Fabien Lecoeuvre : « Je ne sais pas inventer une vie. »

Attaché de presse de Michel Polnareff, biographe de Claude François – il est co-auteur du film Cloclo en 2012 – chroniqueur télé et radio, le parcours de Fabien Lecoeuvre fait de lui LE spécialiste de la chanson française. Le mercredi 26 octobre 2016, sur la scène du Chapito au Casino 2000 à Mondorf-les-Bains, Fabien Lecoeuvre fera le tour des régions de France pour présenter les chanteurs et chansons qui les ont marquées… de « La Marseillaise » au « Sud » de Nino Ferrer, en passant par « Les Corons » de Pierre Bachelet. Son travail d’historien, sa connaissance encyclopédique et la confiance totale que lui accordent les artistes, font de lui l’un des meilleurs biographes en France. Ses livres rassemblent d’incroyables histoires et anecdotes jamais racontées.

Son travail sera d’ailleurs récompensé par une nomination comme Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2010.

Sur les ondes ou dans la petite lucarne, Fabien Lecoeuvre est partout ! Tous les soirs de la semaine, sur France Bleu, dans le Top Rétro pour revivre l’histoire des plus grands tubes et sur France 2, aux côtés de l’un des trublions du PAF, Patrick Sébastien, dans « Les Années Bonheur » depuis plus de 7 ans. Entourés de nombreux chanteurs, imitateurs et humoristes, ils revisitent ensemble le patrimoine culturel populaire français et dévoilent les anecdotes de la chanson française.

Tout au long de cette soirée, cet expert de la chanson vous divulguera les plus belles anecdotes des plus grands artistes : Claude François, Michel Polnareff, Johnny Hallyday, Edith Piaf, Léo Ferré, Mike Brant, Daniel Balavoine, Tino Rossi… En attendant, il s’est confié à nous ici :

Bonjour Fabien. Vous êtes très productif en matière d’écriture. Comment procédez-vous lorsque vous décidez de vous atteler à un artiste en particulier ? Et comment vous décidez-vous ?

C’est souvent un artiste rencontré à un moment où un autre de ma vie. La plupart de temps c’est une commande d’un éditeur qui veut que je fasse un livre sur lui ou elle. Comme celui qui va sortir là le 20 octobre : on m’a demandé de raconter l’Histoire de France en 100 chansons. Je cite donc « Ah! Ça ira! » qui représente la Révolution française, je passe par « Au clair de la lune », pour terminer avec la chanson de Johnny Hallyday « Un dimanche de janvier » qui parle des attaques à Charlie Hebdo. Je parle donc des grandes chansons, de celles qui ont marqué l’Histoire. J’ai passé donc mon été à l’écrire entre deux dates de Michel Polnareff.

Comment est né votre tout premier bouquin ?

Le premier livre c’était aussi une commande. C’est Henry Veyrier qui me l’avait commandé et c’est un livre sur l’histoire des romans-photos qui est sorti en 1991. Henry Veyrier a toujours été une référence dans le domaine du cinéma et on a vu très souvent les stars de la chanson faire des apparitions dans les romans-photos avant de faire du cinéma. Il y a eu notamment Johnny Hallyday ou encore Claude François qui y figuraient. Mon livre a fait un carton d’ailleurs.

Il n’y pas beaucoup de femmes dans votre bibliographie. Pourquoi ?

Effectivement mais il y a eu quelques-unes tout de même. Karen Cheryl, Dalida, Mylène Farmer. Dans mon bouquin sur les années Podium, j’en cite beaucoup. En fait quand je fais une biographie, j’ai besoin d’avoir des choses à raconter. Par exemple : Nana Mouskouri, elle vend énormément de disques dans le monde, mais elle mène une vie simple. Elle fait un enregistrement et c’est un disque d’or. Il ne se passe rien. Elle n’a pas une vie en dents de scie. Pour un biographe, il faut des choses, des accidents, sinon on s’ennuie. J’ai le talent de biographe, mais pas le talent de romancier. Je peux arranger une histoire mais je ne sais pas inventer une vie. D’ailleurs, je n’essaie même pas. Je n’écris pas de romans. Souvent la biographie est plus simple quand la vie d’un artiste a été vécue, quand on a sa vie sous les yeux dans son ensemble.

A quoi peut-on s’attendre lors de votre soirée au Casino 2000 à Mondorf ?

Je viens sur scène et je raconte l’histoire de la chanson française en partant de la chanson populaire à nos jours. C’est un talk-show en fait. Je parle par exemple de la chanson « Le Temps Des Cerises », de « Viens, Poupoule! » qui date de 1902, du « Chant des partisans » très importante pendant la guerre, de « Maréchal, nous voilà! » chanson à la gloire du maréchal Pétain, qui remplaça la Marseillaise et qui devint l’hymne officieux de l’ « État français » de Vichy.

Je parle des années 60 et des yéyés, des années 70 avec ses idoles comme Michel Delpech ou Michel Polnareff. Je parle des années 80 avec Goldman, Berger, Farmer. Je raconte des anecdotes que je ne pourrais pas raconter à la télévision, car sinon j’aurais des soucis avec le CSA. Les gens adorent savoir ce qui se passe en coulisse.

Quel est votre méthode pour retenir toutes ces anecdotes quand vous les vivez ?

J’ai tout dans la tête. Quand je les vis, je me les note dans des cahiers d’écoliers. Le fait de les écrire, les grave dans ma tête. Je suis un Wikipédia d’anecdotes en fait et c’est comme ça que je me suis fait connaître au début. Je devenais souvent, malgré moi, le centre d’attraction lors de dîners. Je suis un raconteur d’histoires, un peu comme Pierre Bellemare.

Quels sont vos premiers souvenirs liés au monde du spectacle ?

J’ai eu la chance d’avoir vu beaucoup de personnes sur scène. Ma tante m’emmenait voir les spectacles de Mariano ou de Josephine Baker. J’ai eu la chance de naître dans une époque charnière. Les années 60-70-80 étaient très fertiles.

A l’époque de mon père, la télévision avait un seul bouton et il fallait se lever pour changer de chaîne. Il avait horreur des variétés. Il disait toujours: « Ce n’est pas avec ces conneries que tu vas gagner ta vie ». Aujourd’hui je peux dire qu’il avait tort.

Quel est l’artiste auriez-vous aimé rencontrer ?

J’aurais aimé rencontre Jacques Brel, Maurice Chevalier et Mistinguett. Pour Brel, j’étais trop jeune et je ne faisais pas encore ce métier.

Enfin ma dernière question rituelle : Beatles ou Rolling Stones et surtout pourquoi ?

Je pense que je vais prendre les Stones pour le côté sexe et pop à la fois. J’ai une anecdote avec Mick Jagger. Il était à l’aéroport de Nice, il attendait dans le hall car il devait prendre un avion de ligne. Il était assis en face de moi. Il portait des lunettes de soleil et un chapeau. Il lisait son journal, quand un attroupement de 500/600 filles est entré. Elles couraient toutes derrière un mec. C’était JP de la Star’Ac! Mick m’a souri, il a haussé les épaules et a levé les yeux au ciel.

C’est là où je me suis dit que la célébrité était finalement très relative.

 

Le visuel de l’événement:

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Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

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