Né des cendres de Dub War à la fin des années 90, on croyait Skindred un groupe mort ou au mieux rétrograde. Pourtant, on doit admettre que les britanniques ont fait forte impression hier soir à la Maroquinerie en faisant salle comble, et plus que cela, en faisant voler les t-shirts à la fin du concert ! Si l’on retient de Skindred, son premier album Babylon et les participations de son chanteur aux albums de KoRn et Soulfly en pleine époque néo, on a vite fait d’oublier ses opus suivants. Pourtant, le groupe de Newport a produit ces 5 dernières années, trois excellents albums mélangeant ragga-dancehall et metal. Hier soir, Skindred est venu nous présenter son dernier opus en date, Union Black, pourtant peu représenté dans la setlist.
Alors que retenti la Marche Impériale, bande originale de Star Wars, dans la Maroquinerie lorsque Skindred monte sur scène, le public ne tarde pas à s’échauffer en prévision d’un vaste pogo sur « Roots Rock Riot », single qui donne son titre au deuxième album du groupe. Il ne faudrait pas moins de temps à une étincelle pour faire exploser le gaz ; le public de la Maroquinerie ne touche plus le sol, sautant à n’en plus pouvoir alors que s’enchainent « Rat Race » et « Cut dem », deux titres tout aussi efficaces. A la batterie, Arya Goggin chauffe les fûts à grands coups syncopés tandis que Michael Fry joue un numéro de claquettes avec ses nombreuses pédales d’effets pour produire un son extrêmement lourd, fort en basses qui vous fait vibrer de l’intérieur. Mais, c’est principalement Benji Webbe, le chanteur à la voix si particulière, qui mène la danse en haranguant le public en jouant de tout son costume : chapeau haut de forme, lunettes disproportionnées, foulard à paillettes, … C’est d’ailleurs avec un peu d’autodérision qu’il introduit « World Domination », extrait du premier album du groupe, avant que les guitares prennent le dessus.
Parmi les moments forts du concert, on retiendra surtout les bons vieux hits du groupe, « Pressure » et « Nobody », qui rendent définitivement hystérique la foule chauffée à blanc depuis le début du concert. Le seul moment de répit fut de courte durée, avec « The Fear », titre aux influences RnB prononcées. Skindred réveillera en nous quelques vieilles passions enfouies, en faisant successivement hommage au cours du concert à AC DC, en reprenant « Back in Black », puis à Slayer avec « Reign in Blood » ou encore Slipknot avec « Duality ». Après plus d’une heure de set intense, Skindred quitte la scène et revient quelques minutes plus tard pour un rappel de trois chansons……. Massacrées ! Parmi elles se trouvent leur célèbre single « Babylon », tout du moins c’est ce que l’on trouve écrit sur la setlist du groupe, mais impossible de la reconnaitre tellement le son est sourd en cette fin de concert. Le public joue néanmoins le jeu (avec sincérité) et enlève ses t-shirts à la demande de Benji Webbe, pour les faire tourner en l’air. Voici une vision originale pour une fin de concert explosive ! En un mot, on est pressé de revoir Skindred en live.
. : Setlist de Skindred à la Maroquinerie :.
Roots rock riot
Rat Race
Cut Dem
Stand
World domination
Doom riff
Destroy
Pressure
The Fear
Game Over
Nobody
Trouble
Babylon
Warning




