Brainstorm: « Nous continuons de faire du rock ‘n’ roll. Car c’est notre liberté et notre choix personnels. »

Brainstorm est un groupe allemand de power metal, formé en 1989. Le groupe aligne dans ses rangs le chanteur Andy B. Franck, qui est également célèbre pour son autre groupe, SYMPHORCE. Ils sont connus pour jouer un style un peu plus sombre que la plupart des groupes de power metal. Après avoir sorti « Firesoul » en 2014 et avoir fait une belle tournée, le groupe n’a pas perdu de temps et est tout de suite rentré en studio pour enchaîner sur l’album suivant.

Ils seront ce soir 10 février 2016 au Divan du Monde avec leurs comparses de Primal Fear et Striker pour présenter leur dernier bébé appelé « Scary Creatures ». Torsten, le guitariste du groupe Brainstorm, a répondu à nos questions entre deux séances de balance.

Bonjour Torsten ! Peux-tu nous faire un résumé des similitudes et des différences entre les albums « Firesoul » et « Scary Creatures » ?

Bonjour Nathalie ! Je pense que dans les deux cas on reconnait toujours le son particulier qui fait la signature de Brainstorm. Je considère personnellement que « Scary Creatures » est le digne successeur de « Firesoul », car il est dans la même lignée. Ce n’est pas un album concept, avec chaque morceau on raconte une histoire qui lui est propre et il n’y a pas vraiment de fil conducteur dans le nouvel album sauf peut-être le titre de l’album qui regroupe l’esprit que nous avons voulu y mettre. La principale différence est que nous nous sommes tout de suite mis à l’écriture du nouvel album après la tournée de « Firesoul » et on a voulu intégrer cette énergie du live dans nos morceaux. Nous étions inspirés donc il fallait profiter de ces ondes positives. Souvent nous sommes absorbés par d’autres projets très chronophages après les tournées et on ne se met pas tout de suite au boulot en studio. On a eu le cas notamment pour la promo des DVDs par exemple. Ici c’était différent et c’était très bien. La façon d’écrire ou de composer n’a, en soi, pas changé.

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Tu parlais du titre qui regroupe l’esprit de l’album. Peux-tu nous parler de ces « créatures » ?

D’abord il s’agit des peurs de chacun. De ces petites créatures personnelles qui nous terrorisent et qui nous pourrissent la vie. Je pense qu’à certains niveaux on peut parler « d’album engagé » même si ce n’était clairement pas notre intention, car on parle de la vie mais aussi de politique entre les lignes. En fait nous parlons de toutes ces mauvaises personnes qui sont ou qui ont été au pouvoir, que cela soit en politique mais aussi dans les religions par exemple. On parle aussi de terrorisme car forcément ça a un impact sur notre façon de vivre à tout à chacun. Les paroles parlent d’aujourd’hui mais aussi de faits historiques, d’anciens dictateurs ou autres personnes malveillantes en somme. Les paroles sont malheureusement très actuelles.

Tu es à Paris à l’heure actuelle. Est-ce que les faits terroristes récents ont un impact sur comment tu fais de la musique ou sur comment tu seras sur scène ?

J’aimerais te dire pas du tout. Nous faisons de notre mieux en tout cas pour ne pas cela ait une influence. Cela fait des années que nous vivons de notre passion et il est hors-de-question que nous laissions ces gens nous enlever ce que nous sommes et ce qui fait que nous nous levons tous les matins.

Nous sommes là, nous sommes à Paris et nous continuons de faire du rock ‘n’ roll. Car c’est notre liberté et notre choix personnels.

Revenons à ce nouvel album, veux-tu ? Il y a un morceau appelé « We Are » sur cet album où il y a un chœur d’enfants. Comment vous est venue l’idée de le faire ?

Cela fait un moment que nous voulions mettre un chœur d’enfants sur une de nos chansons… c’est peut-être le côté « Another Brick in the Wall – Part 2 » qui nous a influencés (rires !). Quand on a entendu « We Are », on a tout de suite su que c’était LA chanson pour le chœur. Les paroles s’y prêtaient tout à fait: « We are the one to save your tears… ». Les enfants sont l’avenir, il faut leur enseigner que ce sont eux qui ont leur avenir en main et que ce sont eux les sauveurs.

En plus nous n’avons pas pris n’importe quels enfants, ce sont NOS enfants qui chantent sur ce morceau. Ils étaient très nerveux et il leur a fallu du temps pour s’habituer au studio, mais finalement ils se sont bien amusés et aujourd’hui ils sont très fiers d’avoir contribué à cet album.

Concernant le morceau « The World To See » cela a toujours été évident que vous auriez un clip aussi extravagant ?

Absolument ! En fait à la première écoute, on s’est dit qu’il nous fallait un clip qui sortirait de l’ordinaire. On a tout de suite pensé à un clip avec du maquillage, des costumes et en plus on a eu la chance de le tourner dans un ancien théâtre gothique, vraiment magnifique, donc ça change du clip dans une salle de concert normale ou dans un terrain vague ! On a vraiment pris du plaisir à le faire. Et c’est clairement un rêve qui est devenu réalité ! En plus il reflète bien aussi l’univers particulier de la couverture du nouvel album.

 

Le temps est venu de regarder un peu en arrière. Si tu avais l’occasion de donner un conseil à ton ancien toi en début de carrière, que lui dirais-tu ?

Je pense que je lui donnerais les bons numéros au loto, cela faciliterait amplement les choses ! (rires !) Plus sérieusement, je pense que je n’essayerais pas de l’influencer. J’aime comment les choses ont évolué et je ne veux rien changer.

Si on fait un peu le bilan, on constate que cela fait une dizaine d’album et aussi plus de 25 ans que vous existez en tant que Brainstorm. Quel est votre secret pour cette longévité ?

Sans être mièvre, je pense que notre « succès » vient du fait que nous sommes amis avant d’être des musiciens qui jouent dans un groupe. Nous passons beaucoup de temps ensemble même quand nous ne sommes pas en tournée. Nous faisons de la moto ensemble et nos enfants se connaissent et grandissent ensemble.

C’est aussi pour cette raison que vous repartez en tournée avec Primal Fear ?

Oui, on se connait vraiment bien et on sait à quoi s’attendre. C’est agréable de partir en tournée avec des personnes que tu connais et que tu respectes en tant qu’êtres humains et en tant que musiciens. On offre aussi aux fans ce qu’ils veulent avoir comme les autres tournées avaient bien fonctionné avec cette constellation-là.

Enfin notre question rituelle : Beatles ou Rolling Stones ? Et pourquoi ?

Les Beatles pour leur écriture de morceaux et les Rolling Stones pour leur style de vie ! Les deux groupes représentent quelque chose de différent.

On peut donc partir du principe que tu n’as pas le style de vie déluré des Rolling Stones ?

Ce serait difficilement compatible avec une vie de famille ! (rires !)

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Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

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