
Comme il l’est devenu courant sur ses albums, Devin s’accompagne d’une chanteuse. Une certaine Ché Aimee Dorval. Cette fois, on arrive sur une sorte de space blues ambiant, aux aspects minimal qui rappelleront pour certains son excellent album « Ki ». Le tout donne un savant mélange de folk/blues psychédélique dans la pure lignée d’Alela Diane avec des touches electronica (héritées de ses périodes indus) qui rappelleront quelques Hammock, Sunday Munich, voire même des échos (sur Moon et Broken) au splendide album « Shadows of the Sun » du grand Ulver, à sa bonne époque. Bref, voyez bien qu’en essayant d’être le plus précis possible, finalement l’effet inverse se produit : on en est où bordel ?
La linéarité (restez avec moi hein). C’est un mot que je souhaite avant tout redéfinir pour qu’il soit bien compris dans l’emploi qu’il en est fait quant à l’impression que j’ai de cet album. Dans l’art, spécialement dans les formes d’art qui programment un début et une fin d’expérience, comme la musique, le cinéma, la littérature, la BD, etc. c’est un terme généralement péjoratif: plat, mou, chiant etc., c’est un terme clivant. Ici ce n’est pas comme ça que je veux l’employer. Linéaire, cet album l’est, disons qu’il nous entraîne d’un point A à un point… B, ou C, ça dépend où vous pensez vous arrêter.
Imaginez-vous sur un tapis roulant, évoluant sans un bruit droit devant vous au milieu d’un monde où vous vous sentez à la fois en sécurité avec un sentiment, finalement trompeur, de déjà-vu. Vous pouvez contemplez ce qui défile devant vous, sans jamais pouvoir se retourner, on peine à se souvenir où et comment a commencé le voyage. Disons… que c’est une bonne linéarité. ‘Comprenez ? Moi non plus en fait, j’essayais de bien faire…
Au pire, écoutez donc un extrait, c’est toujours plus parlant.
Tracklist :
- Daddy
- Mountainship
- Flight
- The Code
- Moon
- Pier
- Ether
- Hejda
- Forgive Me
- Broken
- Bones
- Deathscope
- The Field
- The Bridge
- Pure


