Interview : Ghost

Ghost est un groupe suédois qui avance masqué comme des religieux de messe satanique. Mais musicalement nous sommes loin du black metal… L’habit ne fait pas le moine, comme le dit le proverbe, et en l’occurrence pas le pape non plus. Les Suédois (ou autres nameless ghouls) ne sont jamais où on les attend et en novembre 2013, ils décident de sortir un maxi de reprises de Depeche Mode, Abba, Roky Erickson et ou encore Army Of Lovers. En août 2015, ils sortiront leur troisième album appelé « Meliora » et on a parlé avec une ghoule sans nom de la naissance tant attendue de cet album prophétique dans un entretien à visage découvert.

Bonjour la ghoule numéro 1. Vous avez déclaré ne pas être un groupe qui est fait pour passer à la radio. Est-ce toujours le cas et à quoi est-ce dû selon toi ?

Bonjour Nathalie! En fait ça dépend des pays. Il y a des choses qui sont acceptables dans certains pays et d’autres non. J’aime l’ouverture d’esprit et le sens de la dérision que les gens ont en Europe. Aux Etats-Unis le blasphème n’est juste pas acceptable. Notre concept étant aussi très visuel, Ghost n’est effectivement pas vraiment fait pour passer à la radio. Le groupe c’est un ensemble qui mérite d’être vu et entendu, même si nous nous cachons nos visages et que nous aimons être anonymes.

Pour chaque album, votre concept veut que vous preniez un nouveau Papa Emeritus. Vous allez sortir votre troisième album ‘Meliora’ en août 2015. A quand une Mama Emeritus ?

C’est une très bonne idée! En fait on a pris des hommes pour aller au bout de l’idée. Avec Ghost on a créé notre propre courant religieux à l’opposé du catholicisme. Il nous fallait un anti-pape.

Justement une femme ça irait totalement à l’encontre de cette idée, non ?

C’est vrai… On n’est pas fermé à cette idée. Il faudra juste qu’on trouve la bonne personne.

Comment est né le concept d’ailleurs ? Les masques sont nés avec la musique ou inversement ?

Je pense que les deux ont commencé à exister de manière simultanée. Tout a commencé par l’écriture innocente d’un morceau, puis de deux, puis de trois. Quand on a écouté les morceaux, on s’est rendu compte que la musique appelait à une mise en scène très théâtrale. Quoi de plus théâtral et à l’image totalement exagérée que la religion finalement ? Les chansons criaient littéralement à la grandeur d’une cathédrale. J’avais l’impression d’entendre la musique résonner. D’où ensuite l’idée du pape frontman. En tout cas, le visuel et la musique sont les deux branches fondamentales de Ghost.

Comment expliques-tu le fait que vous puissiez jouer dans des festivals de metal mais aussi dans les festivals plus mainstream ?

Notre musique n’est pas extrême. Nos paroles le sont parfois, mais on aime ce contraste. On ne veut pas être cantonné à un certain style seulement. On n’est pas du genre à se battre dur comme fer pour être classé dans le metal. Le fait de passer dans des festivals mainstream permet de faire connaître notre musique au plus grand nombre de personnes, et c’est le plus important finalement.

Ghost-B.C.1

Et pourtant tu ne veux pas que les gens te reconnaissent dans la rue ?

Non. J’adore vivre normalement ! Faire les courses. Ne pas faire peur aux gens. C’est agréable ! En plus, j’entends les commentaires des spectateurs dans les festivals des fois, c’est trop marrant !

Votre nouvel album qui va sortir s’appelle ‘Meliora’. Ça veut dire ‘meilleur’ en latin c’est ça? Vous faites donc partie de ces groupes qui disent que leur dernier album est toujours le meilleur ?

Ce serait bizarre si ce n’était pas le cas, non? En fait la signification veut dire ‘en constante amélioration’. C’est notre musique et notre état d’esprit. On considère être en constante amélioration et donc à la recherche de la ‘perfection’.

Peut-on espérer un nouvel EP avec des morceaux connus à la sauce Ghost, comme celui que vous avez sorti en janvier 2013 appelé ‘If I Have Ghost’ ?

Je ne sais pas si on refera un EP avec Dave Grohl un jour. Les circonstances étaient favorables. En tout cas, on prend régulièrement des morceaux pour les remettre à notre sauce. Ce ne sont pas nécessairement des morceaux de groupes qu’on aime bien, mais pour l’EP dont tu parles on avait repris ‘Crucified’ et c’est vrai que j’adore Army Of Lovers. Je ne veux pas trop en parler mais dans notre tournée on reprend certains morceaux mais je préfère que cela reste une surprise.

On va finir avec ma question rituelle : entre les Beatles ou les Rolling Stones, tu choisis qui et pourquoi ?

C’est hyper dur! Je les aime tous les deux pour des raisons différentes. Musicalement j’aime la perfection des Beatles. J’aime le côté papal des Rolling Stones. Leur attitude désinvolte aussi. Je ferai un mélange des deux. Je dirais aux Beatles de se lâcher un peu !


Propos recueillis par : Nathalie Barbosa pour Vacarm.net

 

Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

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