Interview Deathcode Society – Pour certains puristes, Emperor, c’est le début de la décadence

Les festivals sont souvent l’occasion de découvrir un nouveau groupe ou de s’adonner à un nouveau genre. Au Hellfest 2017, Vacarm a découvert de Deathcode Society (black metal symphonique). Nous avons profité de l’occasion pour en savoir plus sur le genre et sur le groupe.

Qui êtes-vous ?
Deathcode Society: Nous sommes un groupe qui a une existence à la fois longue et courte. C’est un projet qui est né il y a longtemps et qui est resté en dents de scie pendant de nombreuses années jusqu’au moment où on a décidé de mettre de côté ce qui était nos projets principaux à l’époque. C’est à partir de 2009 que nous avons eu une existence publique avec une démo deux titres « Ite Missa Est ». Puis, nous avons eu quelques complications au niveau du line up car nous avions des membres qui appartenaient aussi à d’autres groupes avec plus d’actualités. Nous avons dû procéder à plusieurs « ajustements » de sorte que Deathcode Society est une existence officielle et productive.

Parlez-nous de votre premier album « Eschatonizer » (2015 – Osmose Productions) ?
Deathcode Society: En 2013, l’écriture du premier album a été terminée, nous avons ensuite passé une bonne année à enregistrer. Les guitares et le chant ont été enregistrés chez moi, la basse chez Grégoire et la batterie a été enregistrée en studio. Nous avions lancé une campagne participative pour pouvoir payer un orchestre mais il n’y a pas eu assez de participants. Mais le positif, c’est que nous avons pu payer le studio pour la batterie. De plus, nous avons reçu un email d’un certain Dave Otero, producteur à Denver, spécialisé dans les groupes de métal extrême. En gros, la crème de la crème des producteurs du genre. Il a adoré notre démo. Il nous a offert de travailler nos guitares en studio. Puis de fil en aiguilles, il nous a proposé de mixer une partie de l’album. Il s’est donc occupé de la partie plus « rock » et je me suis occupé de la partie plus symphonique, orchestrale et électronique dans mon studio.

Le black metal, ce n’est pas que les guitares, il y a aussi énormément d’arrangements orchestraux et électroniques pour donner cette cathédrale symphonique qui fait notre genre.

« On essaie d’éviter les effets kitsch »

Comment se démarquer dans le black métal sans tomber ni dans le kitsch ni dans l’extrême ?
Deathcode Society: On nous définit comme un groupe de métal symphonique. Il est vrai que l’élément Black Metal est bien là car on peut sentir nos influences dans ce domaine. Cependant, il n’y a vraiment pas que ça. Les arrangements sont plus à mettre en rapport avec de la musique symphonique et romantique. On essaie d’éviter les effets kitsch. Beaucoup de journalistes nous ont demandés qui était notre compositeur de film favori. Mais, la musique de film ne nous intéresse pas. Cet album a été l’occasion pour nous de faire le lien avec un patrimoine musical de la grande musique symphonique de la fin du 19ème siècle.

Avez-vous reçu une formation classique en conservatoire ?
Deathcode Society: Ce n’est pas mon cas, j’ai acquis une formation classique en autodidacte en bouquinant les livres de musicologie. Grégoire a une formation plus académique. Aucun d’entre nous n’a fait le conservatoire mais nous avons dû apprendre. Il y a des choses qui ne s’improvisent pas. Dans un de nos morceaux, il y a un cœur à 4 voix, il faut savoir l’écrire. J’ai potassé les bouquins sur le sujet mais lire ne suffit pas il faut aussi écouter ce qu’on fait les maîtres. C’est un peu mégalo ce que je vais dire mais nous avons tenté d’incorporer des éléments de grands maîtres au black métal qui est une musique populaire un peu énervé si je raccourcis. Loin de moi l’idée de les égaler. Cependant, nous avons eu envie de suivre leurs pas, même si nous courrons loin derrière eux !

« Pour certains puristes, Emperor, c’est le début de la décadence »

Le black métal n’est pourtant pas une musique à la portée de tous…
Deathcode Society:Quand j’ai écouté pour la première fois du black métal pour moi, comme pour beaucoup de gens, c’était beaucoup de bruit pour rien. Mais il y avait dans cette musique, une volonté de s’intégrer à une verticalité, un romantisme qui me fascinait. Mais vraiment, la première fois fin 1980 début 90, je me suis demandé pourquoi ils avaient enregistrés les bruits de l’aspirateur ou d’une machine à laver ! Puis vers 1995 sont arrivés les premiers groupes qui voulaient savoir jouer, qui avaient un objectif comme Emperor et qui ont révolutionné le genre. Pour certains puristes, Emperor, c’est le début de la décadence. Car pour eux le black metal doit être sale et méchant. Avant, il n’y avait pas vraiment de cohérence entre la musique black et le discours. Mais à partir du début des années 1990, les groupes ont voulus vraiment incarnés ce qu’ils jouaient.

« Tout fout le camp, tout se casse la gueule et on est là pour le dire »

On va peut-être me prendre des seaux dans la tête mais le black métal est un style de petit bourgeois mal dans sa peau à la base et qui ont envie de crier leur mal-être. Sociologiquement les black métalleux orignaux sont plutôt d’un milieu aisé. D’ailleurs, on retrouve aussi ce type de personnage dans le punk. Il y a un lien avec la littérature décadente de la fin du 19ème siècle. Les thèmes et l’extraction sociale sont les mêmes : aristocratie décadente ou petite bourgeoisie, rentiers. Tout fout le camp, tout se casse la gueule et on est là pour le dire. Depuis le début de la modernité, il y a cette idée que la civilisation s’effondre et nous sommes les témoins de sa fin.

On va finir cette interview avec votre actu à venir ! Vacarm veut tout savoir…
Deathcode Society: Notre premier album « Eschatonizer » est sorti en 2015 chez Osmose Productions disponible chez tous les bons disquaires et sur Internet. Achetez-le, écoutez-le sur Spotify. Nous serons le 25 août au Festival des arts bourrins à côté du Havre. Le 18 novembre, nous serons sur la scène du Winter Rising Fest 2017 (Salle Paule Bonneville à BESSANCOURT(95)).

Donnez-nous 3 titres pour vous découvrir:
Deathcode Society: On commence alors par « Nails » alors, une chanson qui nous a surpris quand nous l’avons enregistré, très fun. C’est peut-être même celle que nous préférons avec un passage chanté entièrement en français. C’est un titre très intense.« Vortex » est très catchy, elle est pas mal pour appâter le chaland 🙂 ! Enfin « Pandemonium » qui est très intéressante rythmiquement et aussi bien vénère ! Comme l’album d’ailleurs ! On n’est pas là pour vendre des appui-têtes !

Retrouvez la performance de Deathcode Society au Hellfest !

Merci à Deathcode Society et à Sarah de Dooweet Agency.

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