
Plus lourd, plus rapide, plus sombre. Des propres aveux de Southside, Frailty conservera les marques des dernières années. Douze compositions purement hardcore qui déboulent sans crier gare, à peine contenue par une introduction étonnamment bluesy aux encornures rock sudistes (« Welcome »). Une série d’accords crades auxquels répondent un chœur abreuvé au whisky frelaté, mise en bouche qui ne tarde pas à laisser exploser au grand jour la hargne salvatrice dont fait preuve ce nouvel essai. Laissant échapper en premier lieu la lourdeur d’une rythmique lente et appuyée, la montée en puissance déboule passée une minute sur une déferlante de riffs en cascades (« The Wolf »). Des guitares hurlantes qui amènent une série de mosh-parts carrées et ultra-efficaces, soutenues par un Paul Klein qui ne lésine pas sur l’utilisation particulièrement assassine de sa grosse caisse (« Leechbath », pure déferlante de violence concentrée sur deux éprouvantes minutes). The Banner tabasse en règle, sans fioriture ni grande originalité, mais avec une puissance de feu inébranlable qui éclipsera rapidement tout sentiment de déjà-vu. Un hardcore parfaitement maîtrisé et chaotique, à mi-chemin entre Botch et The Dillinger Escape Plan, sur lequel Joey Southside s’en donne à cœur joie dans les hurlements. Le timbre de voix tonitruant et arraché du frontman s’adapte parfaitement à la rythmique changeante de la section instrumentale, mais parvient à toujours conserver son agressivité vénéneuse (le très sombre « Dusk », le quasi-grind « Iwiwd »).
Si les attaques tranchantes de la paire Bukowski / Luciano volent dans tous les coins (« Funerals » et son tempo mitraillette ravageur), mais le quintet n’en oublie pas pour autant de laisser respirer à quelques occasions sa musique, permettant de ce fait à Frailty de ne pas laisser s’installer un sentiment de lassitude souvent propre aux albums hardcore. Le groupe joue donc sur les cassures rythmiques, renquillant les traditionnelles et majoritaires passades épileptiques (« Sphrenia ») sur des breaks plus retenus et écrasants (« On Hooks », « The Wolf »). The Banner n’hésite également pas à lorgner de nouveau vers un acoustique bluesy à mi-chemin, l’incartade restant cependant anecdotique et heureusement uniquement déroulée sur quelques mesures (« Dusk »). De par sa relativement courte durée (trente-cinq minutes), Fraitly conserve par ailleurs une redoutable cohérence malgré quelques répétitions inhérentes à un style difficilement renouvelable.
En douze morceaux, Frailty vient aisément se percher dans le haut du panier hardcore américain. Nul doute que la violence exacerbée dont fait preuve The Banner devrait trouver tout son sens passé le cap de la scène. Un excellent défouloir, qui ne n’en oublie pas cependant une certaine finesse de composition.
.: Tracklist :.
01. Welcome Fuckers
02. The Wolf
03. Leechbath
04. A Hellbouns Heart
05. On Hooks
06. IWIWD
07. Sphrenia
08. Funerals
09. Dusk
10. I Am Legion
11. Ratflesh
12. The Father And The Wayward Son

