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Kanye West – Yeezus

Attendu comme le messie, ce lundi arrive enfin le divin enfant de Kanye West: Yeezus. Accouchant, à quelques jours près, au même moment que sa femme, Kanye nous livre une conception maculée de complexes raciaux, de dépression existentielle, de violence, d’ambition, d’expérimentations, ultra-compressés dans un minimalisme saturé.

À l’écoute, Yeezus laisse un sentiment d’amertume. Perdu entre plaisir et sentiment d’avoir été violé, les morceaux de Yeezus, notamment parmi les plus radicaux (“On Sight”, “New Slaves”) se révèlent profondément addictifs, et l’on finit par en redemander. Car l’étrangeté de Yeezus est d’être à la fois l’album le plus radical de West, tout en étant une puissante synthèse de toute sa discographie. On y retrouve la grandiloquence de Beatiful Dark Twisted Fantasy, la précision des samples vintage de ses premiers essais, le minimalisme abrutissant de Watch The Throne, à l’angle droit des expérimentations folles et sublimes de 808s & Heartbreak. Yeezus est l’hypoténuse, nouvelle forme en soi, fermant le triangle (tel qu’il s’amuse à en dessiner souvent) de l’oeuvre du ‘Steve Jobs de la musique’ autodéclaré.

Yeezus, à l’image de son auteur, pose la question de savoir s’il s’agit, tel qu’il se présente, d’une oeuvre géniale qui révolutionnera définitivement la musique, ou si au contraire il s’agit d’une oeuvre symptomatique de notre époque qui sera rapidement oubliée et dont on se moquera dans une dizaine d’années. C’est de cette oreille attentive et distraite que l’on écoute cet album, sans savoir ce que l’on a vraiment à tirer de toute cette folie sérieuse, et seul l’avenir détient la vérité à ce sujet. Ce qui demeure certain c’est que Kanye West, tel qu’il l’explique dans ces entrevues récentes, à tenter une véritable résurrection par le minimalisme, à plusieurs niveaux, dont le fruit est ici que nous pouvons déclarer Yeezus comme son album le plus sincère. Bien qu’il ne perde ni son humour ni son goût pour l’expérimentation, West fait parfois frissonner par la justesse de son interprétation, toujours cinq étoiles, et l’on retrouve derrière la puissance des basses électroniques, une forme d’intimité que l’on avait plus entendu depuis 808s & Heartbreak.

Yeezus griffe, baffe et caresse tour à tour, et demande une écoute active pour apprécier ses rebondissements aigre-doux. Car la puissance, chez Kanye West, est toujours interne, et son ego obèse peut être le reflet de l’anorexie du nôtre, à ceux qui y prêtent attention, à ceux qui préservent la Foi, on pourra affirmer que Kanye West ferme des portes convenues pour ouvrir des fenêtres étranges dont on ne saisit pas si elles conduisent à la lumière ou au dégout, dont on ne sait pas de quoi elles peuvent être la source, mais qui dégage assurément un air nouveau, puant et intriguant. Tels certains athées sceptiques nous conseilleront donc de ne point trop blasphémer, “au cas où”: peut-être Yeezy sera notre sauveur.
‘Anh Anh Honey!’

.:Tracklist:.
01. On Sight
02. Black Skinhead
03. I Am A God [feat. God]
04. New Slaves [feat. Frank Ocean]
05. Hold My Liquor [feat. Justin Vernon & Chief Keef]
06. I’m In It
07. Blood On The Leaves
08. Guilt Trip [feat. Kid Cudi]
09. Send It Up [feat. King L]
10. Bound 2 [feat. Charlie Wilson]

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