Myrath : « Notre spécificité et notre originalité ce sont nos origines tunisiennes. »

« Legacy » est le quatrième album du groupe de metal progressif tunisien Myrath.

Influencé en début de carrière par les pointures du genre, comme Symphony X ou Dream Theater, Myrath s’est peu à peu forgé une identité unique, entre metal progressif et folklore arabo-tunisien, qui lui a permis de gravir les échelons pour devenir aujourd’hui une valeur sûre de la scène metal.

Ce nouvel album a été enregistré entre Paris et Tunis, puis mixé par Jens Bogren (Opeth) et Kevin Codfert (Adagio). Pour la première fois, Myrath s’est adjoint les services d’un orchestre symphonique, pour un résultat des plus spectaculaires. Truffé de chansons à la fois puissantes, techniques et dotées de refrains imparables, « Legacy » est assurément un des albums qui marqueront au fer rouge l’année 2016.

En tournée européenne avec Symphony X : ils étaient le 23 février 2016 à la Machine du Moulin Rouge (Paris), et seront le 1er mars 2016 à la Rock School Barbey (Bordeaux) et le 4 mars 2016 au CCO Villeurbanne (Lyon), Anis Jouini, le bassiste du groupe Myrath nous a consacré quelques minutes.

Bonjour ! Peux-tu nous décrire Myrath ? Comment le groupe est-il né et qu’avez-vous fait ces dernières années ?

Bonjour Nathalie ! Le groupe Myrath existe officiellement depuis 2001 où il a été créé sous le nom de « X-Tazy ». A ce moment-là le groupe était un groupe de cover : on faisait des reprises de heavy metal et de prog rock principalement. En 2006, le groupe a officiellement pris la dénomination de « Myrath » pour lancer ses propres compositions. Cela a été un tournant pour le groupe et c’est cette même année que Myrath a rencontré son producteur. Je ne faisais pas partie de la première formation du groupe. En 2007 est sorti notre premier album appelé « Hope ». Par la suite nous avons rapidement décidé de recruter Zaher Zorgati, le chanteur de Myrath, pour permettre à Malek Ben Arbia, notre guitariste, de se concentrer pleinement sur son jeu de guitare.

Concrètement, comment était-ce d’être un groupe de metal progressif en Tunisie au début de votre carrière ?

Avant nous avions une belle scène metal en Tunisie. Tous les membres de Myrath sont d’ailleurs issus d’autres groupes. Nous avions des festivals de grande ampleur, où il y avait des pointures comme Adagio par exemple. La scène tunisienne se développait bien et il y avait pas mal de mouvements. Après le printemps arabe, la scène metal a rétréci et aujourd’hui elle n’est plus vraiment d’actualité. C’est en partie à cause de cela que nous avons enregistré le nouvel album entre Tunis et Paris. Techniquement il n’était pas possible de tout faire en Tunisie. En tout cas, je peux te dire que quand nous avons commencé, ce n’était pas étrange de faire du metal en Tunisie. C’était plutôt bien accepté.

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« Myrath » veut dire « héritage » comme votre nouvel album « Legacy » qui est sorti le 19 février 2016. C’est important pour vous de mettre votre héritage musical et culturel dans votre musique ?

Oui, absolument ! « Myrath » est un terme tunisien arabe qui veut dire « héritage » et la meilleure traduction que nous avons trouvée en anglais est bien « Legacy ». Nous voulions clairement être identifiés comme un groupe tunisien et pas comme un groupe oriental. Dans l’album nous avons utilisé des instruments typiquement tunisiens pour avoir des sons issus de notre folklore local et national. Pour la couverture, nous avons aussi choisi la main de Fatma, qui est un symbole bien ancré dans la culture nord-africaine. Tout ces symboles rappellent nos origines.

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La main de Fatma sert entre autres à éviter le mauvais œil. Êtes-vous superstitieux ?

Non pas spécialement. On l’a vraiment choisie comme symbole, un peu comme une carte de visite pour être mondialement identifié et identifiable comme étant d’origine d’Afrique du Nord. C’est un sigle très familier à nos yeux.

Avez-vous ressenti le besoin d’inclure vos racines et votre culture dans votre musique ? C’est venu naturellement ?

Cela n’a jamais été un « besoin ». L’industrie du metal dans le monde est très très grande. Il y a quelques groupes orientaux dans le lot. Dans ces centaines de groupes, notre spécificité et notre originalité ce sont nos origines tunisiennes. C’est un peu notre marque de fabrique. C’est cela notre raison principale. Maintenant la Tunisie est un pays de plus de 3.000 ans d’histoire. C’est une culture tellement riche alors pourquoi ne pas l’intégrer dans notre musique ? Pourquoi chercher ailleurs finalement ?

Comment composez-vous vos morceaux ?

En règle générale cela part d’un riff ou d’une mélodie à la guitare. On le fait écouter au reste du groupe et on voit si on peut le développer ensemble. On partage ensuite les tâches pour les arrangements. Ensuite on en fait une maquette. C’est à ce moment-là qu’on décide de ce qu’on veut mettre dessus comme instruments. C’est là qu’on a décidé des instruments pour « Legacy » : une bonne partie des cordes, comme les violons par exemple, ont été enregistrés à Tunis, tandis que les basses, les guitares et les chants ont été enregistrés à Paris.

Quel est ton morceau préféré du nouvel album ?

Je pense que je vais prendre « Duat ». Cette chanson me touche particulièrement. Je prends aussi beaucoup de plaisir à la jouer sur scène.

Quels sont tes albums de référence ?

Je n’ai pas vraiment d’album de référence. J’écoute beaucoup de heavy metal comme du Pantera par exemple ou du prog comme Dream Theater. J’écoute aussi beaucoup de funk et de la pop. Je suis un grand fan de Michael Jackson.

Enfin ma question rituelle : Beatles ou Rolling Stones ? Et pourquoi ?

Je ne suis pas fan ni de l’un ni de l’autre. Si je dois choisir, je vais prendre les Rolling Stones, car je pense qu’ils laissent plus de place pour les solos et aux instruments en règle générale.

 

 

Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

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