
Comment ne pas être séduit d'entrée. Quand on s'appelle High School Motherfuckers, que l'on intitule son album Backseat Education, tout semble fait pour conquérir le chroniqueur nostalgique de l'époque Américan Pie et des bimbos de son lycée. Bon, c'est vrai, c'est un constat un peu puéril et personnel mais je l'assume ! L'artwork est disons-le plutôt sympathique représentant une lycéènne aux formes avantageuses et au look pour le moins provocateur. Quid du contenu maintenant ? Eh bien Backseat Education déclenche les hostilités avec «Let's Go», un premier morceau au titre évocateur. Le titre est puissant, fédérateur, fougueux et incisif, tout ce que l'on est en droit d'attendre d'un bon morceau de Punk Rock en somme. Avec son lot de slogans à rassembler les foules «Hey Let's Go ! We start the Party […] I Live my Life today…», son refrain tout en vitesse comme un hymne redoutable d'efficacité, son riff entêtant, il est difficile de ne pas s'attendre à quelque chose de grandiose pour la suite. Oui mais voila, il est bien là le problème de cet opus: la suite. Comment ne pas être frustré alors qu'il s'agit déja du meilleur morceau de l'album ? Le reste de l'opus n'apportera rien de mieux et rien de plus malheureusement. Il y a bien quelques titres pas forcément désagréables «Get Away», timide single de l'album, «Rock Candy» ou «Like a Ramone» qui se laissent écouter plutôt facilement et restent séduisants mais pour le reste c'est un peu, voire beaucoup, trop décevant.
«Will I Row up», «Backstage Baby», «D Generated» sont de prime abord très insupportables, presque cacophoniques, et nécessiteront une bonne vingtaine d'écoutes avant d'être envisagés comme des titres sérieux. On leur préferera des morceaux composés avec un peu plus de profondeur comme «Life's a Bitch» un brin plus Rock'n'roll et rugueuse et qui, enfin, vante les qualités techniques de la formation parisienne. Pour résumer, seule la première moitié du disque reste intéressante.
Finalement, c'est principalement le chant qui fait défaut à cet album. La technique vocale de Stuffy est bien trop sommaire, et manque beaucoup trop de justesse pour donner une dimension correcte aux titres de ce Backseat Education. De plus en plus, les Artistes de Punk Rock ont tendance à se réfugier derrière cette étiquette pour justifer leur manque de justesse et de technicité, clamant haut et fort leur appartenance à l'Underground et leur désamour pour le «beau» artistique. Je veux bien admettre que le Punk Rock est tout sauf un exemple de manipulation mainstream et artificielle de la musique, mais il y a des limites à ce raisonnement et je pense que la musique doit avant toute chose être apprivoisée comme un Art garant d'un certain savoir-faire et de certaines qualités. C'est fun de faire du Punk Rock. Encore faut-il faire les choses correctement. Les High School Motherfuckers ont très certainement du potentiel et de l'envie mais une grande partie de leur travail reste perfectible.
Que retenir de ce premier opus ? De bonnes idées, quelques refrains plutôt malins mais rien de très transcendant. Rien qui puisse justifier un quelconque engouement ou un buzz. Et c'est bien dommage. On s'attendait vraiment à ce que les High School Motherfuckers nous recrachent ces six années d'expériences et de show en pleine face, en un mot nous voulions être bluffés. Et ce n'est pas le cas hormis quelques exceptions comme ce «Let's Go» qui restera l'unique cartouche d'un combo qui manque encore de munitions. High School Motherfuckers reste encore bien vivant et malgré la déception, ce serait mentir que de prétendre ne pas espérer une suite plus audacieuse et plus aboutie que ce Backseat Education.
.: Tracklist :.
01. Let's go
02. Rock Candy
03. Will I Grow Up
04. Get Away
05. Backstage Baby
06. Life's a Bitch
07. D Generated
08. Celebrity Trash
09. Jekyll and Hide
10. Like a Ramone
11. Goodbye
12. Hangover in Hungary

