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Sielle – Etincelante douceur

Ce début de chronique sera étonnant, mais je vais vous livrer une petite part d’histoire de Vacarm.net. Cela me tient particulièrement à coeur, car partager sa passion de la musique sur un blog depuis presque 15 ans, ce n’est pas seulement écrire un tas d’articles et les publier. Les relations humaines tiennent une place beaucoup plus importante qu’on ne le pense, et les chroniqueurs de Vacarm.net ne sont pas des pigistes de salon, mais de véritables passionnés qui consacrent une bonne partie de leur temps à l’écoute d’autres passionnés. L’un d’entre eux s’appelle Vincent, cela fait une décennie que je l’ai “rencontré par internet”, et je considère qu’il fait partie intégrante de la “famille” Vacarm, sans avoir jamais publié une ligne sur ce site. On vous a souvent parlé de Vincent, car c’est l’un des premiers artistes à nous avoir fait confiance. En 2006, nous avons commencé à échanger quelques mails au moment de la sortie du premier album de Riktus, un groupe de metalcore lorrain, dans lequel il officiait en tant que guitariste. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à nouer une relation sous forme d’échanges gagnant-gagnant : tu portes un tshirt de mon site sur scène, je te trouve des plans concerts, etc. On pouvait vraiment se parler pour une raison bien simple : moi à Paris, lui à Thionville, à 500km de distance, nous avions la même motivation pour faire bouger les lignes et d’être des activistes locaux et mélomanes. Vincent avec ses cordes de guitares, et moi avec mon clavier. Plus tard, il officiait dans un autre projet franco-luxembourgeois, Heartbeat Parade, qui lui fit traverser l’hexagone à plusieurs reprises pour fouler les scènes du Printemps de Bourges ou des Transmusicales de Rennes. Je me souviens alors d’une soirée en 2012, à l’issue du Sonisphere, où nous résidions chez Vincent. Il avait installé un piano, dans un coin de son salon, et me risquant à une blague vaseuse sur l’absence de lien entre le dit instrument et ses productions habituelles, Vincent me fit part de son nouveau projet : Sielle.

Six ans plus tard, son projet a mûri. Derrière son piano, Vincent s’est entouré d’Elise Mazzarini, une chanteuse à la voie soul, issue du groupe The Flash, et de Frank Cremel, slameur torturé et frontman de Louise Atkinson. Sielle évolue désormais en trio, avec un premier album lumineux en poche, où la part belle est donnée au piano. A l’issue de ces 23 minutes, “Étincelante douceur” offre un résultat déconcertant bien loin du classicisme stéréotypé d’une oeuvre se concentrant sur cet instrument. La courte durée des morceaux et l’instrumentation minimaliste assurent une simplicité d’écoute, et marquent l’originalité de la production avec des chants et percussions qui ne surviennent qu’en de rares occasions pour surprendre l’auditeur. Ainsi, sur “Mon ultime refuge”,  Franck témoigne de ses sentiments comme un écorché vif, tandis que la voix d’Elise conclut l’album avec “Not alone on the storm” sur une note de sensualité. “Étincelante douceur” exprime la modernité lorsque les mains de Vincent s’enflamment et se livrent avec frénésie, sur le très court “Et unique”, dissimulant à peine la volonté de construire des ponts avec d’autres genres musicaux. Néanmoins, on retiendra les titres phares que sont “Une douce étincelle” et “And let the sun”, où Sielle prend le temps de développer ses idées pour transporter l’auditeur dans un univers bouillonnant d’émotions, comme le calme cache la tempête. Là où Vincent siège seul face à son piano, se dégage l’ultime sentiment de la confidence : des mélodies qui exhalent les plaisirs simples, des airs où résonnent les jours sombres (“You are”), ou tout simplement la mélancolie (“Our memories”).

Avec “Étincelante douceur”, Sielle signe un premier effort accessible où les compositions fines et intelligentes témoignent de l’effervescence créative du trio. L’originalité du projet réside dans sa simplicité, et son authenticité. Il nous tarde d’impatience, de retrouver Vincent, Elise et Franck en live, car, à ce qu’il parait, le piano est placé de façon à être encerclé par le public, les intervenants extérieurs pouvant apparaître et disparaître du cercle tout au long de la performance. De quoi nous faire vivre un bon moment…

 

Tracklist :

1. De la tempête naîtra
2. Une douce étincelle
3. La seule
4. Et unique
5. Mon ultime refuge
6. And let the sun
8. Think he can burn
9. Our memories
10. You are
11. Not alone on the storm

 

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