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Moscow Death Brigade – Boltcutter

Même s’il s’agit de leur premier véritable album, les Moscow Death Brigade ne sont pas débutants pour autant. Apparu en 2007, ce groupe mixant le rap et le punk a déjà sorti plusieurs EP remarqués, et bénéficie d’une solide réputation live. Et autant le dire de suite, avec cet album les Russes passent définitivement dans la cour des grands.

À la première écoute, les fondamentaux ne changent pas : phrasé rap pendant les couplets, refrains aux allures d’hymnes de hardcore. Mais ces nouveaux titres sont enrichis d’une sonorité beaucoup plus électronique. Moscow Death Brigade se la joue dancefloor, et pas dans un style concert bobo sur une péniche des quais de Seine. Non, ici, ils amènent leurs survêts et leurs enceintes dans un squat bien crasseux, tagué jusqu’aux cuvettes des toilettes.

L’album commence en furie par le très agressif et ravageur “Renegade Stomp”. Juste derrière, “What We Do” aurait très bien pu figurer en feat sur un album de Perturbator, tandis que le break de “Boltcutter” rappelle Rammstein dans sa ligne de synthé (le clip de ce même titre avec sa parodie de jeu vidéo 8 bits illustre à lui seul l’évolution sonore du groupe). La production se révèle particulièrement efficace. Les guitares ont quasi disparu du mix, mais les morceaux ne perdent aucunement en puissance. La rave party bat son plein tout au long de cet album inspiré et intense, laissant peu de moment de répit à l’auditeur.

Pas de grand changement à signaler au niveau des thèmes abordés. Groupe engagé à tendance anarchiste, Moscow Death Brigade affiche son antifascisme, son antiracisme, parle de fraternité de la scène, d’engagement, valeurs largement répandues dans le milieu du punk hardcore. Le dessin de la pochette rappelle l’ouroboros, ce serpent qui se mord la queue, dans un cycle infernal et éternel, une oppression qu’on ne peut pas combattre (les barbelés). Moscow Death Brigade, sous la forme d’un crocodile thug, masqué et armé d’un “Boltcutter” (coupe boulons en français) vient trancher la tête du serpent, dans un geste révolutionnaire. Autre symbolique, le titre “Boltcutter” parle entre autres de l’accueil des migrants, d’où le refus des barbelés/frontières.
Mais le “Boltcutter” peut aussi être perçu comme une volonté de briser les barrières musicales, ce que réussit bien le groupe qui attire en vrac punks, rappeurs, fans de hardcore… L’album se termine par 2 bonus: “One For The Ski Mask” et “Papers Please!“. 2 classiques incontournables du groupe mais dont la présence est quasi anachronique sur un album aussi électronique.

Au final, pas de lassitude au bout de plusieurs écoutes, mais bien au contraire, une envie furieuse d’apprendre les refrains par cœur pour aller les recracher dans le pit. Ça tombe bien, Moscow Death Brigade jouera au Gibus le 9 octobre prochain. Les retours de leur précédent concert dans la même salle ayant été particulièrement élogieux, on ne saurait que trop vous recommander de ne pas rater la fiesta à venir. Et ceci, quelle que soit votre chapelle musicale d’origine.

Tracklist :
1. Renegade Stomp
2. What We Do
3. Anne Frank Army Pt.2
4. Boltcutter
5. All For One
6. Straight Outta Moscow Pt.2
7. Collateral Murder
8. Brother & Sisterhood
9. Rude Girl Warrior
10. Crocodile Style
Bonus Tracks
11. One For The Ski Mask
12. Papers, Please!

Album Boltcutter disponible via Fire And Flames Music.


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