A l’occasion de la sortie de son dernier album, Kawaii, aux sonorités electro acidulées inspirées de la culture geek, Missill se produit à la Gaité Lyrique, nouvelle salle parisienne dédiée aux cultures numériques et aux musiques actuelles. Dans ce lieu immense, à l’élégance d’un ancien théâtre à l’italienne, Missill va nous éblouir avec ses sons 8 bits, et ses projections en pixel art pour son nouveau spectacle intitulé « Pixill Live Show ».

En première partie, on retrouve Karim Gacia au mix, jeune DJ qui manie plutôt bien les sonorités dubstep. Sans grande surprise, c’est surtout Missill que le public est venu voir pour son show au décor très travaillé. L’artiste dépasse la simple production sonore au profit de la création d’un univers complet dans l’ambiance retro-geek où chaque pixel joue le rôle d’une touche visuelle en lien avec chaque note. Face au grand écran qui projette des séquences extraites de Super Mario et autres icônes de l’univers des jeux vidéos 2D, Missill se concentre à produire de bonnes vibrations à l’aide de l’étonnante console de mix conçue par l’artiste et remplaçant les traditionnelles platines. Il est particulièrement surprenant de voir Missill mixer un set complet à partir de ces quelques grosses touches colorées et d’un joystick.


Costumée à la « mode » japonaise, Missill et ses compagnons représentent tout ce qu’il y a de plus Kawaii. A la manière de la belle et la bête, Rye Rye et MC Dynamite, par leurs flows respectifs, forment un duo de choc qui soutient Missill occupée par le mix. La setlist est essentiellement composée des titres du dernier album, et ce n’est pas sans nous déplaire, puisque ce dernier cache quelques perles. Le sautillant « Kawaii », le puissant « Invincible », l’excitant « Magic Potion » ou encore l’entêtant « Fire » ne sont que quelques exemples de ce que la DJette sait sublimer. D’autant plus que le public réagit bien, en dansant, voire même en se bousculant gentillement sur les titres les plus énervés.

Petit bémol, le son dans la salle est franchement mauvais : un volume sonore trop faible, des voix peu audibles et une balance entre les instruments médiocres vont ternir la joie d’assister au spectacle. Après seulement une heure de concert, Missill quitte la scène en laissant derrière elle le célèbre écran de fin de partie « Insert Coins » nous rappelant que toutes les bonnes choses ont une fin. Dommage, on commençait seulement à être chauds !

