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J’ai revu mes copains de lycée : Entretien avec Concrete Knives (Mai 2013)

Au détour du planning d’interview des 3 Éléphants, nous avons réussi à nous immiscer pour venir poser quelques petites questions à nos copains de lycée de Concrete Knives. Nous avons discuté avec les nouveaux enfants terribles de la pop française, en plein milieu de leur tournée européenne. Entretien décomplexé avec Nicolas et Morgane.

Bonjour les Concrete Knives. Pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter ?
N : Salut, je suis Thierry. (rires) Salut, moi c’est Nico, je chante et je joue de la guitare.
M : Moi c’est Patrick… Bon, c’est Morgane, mais c’est moins sexy que Patrick… (rires)

Est-ce que vous pouvez-nous parler de votre album Be Your Own King, avec les 8 mois de recul que vous avez dessus ?
N : Et bien déjà, on est super contents d’avoir mis quatre années de compos et de travail dans ce disque. C’est un aboutissement et on est super fiers. Arriver à bosser sur des maquettes, et tout mettre sur un disque, on est vraiment contents de l’avoir fait dans les conditions qu’on a pu, qu’on a voulu, d’avoir fait les choses qu’on a voulu défendre, d’avoir signé sur un label étranger et de sortir notre disque sur plusieurs territoires, ce qu’on voulait au plus fort de nous. Après artistiquement, il y a des choses qui appartiennent désormais à des époques, et maintenant on est tournés vers l’avenir, il y a des choses qu’on refera, et d’autres qu’on refera pas.

Votre pochette album et plus tôt celle de votre EP sont des photos. Je me rappelle aussi de cette vieille affiche pour vos premiers concerts qui était un dessin.
N : Oh woaw ça remonte à loin ça !
Est-ce que pour vous c’est un moyen de garder votre esprit DIY, lo-fi ?
N : Oui. Même si au final les deux pochettes, avec le mec en slip et la pochette de l’album sont malgré tout assez travaillées, la démarche derrière est d’avoir fait bosser un de nos potes, parce qu’on aime son travail et que c’est quelqu’un qu’on apprécie beaucoup, et qu’au final on est un peu comme ça, on aime travailler avec les gens qui font partie, comment te dire…
M : De la famille.
N : Oui c’est ça. C’est important pour nous. Sur le truc final c’est ce qu’on voulait, mais quand tu entames un travail à plusieurs personnes, ce qui est difficile c’est que tu sais ce que tu veux, mais pour y arriver c’est très compliqué, généralement, c’est la communication qui merde parce que tout le monde n’a pas la même perception des choses, et pour y arriver, il faut mieux travailler avec des gens que tu connais très bien et qui te connaissent. En l’occurrence c’est ce qu’on a fait et on est très contents.

Nicolas, tu dis aux Inrocks que tu es fier d’écouter du reggea et du hip-hop, mais quand vas tu révéler au monde entier que vous avez fait partie d’un groupe de métal ?
N : Ça a été fait à Pau, où on a joué avec un groupe qui s’appelait Lithium en première partie. Donc on a avoué, à Pau, qu’on avait eu un groupe de métal qui s’appelait Lithium. Mais c’est super bien, je pense que ce qu’on a vécu avec ce genre de musique, même si c’était totalement amateur, ça te raccroche à une certaine énergie. Il y a un truc où tu arrives, tu réfléchis pas, tu te branches, tu joues et tu cris, en même temps c’est bien, c’est comme un défouloir. Bon c’est différent de quand j’ai fait du reggea (rire). C’est une super école. Le fait d’avoir vécu à Flers nous a rendu moins stupides au final.

Justement, le fait de venir d’une petite ville comme Flers, et de construire sa culture musicale par internet, est-ce qu’avec du recul c’est une force ?
N : Je pense qu’en fait, c’est plus d’un ordre sociologique. Tu es né dans une famille, dans un milieu social avec des codes, tes parents sont comme-ci et tu fréquentes des gens comme ça. Donc oui internet, à partir du moment où tu es curieux, c’est une force. Après ça a été la force de Flers aussi, c’est ce qui nous a amené ici au final : on commençait et il y avait tout à construire, on connaissait rien de rien à l’époque, on ne pouvait qu’avancer, il n’y avait rien qui nous arrêtait. Je me souviens, j’avais une copine à l’époque, ses parents lisaient Télérama, ce que je n’ai jamais eu chez moi, et je me rappelle encore de ce numéro avec Devendra Banhart en couverture, qui était comme le nouveau messie, et aujourd’hui on joue dans le même festival que lui dans un mois.

Est-ce que vraiment quand vous répétiez dans un préfabriqué Flérien, vous vous imaginiez en arriver jusque là ?
N : Il n’y avait que ça à faire au final. La première fois qu’on a fait le forum, c’était le Zénith pour la plupart des groupes du coin.
M : Le forum de Flers ?
N : Oui. Et là où ça a tilté dans nos têtes, c’est le jour où on s’est rendu compte que pour tout le monde c’était comme une finalité. Et là on s’est dit «c’est mort», et on a été à Alençon, puis à Caen, puis à Paris. Première date à Paris, c’est la classe, t’es le seul groupe de ton bled à avoir joué à Paris ! Et au final, une fois que tu l’as fait, c’est con mais tu as envie de continuer à aller voir ailleur, la première fois que tu y vas tu as les yeux écarquillés, mais c’est comme jouer à Londres, là on en revient ça fait trois quatre fois qu’on y va, c’est pas que tu t’en fous, loin de là, mais c’est différent, les choses ont pas la même saveur. Mais c’est comme tout dans la vie, quand tu as envie de faire un truc, c’est toujours mieux la première fois. Après tu te rends compte que c’est facile, au final il suffit juste de se lancer

Quand est-ce que vous revenez jouer à Flers ? Je suis sûr qu’on vous prendrait place du marché pour la fête de la musique.
M : Ah, on joue déjà à Caen pour la fête de la musique.
N : Normalement on devait venir y jouer, au lycée, mais notre tournée s’arrête avant. Mais c’est curieux, cette relation à cette ville, la manière dont on y reste attachés malgré le fait qu’on arrive plus à avoir un regard dessus. C’est assez curieux de se dire que, comme quand tu connais quelqu’un depuis longtemps, des fois tu le revois et tu le reconnais plus, c’est un peu ça au final notre rapport à cette ville.

Le tout premier enregistrement de «Happy Mondays», où on t’as dit que tu avais une voix “Brian Molko”, est devenu cette chorale géante : maintenant, c’est quoi la prochaine étape musicale de Concrete Knives ?
N : On songe à faire une sorte d’Hatebreed en chorale (rires).
Des reprises de Slayer ?
N : Ouai on y a songé.
M : Si vous voulez, ça me dérange pas, je veux bien chanter ça.
N : Sinon, la prochaine étape, c’est arrêter notre tournée en septembre et enregistrer le prochain disque. Prendre un peu de repos aussi. Changer de coupe de cheveux (rires).

Sinon, il est devenu quoi ce fameux vieil enregistrement de «Happy Mondays» ? J’aimerais bien le réécouter !
N : Je crois que je l’ai réécouté il y a pas longtemps. Guillaume (le batteur ndlr) doit l’avoir. J’en suis assez fier, il sonne super bien. Ce qui est compliqué dans la musique c’est de saisir les instants. Quand t’enregistres 400 fois un morceau, t’auras jamais la même chose que la première fois, parce que quand c’est tout nouveau le morceau te fait vibrer d’une certaine manière. Mais “Happy Mondays”, c’est un morceau (dans sa nouvelle version) qu’on a mis sur notre disque parce que c’est un morceau important pour nous.

Et sinon, les photos d’adolescence, il faut que je les ressorte quand pour être sûr de faire le buzz ?
N : Ça dépend combien de Kinder Suprise tu comptes me braquer à la boulangerie (rires).

Est-ce que vous auriez des conseils à donner aux petits groupes qui débutent dans les petites villes ?
N : Faire du Ska-festif (rires). Non je plaisante, mais surtout, faites les choses avec passion, quoi que vous fassiez. Enfin c’est dur de dire à quelqu’un «soit passionné», mais si la passion tu l’as, t’as pas l’impression de faire les choses à contrecoeur, ça t’habite, et tu as le courage de le faire.

Sinon pour conclure Nico je tenais à te remercier pour la serviette de bain Michael Jackson que tu m’a un jour offert. Je l’utilise toujours.
N : En même temps, tu m’as offert un cd de Clap Your Hands Say Yeah, je te devais au moins ça.

 

Merci à Nico et Morgane pour leur temps et à bientôt.

Propos recueillis par Colin Fay pour Vacarm.net

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