Esthétique travaillée à l’extrême (à califourchon entre urbanisme, gothique contemporain et manga), page myspace et clip visionnés quelques centaines de milliers de fois… Difficile de passer à côté de Simplyd4rk, trio français emmené par un leader s’attelant à pratiquement toutes les tâches (textes, musiques, vocaux, design) et dont le premier album, From The Grave, vient de sortir en autoproduction trois ans après l'EP Vampire Kiss. Une grosse claque.
Malgré un nom farfelu qui en fera sûrement ricaner plus d’un, Simplyd4rk ne se résout pourtant pas à incarner un énième groupe à la niaiserie affolante, tout juste bon à faire frétiller quelques midinettes à tendance gogoth. Métal mixtionné à quelques envolées industrielles et électroniques, glam aux odeurs de soufre : From The Grave trouve sa voie en empruntant dans différents courants, digérés avec recul et talent. Le groupe parlera d’ailleurs lui-même d’Undead Rockstrial, en raison d’enregistrements dénués de pratiquement tout instrument organique.
Sous une dizaine de pistes, l’opus propose une variété d’ambiances et de rythmes franchement appréciable, sans souffrir d’une quelconque redondance. C’est bien simple : la plupart des morceaux sont de véritables tueries. Ici, le métal côtoie une brutalité sombre et synthétique (« No Escape »), l’influence d’In Flames se fait parfois ressentir dans des contrastes d’agressivité (« Crucified »), ou encore celle de la darkwave dans un contexte plus électronique (« FCKM3 »). Dans l’ensemble, From The Grave de Simplyd4rk évite soigneusement d’être trop braillard ou mielleux, et se dote d’une efficacité et d’une production puissantes, comme ce fut le cas il y a quelques années avec le troisième album de Lycosia ou Dawn Addict de Crack Ov Dawn. « Guestlist », deuxième extrait de l'opus, représente parfaitement la combinaison métal-indus-glam-rock, de vocaux tantôt agressifs tantôt plus mélodieux, tout en entraînant par son énergie.
On pourrait juste regretter que l’album ne dure que trente-neuf minutes – lesquelles passent d’ailleurs trop vite –, ou encore « How Could I », titre plus pop faisant plutôt pâle figure à côté du reste. Bizarre que Simplyd4rk ne soit pas encore signé sur une structure importante, car il s’impose indéniablement comme l’une des très bonnes surprises de ce début d’année. À ne louper sous aucun prétexte.
.: Tracklist :.
00. From The Grave
01. Guestlist
02. No Escape
03. Crucified
04. In 3 Seconds
05. Vampire Kiss
06. Freedom 4 Zombies
07. FCKM3
08. How Could I
09. Fightworld

