Flâner dans les rues de Nantes pour profiter des premiers rayons du soleil annonçant l’arrivée de l’été peut s’avérer être un bon moyen pour repérer une date de concert que l’on aurait surement pas vu si nous n’étions pas passer dans cette rue à ce moment présent. Passant dans une ruelle non loin du café concert le Live bar de Nantes, j’observe une annonce de concert qui me tape à l’œil. Mick Hart en concert le 8 mai à 20h ! Connaissant le guitariste par son dernier album Finding Home, ses premières parties de John Butler Trio et son attachement à la musique de Ben Harper, c’était trop d’éléments positifs qui se mélangeaient pour ne pas organiser une interview avec cet australien pour parler de sa dernière œuvre musicale. Interview réalisée après le set acoustique de Mick Hart dans une ambiance relativement décontractée… Let's Go!
Hervé : Mick tu vis depuis plusieurs mois en France. Peut on faire cette interview en français ?
Mick Hart (en français) : Je ne sais pas, c’est possible (Rires !)
Hervé : Qu’est ce que tu as trouvé en France pour vouloir t’installer dans notre cher pays ?
Mick : J’ai trouvé de bonnes connections et de l’émotion. Je ressens un bon feeling dans ce pays. Je tournais beaucoup en Europe mais ma préférence pur vivre et jouer c’est en France parce que le feeling est présent.
Hervé : Depuis combien de temps vis tu en France ?
Mick : J’ai vécu plusieurs périodes en France. Pour cette fois ci, je me suis installé depuis deux ans. En 2003, j’ai vécu en France pendant huit mois et je suis retourné en Australie. En début 2006, je suis revenu en France pour vivre en France…
Hervé : Tu as posé tes valises dans le Nord, à Lille ?
Mick : Exactement. C’est Bizarre ? (Rires !) C’est une ville sympa.
Hervé : Quelles sont tes impressions après le concert de ce soir ?
Mick : Très bonnes. Il n’y avait pas beaucoup de monde mais le concert s’est déroulé dans un climat très intime. Il y avait une bonne énergie du public pendant le concert. Pour moi c’est le plus important et surtout lorsque c’est la première fois que je joue dans de nouvelles salles. Je joue à Lille, Bordeaux, Nice… c’était le début à Nantes et le concert s’est bien passé.
Hervé : Ton quatrième album vient de sortir en octobre 2007. Pourquoi as tu choisi de mettre en avant le titre « Finding Home » en nom d’album ?
Mick : C’est un sentiment personnel. Je voyage dans plusieurs pays pour jouer ma musique et au fur et à mesure tu te poses des questions « Où est ma maison ? » A plusieurs moments je me suis posé cette question. Après beaucoup de temps passé en France, sans être en Australie c’est assez bizarre. Je sens la France comme mon pays d’adoption. Je suis comme un gitan qui a trouvé sa maison.{multithumb thumb_width=450 thumb_height=320}
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Hervé : Ta nouvelle maison c’est donc Lille ?
Mick : Oui c’est assez bizarre mais c’est temporaire car je n’ai passé que deux ans dans cette ville. Je peux m’installer aussi dans une autre ville pour découvrir. Mais je suis allé à Lille car un ami m’a proposé de m’installer là bas. J’ai trouvé un studio pour enregistrer Finding Home, c’était intéressant car le studio n’est pas loin d’où je réside à Lille, je peux prendre mon temps. Puis Lille c’est une ville centrale, c’est à dire que je ne suis pas loin de la Belgique, Paris, l’Angleterre, c’est intéressant pour les concerts.
Hervé : Quelles ont été les critiques que tu as reçus sur ce dernier opus par la presse ou les radio ?
Mick : Elles ont été très bonnes ! Les critiques ont été assez sensibles face à Finding Home. Je pense qu’elles ont ressenti la vérité par rapport à l’écriture, les compositions…Elles ont été assez honnêtes pour cet album. Finding Home est un de mes albums les plus intimes, il me met à nu et il dégage beaucoup d’émotions. Les critiques ont été aussi positives en Australie.
Hervé : Actuellement tu es en pleine tournée européenne, comment se passe cette tournée ?
Mick : Je viens tout juste de finir l’Allemagne et l’Autriche. Là je vais pas mal jouer en France et en Belgique. En Juin je vais aller jouer quelques dates en Angleterre. Je joue beaucoup dans de petites salles puis dans quelques festivals…
Hervé : En France ?
Mick : En France je ne vais faire qu’un seul festival le Quiksilver surf festival mais je vais jouer dans deux festivals en Angleterre et Autriche. J’aime bien mélanger les festivals puis des petites salles, ce n’est pas les mêmes sensations, c’est intéressant !
Hervé : L’accueil du public français est toujours aussi chaleureux ?
Mick : J’espère qu’il sera toujours aussi chaleureux. Le public français n’hésite pas à te laisser une chance et j’aime cette mentalité. Beaucoup de pays ne sont pas aussi chaleureux dès le début d’une carrière. La France est exceptionnelle pour cela, je pense que c’est dans votre culture d’être honnête avec les émotions de la musique et c’est pourquoi ma musique réalise beaucoup de connections avec le public français.
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Hervé : Tous tes albums sont des autoproductions, pourquoi as tu choisi ce mode de production ?
Mick : Cet album est très intime mais les premiers ont été réalisés dans de grands studios en passant beaucoup de temps mais je préfère réaliser un album avec un ingénieur du son, des personnes avec qui je désire travailler…Je connais beaucoup de studios où ils te laissent faire ce que tu veux. Si tu as une vision de la musique que tu veux réaliser tu peux la suivre lorsque tu es indépendant. Par contre, un label peut te dire le chemin à suivre et t’imposer des conditions. Etre indépendant c’est plus de liberté dans tes choix.
Hervé : Quels sont les sujets que tu préfères aborder dans tes compositions ?
Mick : La vie bien sûr, ma propre vie mais aussi des personnes qui m’entourent. Un peu de politique mais le sujet que j’aborde souvent c’est les émotions que je ressens.
Hervé : Quels sont les groupes au artistes qui font aujourd’hui l’identité musicale de Mick Hart ?
Mick : Ben Harper bien sûr ! Mon groupe préféré est Radiohead mais j’aime beaucoup de choses différentes. Les Black Keys, des groupes comme Muse, Strokes, White Stripes, j’adore José Gonzales, Ray Lamontagne, Bryan Adams…
Hervé : Ben Harper est vraiment l’un de tes artistes favoris…
Mick regarde le T-shirt de John Butler Trio que je porte ce soir et sourit…
Mick : John Butler Trio aussi.
Hervé : John Butler Trio est un groupe que j’apprécie beaucoup.
Mick : C’est un groupe génial !
Hervé : Justement tu as fais des premières partie de John Butler Trio ?
Mick : C’est un groupe composé de très bons musiciens et ce sont des amis de longues dates. Pendant dix ans j’ai fais pas mal de premières parties en Australie pour John Butler Trio. C’est un grand plaisir de jouer avec eux.
Hervé : Ben Harper est l’un de tes artistes préférés, il t’a appris à jouer du lap steel…
Mick : Pas directement mais il m’a aidé par téléphone pendant nos discussions. C’est évident qu’Il m’a inspiré à jouer de cette façon. J’ ai rencontré Ben Harper en 1999 dans un festival en Australie. Je ne sais pas de quelle façon il m’a découvert car je jouais dans une grande salle avec mon groupe. On est devenu ami par la suite. A chaque fois qu’il vient en Australie, on essaie de se voir, il est très ouvert ! ces temps ci c’est un petit peu plus difficile car il est plus connu et n’est plus aussi souvent en France. C’est une personne vraiment sympa et très ouvert.
Hervé : Quelle est la chanson de ton répertoire que tu adores jouer en live ?
Mick : C’est toujours les chansons du nouvel album (Rires !). Du nouvel album j’adore jouer « Ballad of a broken man » mais franchement je n’ai pas de chanson préféré car toutes les nouvelles compositions j’ai un réel plaisir pour les jouer en live. Ces chansons sont fraiches (rires !)
Hervé : Les chansons de ton nouvel album sont pour la plupart en guitare/voix. Pourquoi as tu choisi ce style pour cet album ? Est ce pour augmenter cette ambiance intime ?
Mick : Oui c’est pour le côté intimiste. Mes premiers albums ont été réalisé avec un groupe où l’on faisait 9 à 10 chansons avec toute la formation puis je réservais 2 chansons un peu plus intimes. Depuis que je suis en Europe, j’ai composé pas mal de chansons sans mon groupe. J’aime beaucoup réalisé des albums dans ce style guitare/voix, c’est un bon plaisir et un challenge de faire un tel album. Peut être que le prochain sera un mélange de guitare/voix et le groupe. J’ai enregistré avec mon groupe en février et on a fait des chansons excellentes.
Hervé : Quelles sont les reprises de groupes ou artistes que tu insères dans tes sets ? Comme ce soir où tu as fais une magnifique interprétation d’Hallelujah de Léonard Cohen que j’ai découvert par le biais de Jeff Buckley.
Mick : Des reprises assez différentes mais Hallelujah je la joue assez souvent en live. Un peu de Bob Marley, Bob Dylan…
Hervé : Nirvana ? Dont tu as joué un morceau ce soir au Live Bar !
Mick : Oui Nirvana ! Ce n’est pas une reprise que je fais normalement mais j’ai rencontré une fille à Seattle qui m’avais demandé de la jouer. Parfois du Radiohead…
Hervé : Quelle chanson de Radiohead ? « Creep » ?
Mick : Non, je ne joue jamais « Creep ». Plutôt « Karma Police », « No Surprises ». J’aime bien changer les reprises dans mes sets.
Hervé : Et Kylie Minogue ? (Rires !)
Mick : Oui de temps en temps (Rires !)
Hervé : Lorsque je me suis procuré ton album, la première chose que j’ai pensé en voyant la pochette de l’album c’est à Jeff Buckley.
Mick : Ah vraiment ?!!
Hervé : C’est l’effet de la photo en noir et blanc avec le vieux micro qui me rappelle des photos de Jeff Buckley. Etait ce un effet désiré pour faire un clin d’œil à cet artiste tant regretté ?
Mick : Pas vraiment car c’était quelque chose de naturel. On était dans le studio en train d’enregistrer et c’est l’ingénieur du son qui a pris cette photo. La photo collait bien avec l’album ave ce coté old school, intimiste.
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Hervé : Est ce que tu penses que myspace est un bon moyen de se faire connaître sur le web ?
Mick : Oui c’est excellent ! Je pense cela car internet est intéressant. Mais myspace est plus agréable car tu as ta propre page et tu peux découvrir des groupes naturellement sans faire trop de recherches. Myspace c’est sympa, c’est bien pour les musiciens . Les internautes peuvent écouter les chansons de ta page. Mes amis musiciens trouvent myspace intéressant.
Hervé : Dave Lory est ton manager…
Mick : Il l’a été, plus maintenant. Il m’a aidé au départ de ma carriere. Il vit à New York et a été le manager de Jeff Buckley.
Hervé : Comment Dave … t’a pris sous son aile au début de ta carrière ?
Mick : Mon manager en Australie avait organisé une tournée en Europe et un petit peu aux Etats Unis. Il connaissait un peu Dave et lui a envoyé mon premier disque. Par chance, il a beaucoup aimé l’émotion dans ma voix. Il a voulu m’aider, on s’est rencontré et on a travaillé ensemble. Puis en 2003, vu que je passais pas mal de temps en Europe, les relations professionnelles se sont un petit peu écartées. Mais dans la vie, nous sommes toujours amis.
Hervé : Tu as un side project avec Monkey Boy. Pourrais tu nous en dire plus sur ce projet ?
Mick : C’est un peu comme les Black Keys avec guitare et batterie, un peu comme les White Stripes aussi. Je joue de la guitare électrique et chante, le tout avec un batteur. C’est assez bluesy. C’est quelque chose différent de ce que je fais en solo mais c’est intéressant. Nous avons sorti un album en 2005. Mais pour le moment je ne joue pas avec Monkey Boy car je reste beaucoup de temps en Europe. Peut être dans le futur on fera des dates avec les Monkey Boy !
Hervé : Tu as déjà joué en première partie de Coldplay, Sting ou encore John Butler Trio. Pour ton prochain album souhaiterais tu jouer avec certains artistes sur des compositions ?
Mick : Bien sur ! Beaucoup de personnes ont ce projet en tête mais c’est difficile de trouver la bonne personne pour un titre spécifique. Depuis longtemps je demande une collaboration avec Ben Harper. Nous en avons parlé ensemble mais nous ne sommes jamais ensemble au bon moment. Pour exemple lorsque j’enregistrais mon deuxième album, il voulait faire un titre avec moi. J’étais en Australie en studio alors qu’il était à Los Angeles et inversement… J’aimerais bien collaborer avec Thom Yorke.
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Hervé : Et Jack Johnson ?
Mick : Oui peut être il est très sympa ! Mais mes préférences sont Ben Harper et Thom Yorke.
Hervé : Quels sont tes projets pour l’année 2008 ?
Mick : Continuer la tournée et j’espère finir mon cinquième album. Peut être qu’il sortira dans la dernière partie 2008 ou dans le début de l’année 2009.
Un grand merci à Mick Hart pour avoir répondu à mes questions et sa gentillesse. Merci à Sophie Louvet (attachée de presse) qui m’a permis de faire cette rencontre.


