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#Hellfest | Rencontre avec Nuisible

Nous avons profité de notre présence au Hellfest 2019 pour rencontrer Nuisible. Le groupe s’est produit le jeudi soir au Metal Corner. Nous avons rencontré Furet, le guitariste, Alex, le batteur et Julien, le guitariste et chanteur.

Alors ce premier Hellfest avec le groupe ?

Furet : C’était bien ! Vraiment top, on aurait aimé un peu plus de monde mais on est content de notre performance. Derrière ça, l’organisation est ultra carrée. Malgré la chaleur et le monde, ça peut paraître oppressant quand on n’est pas habitué, c’était simplement ultra pro.

Alex : En fait, c’était juste beau à voir !

Pour vous présenter un peu, vous pouvez nous raconter comment vous vous êtes rencontrés ?

Furet : J’adore cette question, on va encore devoir parler de ma mère ! (rires)

Alex : Avec Julien, ça fait 20 ans qu’on se connait. On a joué 14 ans dans As We Bleed. Julien a fait un break d’un an, il est venu me voir avec des compos en me disant « Écoute ça ! », ça m’a tout de suite plu et c’est parti comme ça, directement.

Furet : J’ai intégré le groupe par pur dépit !

Julien : On l’a trouvé dans la rue, on avait beaucoup d’empathie pour lui…

Furet : Allez plus sérieusement, on se connaissait depuis quelques années déjà. J’étais allé voir As We Bleed plusieurs fois en concert, j’étais encore un peu minot, je suis plus jeune qu’eux.

Julien : Petit con, tiens.

Furet : Et je t’aime aussi. Bref, on a commencé à discuter, à parler guitares, cordes… Je commençais à jouer aussi à l’époque. Julien a une huit cordes, moi aussi, donc c’est venu assez facilement de pouvoir assurer dans le groupe. On se connaissait déjà quoi.

Alex : À la base, on ne devait pas faire de live. On se disait qu’on était trop vieux, que tout ça c’était fini. Et puis il y a eu un engouement direct sur nos premiers morceaux, les gens étaient demandeurs de live. Donc on s’est réunis, on a composé l’EP et au final, on se retrouve là au Hellfest et même qu’on répond à des interviews, c’était pas prévu mais c’est très cool !

Comment vous composez ? Riffs en premiers ou textes ?

Julien : Il y avait au tout départ quand on était que deux, donc Alex et moi, on avait quelques thématiques très autocentrées. On parlait de notre environnement proche. On a fait quelques morceaux dessus. Pour l’album, il a fallu aborder d’autres thèmes. On a développé le champs lexical. On parle de l’asservissement, la perte d’un être cher, des sentiments de manque. Des choses qu’on subit pour l’essentiel. C’est comme ça qu’est arrivé l’album Slaves and Snakes. Pour la suite, on va travailler sur un autre thème pour juste un titre avec un pote à nous, celui d’où vient le nom de notre groupe. On va mettre en musique son délire.

Alex : Les textes vont pour le coup être en français. Ce ne sera pas nous qui les écriront. On ne sait pas comment on va faire encore, ce sera une grande expérimentation.

Pourquoi le nom de votre groupe est en français ? Question esthétique ou pour suivre un peu cette tendance à (ré)injecter le français dans le metal ?

Julien : Alors ni l’un ni l’autre ! C’est vraiment un pur hasard. Pour la petite histoire, ça vient d’un pote à nous qui est artiste et qui a un écrit un post un jour, que j’ai lu, où le mot « nuisible » était ultra-présent. Et je me suis dit « Ça, c’est un putain de nom de groupe ». C’est percutant comme mot. Mais l’histoire ne va juste pas plus loin que ça (rires).

Alex : Si cela avait été un choix, on aurait très probablement fait des paroles en français aussi. Comme le groupe Céleste qui a vraiment fait cette démarche-là.

Écrire en français, ce n’était donc pas un truc qui vous aurait botté ?

Furet : Non, mais pas du tout. Perso, je n’aime pas trop la langue française dans les musiques extrêmes. Question de goût mais aussi de sonorité.

Julien : Je ne sais pas écrire en français… Mes textes, mes punchlines, elles arrivent en anglais. C’est normal, c’est ce qu’on écoute depuis tout gamin. C’est notre éducation metal qui veut ça. J’aime bien le français, mais dans d’autres musiques. Pour le metal, je ne la trouve pas adaptée.

Alex : Ça nécessite de travailler autrement, surtout les rythmiques. Pour que ça soit mis en musique, faut tout repenser. La langue française est plus compliquée selon moi que l’anglais, dans sa grammaire, sa structure… L’anglais est plus efficace.

Julien : Tu nous dénigres face aux anglais, attention !

Alex : T’inquiète, notre langue est plus belle et notre bouffe bien meilleure !

Furet : Et on est plus beau.

Julien : Ouais, ils sont laids, il faut le dire !

Pour en revenir à vous : Est-ce qu’il y a des paroliers dans le metal qui vous inspirent ?

Furet : Carlos !

Julien : En fait… non ! Ce qui me parle plus, c’est la musique. Après pour le texte, on vient de la scène hardcore, donc par essence on travaille beaucoup dessus. Mais en tout cas, je ne peux pas te dire si je suis influencé par tel ou tel chanteur, j’écris à ma façon.

Alex : Je rejoins cet avis.

Petite question sur l’actu, FIP a lancé dernièrement sa propre web-radio metal. Votre réaction ?

Furet : Je n’étais pas au courant, c’est cool ça !

Julien : Ouais, j’ai écouté, ils ont fait un putain de travail sur leur programmation. Il y a de tout, les groupes modernes autant que des titres historiques qui ont posé les bases du metal et du rock de manière générale, sans faire de programmation « vitrine » pour autant.

Furet : C’est une super initiative. En France, on est encore à la bourre sur tout. Dans les pays scandinaves t’as une catégorie metal aux victoires de la musique… En France, c’est pas prêt d’arriver.

Alex : Je sais pas si on doit dire qu’on est à la bourre. La France n’a pas une culture très rock, si ce n’est pas dans notre culture alors c’est normal aussi que le metal ne soit pas mis en valeur, si ça ne fait pas partie de notre patrimoine en quelques sortes. Je dis pas que c’est bien, j’explique juste. La France, c’est surtout l’electro et le rap. Le rock en général est en perdition. Il y a quelques années, il avait plus de diffusion de metal sur les chaîne de radio. Aujourd’hui, c’est quasi terminé.

Julien : Mais c’est pas plus mal comme ça au final. Si on est là, c’est par amour pour cette culture qui reste underground. Je verrais pas le metal autrement. Trop médiatiser le metal, ce serait pas lui rendre service, ce serait nous voler un truc pour lequel on vit. C’est mon ressenti. Le metal, c’est une question d’envie. D’ailleurs, aujourd’hui tout est accessible. La preuve avec FIP et Internet de manière générale. Avant, t’avais principalement que les magazines. On se créait du fantasme autour d’un groupe ou d’un album. On mettait des jours, peut-être des semaines à se décider à acheter un skeud. C’était un rituel tu vois ? Et une fois qu’on l’avait en main, on l’écoutait des semaines entières. Maintenant, tu cliques, tu likes, tu zappes.

Alex : Il y a une notion très importante de temporalité. Avant, tu faisais une recherche, un effort, tu étais déterminé à trouver quelque chose, tu cherchais, tu faisais un travail intellectuel : trouver LE magazine, écouter les samples, lire les articles entièrement… Chaque découverte c’était du boulot en fait. Tu cherchais ton album, tu le commandais, t’attendais pour le recevoir, tu prenais un risque en plus ! Aujourd’hui, tu passes d’un artiste à l’autre plusieurs fois dans le mois.

Julien : Sans vouloir jouer les vieux cons, c’était à la fois plus intellectuel et plus collectif. On se prêtait les magazines, les albums, on échangeait beaucoup plus autour de la musique je trouve, verbalement déjà. On a perdu de l’exaltation.

Alex : Il y avait un travail de temporalité humaine. Aujourd’hui, les médias sont plus rapides que le cerveau en quelques sortes.

Julien : En 95, il y avait une petite boutique vers chez moi. Ils n’avaient pas forcément grand-chose, mais il apprenait à cerner tes goûts. Je voulais acheter un album une fois et finalement, je suis reparti avec Demanufacture de Fear Factory. C’était pas prévu, mais le gars avait visé juste. C’est pas un algorithme qui m’a conseillé, mais un pro… Mais en contrepartie, aujourd’hui, c’est différent. On est tous des petits pros maintenant. Le bouche à oreille fonctionne encore plus qu’avant !

Votre réaction face à l’annulation de Manowar ?

Furet : Honnêtement, il faut les tuer ! (rires) Non mais plus sérieusement, à quel moment tu fais un truc comme ça ? Quand t’as des mecs qui parcourent des centaines, peut-être des milliers de kilomètres pour venir les voir et qu’ils agissent comme ça, il n’y a pas de respect !

Alex : Il faut garder une certaine notion des réalités quand t’es un groupe de cette envergure. Tu fais de la musique, ça joue sur ton temps de travail, t’en chies pour trouver du temps pour toi, ta famille et la musique avec tout ce que ça implique derrière niveau physique, financier et logistique… Et après t’entends ce genre de chose ? C’est juste abject.

Furet : Les caprices de star… Ça me rappelle Massive Attack à Évreux au Rock dans tous ses états (en 2014), le chanteur avait exigé un service en porcelaine et a été infecte avec l’équipe

Alex : Et en parallèle ils font des concerts de charité des trucs comme ça… Ça n’a aucun sens.

Julien :  Tout ça pour boire du thé en plus !

Un petit mot de fin ?

Furet : Soutenez vos groupes locaux, le Hellfest c’est super mais il faut aussi aller aux concerts organisés par des petites assos, des mecs qui se crèvent le cul et qui se mettent dans la merde pour faire venir vos groupes dans votre ville, voilà ! Et achetez nos skeuds aussi !

Julien : Je rajouterais juste que Fufu est bourré. Voilà !

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