Seafret : « Nous faisons de la musique honnête »

Sortis de la petite ville de Bridlington, Jack Sedman (chant) et Harry Draper (guitare) alias Seafret viennent de sortir leur premier album, « Tell Me It’s Real », à la fin de l’année dernière. Honnête et captivant, le matériel de Seafret a un sentiment mélancolique magnifiquement contagieux. Ils écrivent sur les petites choses de la vie qui évoluent autour d’eux, et on constate qu’ils ont un sens de l’observation rare pour les personnes de leur âge. Ils seront jeudi soir 24 novembre 2016 dans la salle des Rotondes pour un concert organisé par Den Atelier. Nous avons pu parler en amont de leur nouvel album et de leur succès avec Jack, un des deux protagonistes.

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Bonjour. Peux-tu nous parler de ta première rencontre avec Harry ? Comment est né le projet « Seafret » ?

Oui, c’est vraiment une chouette histoire. Il y a eu un petit « Open Mic » dans la ville où j’habitais, à Bridlington. C’est vraiment une toute petite ville et dès que quelque chose s’y passait, je m’y précipitais en règle générale. J’avais décidé ce soir-là de chanter pour la première fois en public. C’était très intimidant car il y avait un petit micro mais pas vraiment de haut-parleurs et le public était assis vraiment très près de la scène. Pour quelqu’un comme moi, pour qui en plus c’était la première expérience de ce genre, ce n’était pas l’idéal mais j’ai fait ce que j’ai pu. Le même soir j’y ai entendu Harry. Il jouait un genre de banjo et je l’ai tout de suite trouvé génial, à un point où il m’intimidait. C’est lui qui est venu vers moi à la fin de mon tour de chant, pour me dire qu’il faudrait qu’on fasse quelque chose ensemble. Par la suite, nous nous sommes vus chez lui et on a joué toutes les chansons qu’on aimait chacun son tour. On a commencé à écrire des morceaux rapidement. Et c’est ainsi que notre premier EP est né. Quand nous avons voulu choisir un nom, « Sea » est venu assez rapidement comme nous vivions près de la mer. « Fret » est venu ensuite car c’est un petit morceau métallique sur la guitare. Ce n’est que plus tard que nous avons découvert que le terme «Seafret » existait déjà et voulait dire « brouillard issu de la mer ».

C’est assez dingue de se dire que ce petit événement à Bridlington a fait suivre tout le reste. Que s’est-il passé ensuite ?

Nous avons eu rapidement la chance de signer avec une major : Columbia et nous avons dû déménager à Londres pour pourvoir poursuivre notre carrière. C’était un très grand pas, comme nous n’étions jamais sortis de notre province natale. Londres a été un grand choc culturel pour nous deux mais ça nous a aussi beaucoup inspiré en matière d’écriture.

Justement : comment se passe le processus d’écriture ?

Nous sommes constamment en train d’écrire ou de composer. Harry écrit la partie guitare et moi les paroles. Nous sommes inspirés par tout ce qui nous entoure. Le déménagement a été une grande source d’inspiration, comme nos familles et nos amis nous manquaient énormément. Les personnes croisées à Londres sont toutes tellement différentes qu’elles t’ouvrent aussi pas mal de perspectives. L’écriture de chansons a toujours été très naturelle chez nous.

Peux-tu nous citer tes principales sources d’inspiration en matière de musique ou de cinéma ?

J’adore Tom Waits, Michael Jackson ou encore Bob Dylan. Leonard Cohen aussi malheureusement, je l’aimais beaucoup. Concernant Harry : il aime le bluegrass, le style americana ou encore le blues. Plus récemment, j’adore aussi Bon Iver ou encore Jack White. Concernant le cinéma, je suis un grand fan de Jack Nicholson et mon film préféré est « One Flew Over The Cuckoo’s Nest ». C’est un vrai chef d’œuvre.

Quelle chanson de votre dernier album représente bien ton humeur du jour ?

Je pense que je vais choisir « Be there ». C’est un morceau un peu plus rock et c’est parce que nous sommes vendredi et que cette chanson annonce bien le weekend.

Peux-tu nous parler du morceau « Oceans » qui est mon préféré de l’album ?

Cette chanson est inspirée par l’absence de nos êtres chers et elle a été écrite peu de temps après notre arrivée à Londres. C’est fou ce que le bruit ou même l’odeur de l’océan peuvent te manquer quand tu es dans une grande ville comme Londres. Cela représente tellement de choses. L’absence n’en devient que plus forte.

Que veux-tu que le public retienne de vos chansons, ou du groupe Seafret, si tu avais un message à faire passer ?

Nous n’avons pas de message à faire passer. Nous faisons de la musique honnête et surtout nous faisons la musique que nous aimons et je pense que c’est le plus important. Le groupe Seafret c’est ça.

Enfin ma dernière question rituelle : Beatles ou Rolling Stones et surtout pourquoi ?

Pourquoi me poses-tu cette question ? Aaaah… Je suis plus Beatles ces derniers jours mais c’est vraiment dur de devoir choisir. Si tu me forces à choisir, je choisis les Beatles mais seulement parce que je joue le morceau « Don’t Let Me Down » très souvent en ce moment.

Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

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