depuis septembre, et j’ai adoré ça. C’est comme lorsque tu fais une campagne de pub, il faut avoir le plus de visibilité possible, et c’est ce que j’ai essayé de faire ces derniers temps. C’est un besoin vital pour moi, de jouer live. J’estime que mon set ne sera jamais rodé, je pourrai toujours faire mieux, alors je voudrais continuer à jouer le plus possible. Mais pourquoi pas partir à la conquête des salles de provinces, comme tu dis ! Ça me plairait bien. Je suis encore étudiante, je suis donc un peu coincée à Paris, mais d’ici à moins d’un an, j’espère bien commencer à tourner dans d’autres villes… et dans d’autres pays ?!
Tu vis actuellement à Londres. Comment penses-tu exploiter cette expérience d’outre-manche au sein de ta démarche artistique ?
Je vis à Londres depuis février, et j’y suis pour 6 mois. J’ai choisi cette ville pour son patrimoine sa renommée en termes de musique. J’ai déjà booké 7 concerts jusqu’au mois de mai, un peu partout dans Londres. (cf. liste à la fin). Je suis très excitée par tout ça, c’est un gros challenge de jouer ici, devant des anglophones, pour la plupart très sensibles a la musique. Mais c’est ce que je recherche dans le live : des défis. J’espère ainsi me forger une expérience solide, faire découvrir ma musique aux londoniens, et surtout, m’amuser. Pour l’instant, ma musique a l’air de bien plaire ici, j’espère que ça va continuer comme ca. Je vais voir beaucoup de lives également, qui me donnent plein d’idées. Et bien sûr, j’espère devenir vraiment bilingue pour écrire encore de beaux textes.
Après cette expérience londonienne, quels seront tes objectifs pour l’année ?
J’aimerais continuer à jouer, pourquoi pas dans des salles un peu plus grandes, dès la rentrée. Je voudrais aussi jouer à l’étranger, pour quelques dates, car je trouve cela très enrichissant. J’aimerais également enregistrer mes nouvelles chansons, que j’ai écrites ici à Londres. Et continuer à rencontrer des gens passionnés. Continuer à avancer, en fait.
Comment as-tu découvert la plateforme Noomiz.com ?
Par Noomiz eux-mêmes !
Quels avantages en tires-tu, par rapport à un portail comme Myspace, par exemple ?
De la visibilité auprès du public bien sûr, mais aussi auprès des professionnels. Et un concert à Paris, en avril !
Le mot de la fin ?
Merci ! Et Mes concerts londoniens :
– 31/03 : The Good Ship (London, Kilburn)
– 05/04 : The Old Blue Last (London, Shoreditch)
– 26/04 : The Source Below (London, Soho)
– 29/04 : The Lock Tavern (London, Camden)
– 30/04 : The Spice of Life (London, Soho)
– 10/05 : 93 Feet East (London, Brick Lane)
– 21/05 : The Constitution (London, Camden)




