On avait compris avec The Price Of Existence, sorti en 2006, qu’All Shall Perish n'était pas un groupe de deathcore calibré à coup de gel et de pantalons trop serrés. Le niveau de cet opus en avait bluffé plus d’un. Il a permis aux cinq californiens de gagner en crédibilité et en renommée, grâce à des instruments sous amphètes bien plus techniques et originaux que sur Hate Malice Revenge (leur premier album, 2003). Les fans en redemandaient, et attendaient avec une certaine impatience la suite des hostilités. Trois albums en cinq ans, c'est peu par rapport au rythme où certains enchainent les sorties pour profiter du créneau. Composé pendant les tournées 2007, qui ont pris fin tragiquement en Australie avec la mort du chanteur et d’un roadie de The Red Shore (amis et groupe d'ouverture d'ASP) dans un accident de minibus, Awaken The Dreamer est arrivé pendant une rentrée 2008 déjà chargée en sorties métal. Impossible, pourtant, qu'il soit passé inaperçu. Pour les guitares, la technique est prégnante avec une explosion de solos et de structures tournant dans les aigus, sur fond de gros riffs coreux et cassants, traditionnels mais efficaces. Mais les grattes n'en restent pas là et prennent également le chemin assumé de la mélodie à coloration heavy – et non pas celui du death mélodique, pillé à outrance par le metalcore. Certaines compos se tournent vers les grandes heures d'un métal plus facilement accessible, certes, mais empreint d’une identité émotionnelle forte et originale («Awaken The Dreamer», «Until The End», et «Black Gold Reign» avec son clin d'oeil appuyé à la voix typée Iron Maiden). Des passages en guitares et chant clairs font leur apparition («Memories Of A Glass Sanctuary») et s’avèrent être des morceaux à part entière, bien plus que des interludes classiques du genre, souvent sans saveur. On en vient même à penser au post-hardcore-rock de Pelican sur l’instrumentale «The Ones We Left Behind», c’est dire. La voix suit cette évolution, en conservant l'alternance maîtrisée du guttural / criard (les puristes regretteront le manque de gruik-gruik) mais en n'hésitant plus à donner dans le calme ou le haut perché, pour un résultat des plus réussis («Awaken The Dreamer»).
02 – Black Gold Reign
03 – Never… Again
04 – The Ones We Left Behind
05 – Awaken The Dreamers
06 – Memories Of A Glass Sanctuary
07 – Stabbing To Purge Dissimilation
08 – Gagged, Bound, Shelved And Forgotten
09 – Until The End
10 – From So Far Away
11 – Misery’s Introduction
12 – Songs For The Damned

