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Live report: Leprous au Ferrailleur (06/10/15)

Introduction classique, on arrive, on regarde les tee shirt au merch, on prend une pinte ou deux, on regarde le tee shirt des autres, ou leurs patchs, on discute, on patiente etc. Allez hop on entre dans la salle maintenant!

Rendezvous Point

 

Le bal s’ouvre avec Rendezvous Point. Toute jeune formation et déjà un énorme talent, le groupe n’a que 30 minutes pour convaincre. Mais lorsque les premières notes des guitares inquiétantes de Through the Solar Storm sortent, on visualise très bien à qui on a affaire, et on comprend pourquoi ils accompagnent Leprous. Para arrive en deuxième position et permet à RDV. d’introduire une variété d’influences et de styles en une seule compo, et ça fait carrément mouche. Alors que le chant parfaitement propre de Geirmund Hanson s’inspire d’un style metal prog lyrique et efficace, les coups perchés de Baard Kostald soumettent les guitares à de longs passages rythmés, cassés, psychés. Ça sonne résolument pro.

Rendezvous Point - 1 (© Erwan Vincent)

 

On continue dans les phases de tachycardie avec Mirrors qui fait secouer pas mal de têtes dans la foule, qui semble de plus en plus conquise par la prestation du groupe. Arrive suite Wasteland qui se veut un poil plus lente et plus épique. Avec l’expérience on devine que malheureusement le temps accordé à RDV. commence à toucher à sa fin au vu du changement de tempo… Le groupe finira son set, en toute logique, avec The Conclusion part 1 & 2. A noter que l’album (oui, ils n’en ont qu’un seul à leur actif et il est tout récent, et je vous invite grandement à l’écouter, il s’appelle Solar Storm) finit lui aussi par cette track qui se compose de deux parties. The Conclusion rassemble tous les atouts de du groupe en une seule compo : gros riffs, complexité, passages doux. La potion est magique.

Rendezvous Point - 3 (© Erwan Vincent)

Si je pouvais faire vraiment un reproche au groupe, mais c’est vraiment histoire de parler pour rien dire, c’est que ça manque un poil de communication avec le public et de mise en scène, ce qui n’est pas forcément obligatoire pour une musique qui se veut être contemplée plutôt qu’autre chose, et c’est vraiment du chouinage vu que le groupe est tout jeune et que tous n’ont pas forcément une longue expérience de scène derrière.

Rendezvous Point - 2 (© Erwan Vincent)

Setlist

  1. Through the solar storm
  2. Para
  3. Mirrors
  4. Wasteland
  5. The Conclution

Rendezvous Point @ Facebook / Bandcamp

Sphere

 

Qu’on se le dise d’entrée de jeu, le style musical de Sphere n’est pas ma tasse de thé. C’est donc malheureusement difficile pour moi de vous parler d’eux, qui évoluent dans un genre que je ne connais pas. Dans le moderne monde du Djent, à part Tesseract qui fournit un travail énorme et a la dignité de jouer sur plusieurs tableaux pour donner plus de richesse et de finesse à leur musique, rien dans le milieu ne m’a grandement troublé. Mais je dois avouer que changer de style entre deux groupes prog a un bon effet sur le déroulement de la soirée ! Et puis, les riffs sont sympas et marchent bien, ça bouge et c’est bien amené, sauf que bon, ça a peut-être un peu trop tranché avec l’ambiance générale de la soirée et n’a pas convaincu l’ensemble du public. Dans un autre cadre, avec d’autres gens de metalheads ça passerait crème (oui j’ai osé dire « ça passe crème », et alors ?), mais là le contexte n’était pas propice à un tel décalage.

Sphere propose une musique néanmoins puissante et plutôt bien maîtrisée. Quand les guitares “djent” lâchent de gros riffs, les refrains en chant clair donnent un côté accessible et entêtant.

https://www.facebook.com/ErwanVincentLivePics?fref=ts

Setlist

  1. Hardliner
  2. Servitor
  3. Vestiges
  4. Erratic
  5. Origin
  6. Arbitrary
  7. Shock and awe
  8. Puncture

Sphere @ Facebook / Youtube

Leprous

 

On s’attaque à la pièce maîtresse de la soirée. Leprous. L’installation de la scène se veut un poil plus longue que l’entracte entre RDV. et Sphere, et à l’ouverture des rideaux on voit pourquoi. Des écrans sont installés derrières les musiciens et diffusent des images aux interprétations obscures durant tout le show, qui appuient parfaitement les ambiances délicieusement dérangées que peuvent apporter la musique de Leprous.

Leprous - 3 (© Erwan Vincent).jpg

Le groupe arrive, silencieux, classe et humble sur la scène. Les premières notes du synthé d’Einar Solberg de The Flood démarrent et une ambiance noire et fragile s’installe, le temps d’à peine deux minutes, et sa voix éclate sur les guitares lourdes qui lancent le refrain « Stay with me now I’m falling », pendant que les lumières surgissent et éclairent toute la scène. Et ça donne juste des putains de frisson. La puissance de cette entrée en scène, c’était tellement parfait. Le son est généreux, propre et équilibré, c’est littéralement pénétrant. Une sensation de pétrification qui entre dans le cerveau, parcourt la colonne vertébrale et descend en immobilisant les pieds. Je n’avais que très très rarement vu une symbiose aussi parfaite entre les membres d’un groupe. Sous les tonnerre d’applaudissements à la fin de cette « introduction », Leprous place la fracassante et radicale Foe. Ce qui ne sera pas sans rappeler leur entrée aussi, au même endroit, 2 ans auparavant… Leprous enchaîne sur le titre Third Law, avec ses rythmes possédés et les frappes endiablées de Baard Kostald (tiens, encore lui ?), et montrent que le groupe maîtrise sévèrement même si c’est impossible d’en douter depuis quelques temps déjà.

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Toujours dans une ambiance noire, l’inquiétante et grave, Chronic fait son entrée. Ensuite, place au morbide (du moins, nettement plus) et… au growl ! Rewind. L’une des pièces maîtresses de leur dernier album The Congregation qui fait l’objet de la tournée de Leprous. Alors que les débuts se veulent faussement calmes, le synthé sur les premières notes me rappellera toujours l’ultime Woodpecker From Mars de Faith No More, dont je compare la créativité de génie sans complexe à Leprous dans une précédente chronique sur l’album Coal. Si l’introduction est parfaitement propre et épique, la musique dégénère progressivement sur des paroles qui évoquent gentiment le fatalisme et la soumission jusqu’à l’acceptation objecte du chemin vers la mort. Plus la track avance et plus les instruments gagnent en intensité et en impureté, au profit d’un passage instrumental intensément mortuaire que les growls d’Einar viendront appuyer, et nous plongent dans une ambiance ultra morbide qui se finit sèchement, comme une véritable exécution. Mi…am…

Après la pluie, le beau temps… les premières notes de la sublime The Cloak se font entendre et emmène le public, connaisseur, dans une atmosphère plus chaleureuse, plus intimiste. De quoi nous emmener doucement vers la lumière après avoir vu l’Enfer sur la track précédente. On continue dans le lyrisme et le romantique avec la seule chanson qui viendra représenter leur deuxième album studio Bilateral, j’ai nommé… Aquired Taste. En vous disant cela, j’ai déjà spoilé le fait que non, les méga tubes que sont Restless et Mb. Indiffentia ne font pas partie de la tracklist. Mais si vous saviez, combien de rappels le public aurait été prêt à faire, pour entendre plus de chansons…

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Puis on revient gentiment vers des rythmiques plus saccadées avec Red, qui trouve une place sacrément bien pensée dans le set, qui fait office de pont parfait pour revenir à l’ambiance particulière de The Congregation. Transition encore d’actualité lorsque Slave démarre juste après, avec ses chœurs et ce lyrisme dans le chant qui font un écho diablement efficace à  l’univers de Coal, malheureusement très peu représenté ce soir-là, faute de temps…C’est aussi ce qui donne à Red ce petit côté irremplaçable dans l’album. Puis arrive le gros tube, The Price. C’est le titre qui synthétise presque tout le parcours musical du groupe pour arriver à cet album. Le public est toujours aussi captivé par le jeu de lumière et le jeu de scène de Leprous, qui s’est littéralement transformé en machine de guerre à ce niveau-là !

Puis, retour à un tempo plus calme avec Moon, puis Down, qui annoncent probablement la fin imminente du set. Du coup, comme avant des adieux, on sent dans le public une émotion troublante, quelque chose qui veut dire « Vous allez bientôt partir, profitons vraiment de ces derniers instants ensemble ». Les mains se lèvent, certains chantent, les yeux ne déscotchent pas de la scène si merveilleusement bien habitée par Leprous.

https://www.facebook.com/ErwanVincentLivePics?fref=ts

Puisque sur les 5 dernières tracks les titres s’enchainaient presque dans le même ordre que dans l’album (il y a juste The Price qui s’est insérée au beau milieu), et comme ça sent tristement la fin, on pouvait s’attendre à ce que Leprous clôture le set avec la belle Lower, qui elle-même conclut l’album. Mais non ! Rappel sur l’album Coal avec la putain de génialissime The Valley ! Je crois qu’il n’y avait pas de choix plus classe et plus jubilatoire que de finir sur cette chanson.

Pour conclure, que dire… Leprous a réussi à nous procurer toutes les émotions du monde en 1h30 (ce qui n’était PAS suffisant, je pense que comme la totalité du public, j’aurais pu rester une ou deux heures de plus…), dans une ambiance passionnée, sur une musique furieusement intelligente. Et cette année, c’était avec un jeu de scène exemplaire, qui faisait cruellement défaut aux prestations du groupe lors de leur passage au Hellfest et au Ferrailleur en 2013. Sans pour autant que ce soit un reproche énorme, n’empêche que l’expérience Leprous s’en trouve vraiment plus que complète avec ces défauts divinement corrigés comme cela a été le cas, ce Mardi 6 Octobre. Encore une fois, je crie au génie pour ce groupe unique en son genre, et quand on se dit que ce n’est que le début de leur carrière, y’a de quoi saliver salement en attendant qu’ils reviennent. Ce sont des maitres, point.

Setlist

  1. The Flood
  2. Foe
  3. Third Law
  4. Chronic
  5. Rewind
  6. The Cloak
  7. Acquired Taste
  8. Red
  9. Slave
  10. The Price
  11. Moon
  12. Down
  13. The Valley

Leprous @ Site Officiel / Facebook / Youtube

Un grand merci à Progression 123 d’avoir organisé la venue du groupe, qui a foutu le feu à tous les sens des personnes présentes ce soir-là, et à Erwan Vincent pour nous avoir permis d’illustrer l’article avec ses photos.

 

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