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Interview de Fred, chanteur du groupe de metal extrême AcoD

On a une tournée française prévue qui n’est pas encore annoncée, en janvier, avec Decapitated.

Entretien, le 14 septembre, au Hard Rock Café (Paris) avec Fred, chanteur du groupe de metal extrême AcoD, dont le quatrième opus, The Divine Triumph, est sorti le 24 août via Jive Epic / Sony Music. Enregistré par Shawter (DAGOBA) au Eagle Black Studio, puis mixé par Linus Corneliusson et masterisé par Jens Bogrenau Fascination Street studio, c’est l’album de la (re)naissance pour AcoD désormais en trio après le départ des deux guitaristes, Chris et JB, pour divergence artistique.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur le rôle de chacun dans la composition de l’album ?

Je compose les paroles mais on est très unis. On a tous les trois un droit de regard sur chaque partie. Au niveau de la composition, la musique c’est plutôt la partie de Jérôme le bassiste, qui compose également les guitares, et Raph le batteur. Ils composent la musique avec moi à côté et lorsque j’écris les paroles, ils ont un droit de regard. On bosse tous les aspects ensemble, paroles, musique, visuels …

Pour la composition un guitariste ne vous manque pas ?

Non. Même si Jérôme est bassiste, il compose à la guitare mais comme il n’a pas vraiment un toucher de guitariste, pour l’enregistrement on a fait appel à Matthieu Asselberghs.

Vous avez manifestement l’intention de rester à trois. Ça ne va pas être compliqué sans guitariste ?

Non parce qu’on a des musiciens de session pour les live, sur Marseille on a Romain Enard avec qui on a déjà fait des live dont le Motocultor l’année dernière et d’autres petits concerts et ça se passe très bien avec lui et on a aussi Matthieu Asselberghs qui a fait les guitares de l’album auquel on fera sûrement appel sur d’autres dates parce qu’on s’entend très bien aussi. Il est un peu plus éloigné (sur Mâcon) mais on se démerdera toujours pour de temps en temps l’avoir avec nous parce que c’est un bon pote et il joue très bien.

 Vous n’avez plus de guitariste attitré depuis combien de temps ?

Ça doit faire à peu près un an, c’était quelques jours avant l’enregistrement de l’album.

Mais alors les deux guitaristes qui ont quitté le groupe ont participé à la composition de l’album ?

Un des deux pas du tout, par contre un des guitaristes a composé un petit peu, on a gardé quelques une de ses parties, on a même modifié certains de ses riffs, on l’a d’ailleurs noté sur l’album mais ce qu’on faisait ne lui plaisait pas du tout. On était trois à vouloir aller dans une direction musicale et ils étaient deux à vouloir aller dans une direction complètement opposée et à un moment donné c’était vraiment trop problématique.

Ils faisaient pourtant partie du groupe depuis le début en 2006 c’est étonnant.

C’est arrivé petit à petit. Quand on écoute les albums et les Ep qu’on a sortis on voit qu’on tend de plus en plus vers un death metal de plus en plus sombre et ce n’était pas leur sensibilité musicale donc je peux comprendre que ça n’allait plus.

Pourquoi ce choix d’aller vers un death metal de plus en plus sombre ?

Parce que c’est ce qu’écoute le trio qu’on est à présent. On écoute du Dissection, du Morbid Angel, beaucoup de trucs old school et quand on a signé chez Jive Epic Sony, on a compris qu’ils voulaient la suite de l’Ep Inner Light, qui est du death metal, quelque chose de sombre. On ne pouvait donc pas partir sur autre chose et ça tombe bien puisque c’est ce qu’on aime. Il fallait qu’on parte dans cette direction musicale. Il y a un mot qui est revenu dans notre composition c’est la sincérité.

L’autre grand changement avec cet album c’est d’avoir choisi le concept album avec une histoire racontée tout au long des titres.

Jusqu’à présent on composait des albums sans vraiment de cohésion, là on voulait faire globalement une espèce d’entité où tout est relié, que ce soit les paroles, la musique, les visuels, les clips, pour avoir un véritable univers.

C’est plus simple finalement ou plus compliqué de composer un concept album ?

C’est plus simple pour nous parce que c’était sincère. Evidemment artistiquement parlant c’est compliqué mais pour nous la démarche était simple. On savait ce qu’on voulait. Quand on a un choix artistique à faire on va tous les trois dans la même direction. On peut avoir un petit conflit sur des points de détails mais sinon ça roule très très vite.

Du death metal de plus en plus sombre, un thème sombre, c’est un ressenti profond ? Un exutoire ?

Le death metal parle souvent d’une espèce de mal être. Moi la musique m’a toujours aidé dans ma vie de tous les jours, notamment la musique extrême.

A quel âge es tu « tombé » dans le metal ?

Très jeune. Entre 7 et 9 ans. J’avais trouvé des cassettes de Maiden que mon grand frère écoutait et la première chanson assimilée metal ça a été sur l’album Somewhere in Time de Maiden « Alexander the Great » et je ne savais pas qu’on pouvait faire ce genre de musique

A l’écoute de l’album, c’est du death metal certes mais avec beaucoup de mélodie, des orchestrations, c’est étonnant.

On est autant fans de groupes de death que de black metal. C’est un peu compliqué de cataloguer sa musique, nous on dit death metal parce que c’est un sens large mais certains nous disent que c’est du death metal mélo, d’autres que c’est du black death mélo mais pour moi ce n’est pas du black metal parce que le black est un style particulier, avec des codes particuliers et on ne fait pas cette musique là. C’est pas non plus du death metal bourrin, ce n’est pas du Cannibal Corpse. C’est notre musique à nous, c’est vrai que je préfère un raccourci des fois avec Septicflesh, parce qu’ils ont ce death metal avec orchestrations qui se rapproche un petit peu de nous.

Avec cet album, vous parlez d’une renaissance voire même d’une naissance du groupe. L’origine de cette (re)naissance c’est, je suppose, le split du groupe. Cela signifie que sur scène vous ne jouerez pas de titres de l’ancienne formation ?

On ne crache pas du tout sur ce qu’on a fait avant, je déteste les gens qui renient leur passé. Ça fait partie de notre histoire. Mais musicalement, à part peut-être l’Ep qui est sorti avant cet album, les chansons d’avant ne sont plus dans la veine de ce qu’on fait. Ce serait donc vraiment assez compliqué de proposer le death metal qu’on fait maintenant sur scène avec d’un coup une chanson d’un album antérieur qui va arriver comme un cheveu sur la soupe.

Avec cette (re)naissance vous n’avez pas été tentés de changer carrément le nom du groupe ?

On y a pensé. Mais le nom du groupe est un secret qui est en nous. On a changé le logo par contre. Avec le trident. Concernant le nom du groupe, l’album fait partie d’une trilogie qu’on va sortir et normalement les gens trouveront le nom du groupe à la fin de la trilogie.

Sur scène, vous proposerez l’album dans son intégralité ?

Ça dépendra des temps de jeu qu’on aura et pourquoi pas proposer aussi une chanson du prochain album parce qu’on a déjà commencé à le composer. On pourra très bien proposer une nouvelle chanson de temps en temps et voir comment les gens réagissent.

Un mot sur les clips. Celui de “Road to Nowhere” affiche déjà près de 60 000 vues. C’est très honorable !

Oui il a très bien marché. On a bossé avec Igor Omodei qui a très vite compris notre univers. On voulait un beau clip, des endroits chargés d’émotion, d’histoire, on a fait des plans sur les falaises de Cassis, un endroit où beaucoup de gens se suicident c’est très beau et en même temps très glauque avec tous ces suicides, on a tourné au Temple de Diane au jardin de la fontaine à Nîmes, y a des plans au lac du Salagou, à Montpellier aussi, on a vraiment changé d’endroits. Pareil pour le second, on a fait des plans dans un ancien lieu druidique. Il fallait des beaux lieux, des belles images et on est contents parce que le clip a été vu, les gens nous sont envoyé des messages pour dire qu’il était super et on est très fiers de ce qu’on a réalisé avec Igor.

Le choix des titres pour les clips ?

Ça a été une évidence, vu qu’on est plein de double sens. Le premier c’était “Road to Nowhere”, justement la route qui mène vers nulle part, c’était le début du voyage donc c’était logique pour nous de mettre celle-ci en premier par rapport à l’histoire du concept album et aussi parce que cette chanson montrait un peu toutes les facettes de cet album même si c’était compliqué dans une seule chanson de les montrer toutes. Je trouvais qu’il englobait pas mal de choses, des orchestrations, la musicalité qu’on a et ensuite avec le 2e je pense qu’on a fait un peu le tour de ce qu’on savait faire dedans même s’il y a un titre un peu « ovni » dans cet album qui s’appelle “Fleshcell”, qu’on adore, qui est un titre mid-tempo un petit peu voire très basé sur du old-school. Cette chanson est très sombre puisque c’est le moment le plus dark de l’album. On le voyait chanté style limite black metal mid tempo, on entend parler très monocorde et on entend sur le refrain une voix féminine, celle de notre manageuse, on entend le mix des trois voix, quand on tend l’oreille il y a aussi une voix parlée, plein de petits trucs cachés comme ça chez nous.

C’est « adaptable » sur scène ?

Sur scène évidemment ça va être compliqué de tout faire, peut-être sur un festival où on aurait assez de monde, on a plein d’idées pour le live mais par rapport à la logistique c’est souvent compliqué, sur une tournée on ne peut pas amener tout le monde. Pour les passages symphoniques il y aura des samples. Toutes les orchestrations seront là.

Vous avez une release party demain soir à Aix-en-Provence et ensuite ?

On a une tournée prévue qui n’est pas encore annoncée, en janvier avec Decapitated. Tournée française. On ne sait pas si on les accompagnera ensuite en Angleterre. Et l’été prochain on sera sur des festivals mais je ne peux pas encore dire les noms.

La devise du groupe ?

Rester nous mêmes, rester sincères. C’est ce qui a guidé notre composition musicale. Pour moi, on ne s’écartera pas du chemin qu’on s’est tracé puisque c’est la musique qu’on aime.

Un mot sur l’arwork

C’est Paolo Girardi, un peintre italien, un petit peu fou d’ailleurs, je le suis sur Facebook, instagram, je trouve que c’est un super artiste. Quand on lui a proposé notre album, comme il fait beaucoup de trucs blasphématoires, anti-religieux, on lui a précisé qu’on ne voulait pas de signes religieux et quelque chose en rapport avec l’univers. Il a peint une grande toile et gardé l’originale. On a changé la couleur pour la transformer en sépia parce que ça collait mieux au reste mais pourquoi pas un jour sortir une édition avec les couleurs originales de la toile. On aime bien donner carte blanche pour les artworks mais en drivant un peu. C’est bien parce que les artistes se sentent quand même les mains libres et peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes, un peu comme nous quand Sony nous a signés avec l’Ep Inner Light qui est du death metal sombre, ils nous ont dit qu’ils voulaient quelque chose dans ce style là mais nous laissaient libres de le faire comme on voulait. Ils l’ont fait avec nous j’aime bien faire pareil avec les autres. Idem pour le clip, le gars a amené ses idées. Mais quelque chose qui ne nous plait pas de toutes façons on ne le met pas. On avait travaillé avec d’autres artistes sur des pochettes et parfois on nous a servi des daubes je te dis pas ! Je ne les citerai pas mais on a dit non !

Pourquoi ce choix de “The Divine Triumph” pour le titre de l’album ?

Nos albums ont toujours un numéro caché dans le nom de l’album. A l’intérieur de Triumph tu as le mot trois. Ensuite le divin triomphe c’est en rapport avec notre histoire puisque le personnage principal du voyage rencontre des chimères et lui-même, dans ce monde là, est une divinité, rencontre d’autres divinités oubliées, et il y a beaucoup de ces rencontres un peu divines dans les paroles donc c’était important de parler de ce triomphe, de choses divines et en même temps, c’est un triomphe et une complète décadence, il sombre complètement dans les abimes donc il y a des oppositions entre les deux.

Tu as un titre préféré dans l’album ?

J’adore “Fleshcell” parce que c’est le morceau le plus sombre, c’est un peu un ovni en plein milieu. C’est un titre sur lequel j’étais un peu réfractaire à la base parce que c’était un morceau mid-tempo et quand on l’a fait j’ai dit “c’est le meilleur !”. C’est vrai que peu de gens vont le citer puisqu’on cite beaucoup “Omnes Tenebrae” ou “Sleeping Shores” avec ses orchestrations qui finissent en outro mais mois c’est “Fleshcell” parce que c’est vraiment ce qui nous vient de l’intérieur.

Peux-tu m’en dire plus sur la signature avec Jive epic ?

Le boss de Jive epic, qui est un fan de metal, nous suivait et on lui avait proposé II The Maelstrom, le 3e album. Il avait écouté, dit que musicalement ça ne lui plaisait pas tant que ça, on a écouté ses conseils pour sortir l’Ep suivant qu’on a proposé à plusieurs labels et on nous a claqué la porte au nez à chaque fois, la manageuse lui a envoyé l’Ep au culot et bingo.

Ça a changé énormément de choses. Quand tu as Sony derrière on te prend beaucoup plus au sérieux que quand tu es en auto-production. On a une équipe, Laurent Rossi, Mélanie, Adeline de chez Sony, qui nous suit et nous soutient, nous laisse carte blanche. On leur propose des choses et ils nous écoutent. C’est pas une grosse major qui a pris un groupe et qui s’en fout. Notre chargée de prod de chez Sony prend le train ce soir avec nous pour descendre à la release party. C’est des gens qui nous accompagnent sur toute la longueur, on espère continuer les deals avec eux parce que ça se passe bien.

Vos projets ?

Deux albums dans la continuité de l’histoire de celui-là. Toute l’armature est faite dans nos têtes et on continue à l’étoffer puisque jour après jour on a des idées qui se rajoutent. On a déjà des chansons de préparées donc plein de projets.

Merci à Roger de Replica pour cette rencontre et longue route à AcoD !

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