
Ancré au sein de la mouvance « japanime/bornes d’arcade/cyber culture », c’est bien sûr à travers le net que Hadouken! réalise ses premiers faits d’armes en 2007: « That Boy That Girl », premier morceau du groupe, crée un énorme buzz sur Youtube et amène le groupe à la création d’un album. Formé tel un ensemble de rock traditionnel (guitare, basse, batterie, chant, synthé), mais pour qui, comme pour l’époque dans laquelle ils évoluent, tout va très fort et très vite, leur premier opus, Music for an Accelerated Culture, sorti en 2008, se vend à 100 000 exemplaires et est encensé par le très respectable magazine britannique NME. Mais le combo est exigeant et va se lancer vers d’autres sphères comme le dit si bien son leader James Smith: « Je ne peux plus écouter notre (premier) album. En partie parce qu’il n’a aucune dynamique sonore. ». Hadouken! fait donc appel aux célèbres producteurs néerlandais de drum’n bass Noisia, connus pour leurs sens des beats acerbes et intenses (collaborant notamment avec des artistes tels que Amon Tobin, Foreign Beggars ou The Prodigy), afin de donner une tournure plus violente et lourde à cet effort qui deviendra For the Masses.
C’est après un morceau d’intro, sobrement intitulé « Rebirth » et qui donne le ton électronique de l’album (basse en boucle saturée à souhait et beat house/techno), que l’on entre dans le vif du sujet avec le premier single de l’album « Turn The Lights Out », titre voué à devenir un hit des samedis soirs tant le refrain est accrocheur et la ligne de basse « garage » couplée à un riff de guitare énergique à la sauce Prodigy vous reste dans la tête… Au fur et à mesure de l’album, l’apport des néerlandais de Noisia est indéniable, apportant une puissance et un grain sonore épais à des morceaux simples dans leur conception mais néanmoins efficaces. Pas d’expérimentations sonores dans cet opus, on est dans le connu, mais Hadouken! est visiblement rodé à ce que les kids attendent sur un dance-floor. Car si le groupe se définit comme un groupe de « Rock moderne », on retrouve cet aspect surtout par le chant qui utilise les codes du rock traditionnel (« House is falling down ») et par la présence du guitares saturées mordantes à répetition (« Play the night »). Mais ne nous y trompons pas, nous sommes en présence d’un effort majoritairement électronique: le chant est surtout souvent rappé tel un MC drum’n bass (« Mic Check», « M.A.D. »), nous rappelant les meilleures heures d’ Asian Dub Foundation, et l’album en intégralité peut s’écouter comme un DJ-set, sans interruption, l’enchainement des morceaux étant plus que cohérent.
Avant de crier au scandale en arrivant au titre «Bombshock », qui, promis, juré, n’est pas un plagiat de « Firestarter » de The Prodigy, regardez votre montre et constatez par vous-même que le temps a passé très vite depuis que la galette est entrée dans votre platine. C’est l’effet secondaire de ce For The Masses: vous avez déjà entendu ça, vous n’aimez pas ou peu les sons électroniques, vous n’aimez pas ce groupe que vous considérez comme une pâle copie des héros du Big Beat que sont The Prodigy et les Chemical Brothers, mais à votre grand désespoir vous bougez la tête et avez du mal à rester en place dans votre canapé… Alors non, ce n’est pas une révolution musicale comme l’annoncent les musiciens d’Hadouken!, oui, vous pourrez, comme le dit le chanteur, l’écouter « aussi bien sur une sono de 1000 watts que sur un portable à l’arrière d’un bus », non, ce n’est pas un nouveau Fat of the Land ou Dig Your Own Hole, mais oui, ils risquent bien de s’imposer sur les dance-floors européens et faire bouger plus que les Fluo-kids de Londres…
.: Tracklist :.
1. Rebirth
2. Turn the lights out
3. MAD
4. Evil
5. House is falling
6. Mick check
7. Ugly
8. Bombsheck
9. Play the night
10. Lost

