A quelques semaines de la sortie de leur troisième album (le 21 février), nous avons posé quelques questions à Déportivo, fleuron du rock français. L’occasion d’en savoir un peu plus sur le nouvel opus du groupe originaire de Bois d’Arcy.
Comment vous sentez-vous à quelques semaines de la date fatidique de la sortie du troisième album ?
Nous sommes vraiment impatients que tous les gens qui s’intéressent à notre musique puissent l’écouter. Mais les semaines se font assez longues ces derniers temps.
Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous résumer un peu votre parcours ?
Nous sommes trois amis d’enfance qui jouons de la musique pour échapper à un destin médiocre, pour le plaisir de créer quelque chose ensemble et par nécessité. Notre parcours est classique : échec scolaire, désillusions amoureuses, ennui, frustration, grandes joies, grandes tristesses, grands amours, problèmes avec le banquier, Viva l’Aspidistra, problèmes d’intégration, boulots pourris, passion, beaucoup de séances de répétitions, signature sur une maison de disque, beaucoup de concerts, trois albums… Nous sommes, nous sommes… Déportivo.
Quels surprises et changements nous avez-vous réservés pour ce nouvel album ?
Je pense que cet album est plus varié que les précédents. Il est aussi plus musical. Mais comme tout ceci doit rester une surprise, il ne m’est pas possible d’en dire plus.
Comment s’est passée votre collaboration avec Gaëtan Roussel, le producteur de ce nouvel album ?
Gaëtan est un garçon très généreux, honnête et qui a toujours montré de la bienveillance à notre égard. Je veux dire qu’avec un mec pareil, il est difficile que ça se passe mal. Il fourmille d’idées de production. On a toujours aimé son travail et il nous a beaucoup appris en tant que réalisateur. Le but n’était pas qu’il nous écrive des chansons mais de confronter notre musique à sa manière de réaliser. Tout ça était très intéressant. On a beaucoup appris avec lui et Mark (Plati). Gaëtan a aussi mis un peu d’ordre dans toutes nos petites idées et nous a communiqué son enthousiasme, ce qui est toujours précieux venant d’un musicien que tu respectes.
Et ce petit tour à New-York pour le mixage de l’album, c’était comment ?
Le mixage s’est très bien passé. Nous avons mixé dans le studio de Mark Plati dans l’East Village. Nous étions tous détendus et heureux d’être là, sous le soleil. Certains ont profité des nuits new-yorkaises pour aller danser, d’autres ont profité des matins… Mais nous nous retrouvions tous au studio vers 11h pour travailler sur les morceaux. Ce sont de très bons souvenirs.
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Vos fans se sont dits étonnés, voire un peu déroutés, face au côté moins brut de décoffrage de « Ivres et Débutants », le premier extrait de l’album, par rapport aux disques précédents. Qu’auriez-vous à leur répondre ?
Je comprends parfaitement que les gens qui aiment notre musique puissent être déstabilisés par cette chanson étant donné qu’elle nous a tout autant déstabilisés. En effet, « Ivres Et Débutants » est la dernière chanson venue sur cet album. Quelques jours avant d’aller enregistrer, Richard a trouvé l’ossature du morceau : le guitare-basse-batterie-clavier de base. Nous n’en étions pas très convaincus mais Richard a insisté. Ça sonnait étrangement 80’s. Du coup, on a appelé cette chanson « la 80’s » tout le temps de l’enregistrement. On doutait de ce morceau mais Gaëtan, Mark et Richard le défendaient farouchement. Elle s’est révélée au fil de l’enregistrement et a été notre fil rouge. Plus le temps passait et plus on l’aimait. Finalement, quand nous nous sommes posés la question de la mettre sur le disque, on s’est juste dit : « on la trouve cool, on la met sur l’album. »
Dans le teaser de « Ivres et Débutants », on voit de nombreux extraits du concert de Rennes au Museum Café. Est-ce que cette date vous a particulièrement marqués ?
Ce concert est l’exemple parfait de ce qu’on aime. Beaucoup de gens qui nous suivent viennent à nos concerts pour oublier deux-trois merdes du quotidien. Ils participent très souvent tout autant au spectacle que nous sur scène. Une fois le concert terminé, on se dit : « ils sont fous quand même! ». Les gens viennent nous voir jouer et nous, on vient les voir foutre un joyeux bordel. On aime cet échange et ce côté joyeux et bordélique à la fois.
Pour continuer sur le concert de Rennes, la très grande majorité du public connaissait les paroles de vos chansons par cœur. Comment gérez-vous votre succès de plus en plus grandissant ?
C’est toujours super d’entendre les gens chanter, presque aussi satisfaisant que de voir les sourires à la fin des concerts. Nous sommes vraiment très chanceux.
Comment avez-vous eu l’idée de rajouter Philippe Almosnino et David Vincent à votre trio pour les lives ?
Les orchestrations de notre nouvel album nécessitent l’apport de nouveaux musiciens. Nous connaissons Philippe Almosnino depuis longtemps, on a toujours aimé les Wampas. Il a été super avec nous. Il semblait donc naturel de le solliciter. En ce qui concerne Vincent, il est le chanteur/guitariste du groupe Garbo et notre tourneur le connaissait. Il nous a dit : « Il est sympa, il joue du clavier et de la guitare. » On l’a rencontré, il a été super, on lui a proposé de rester et… il a dit oui.
Votre entrée sur scène sur un air de Brassens, c’est définitivement terminé ?
Je pense que c’en est terminé de la Brassens en début de concert. On a joué « Blue Moon » d’Elvis sur les concerts de Décembre et elle est bien partie pour rester.
Avez-vous déjà prévu de faire des reprises en concerts comme vous l’avez déjà fait avec « Yard of blonde girls » de Jeff Buckley ?
On n’a pas encore pensé à jouer de reprises mais plutôt à nous concentrer sur les morceaux à travailler à cinq. Cela dit, je pense qu’il y en aura forcément une ou deux.
On vous cite quasi systématiquement parmi les groupes qui pourraient « prendre la relève » de Noir Désir. Pas trop de pression ?
On ne ressent pas de pression étant donné que l’on ne pense pas en ces termes là. Cela dit, si prendre leur relève implique de bénéficier d’autant d’excitation autour de la sortie de nos albums qu’à la sortie des leurs, alors je suppose que ça nous convient…
Aura-t-on la chance de vous croiser dans des festivals cet été ?
On espère…
Un grand merci au groupe pour sa disponibilité et sa rapidité de réponse.



