BlackRain : « On ne savait pas à quel point les gens voulaient nous revoir. »

De nos jours, il est plus en plus fréquent de voir des artistes reprendre leur destin en main, et c’est exactement ce que les mecs de BlackRain ont décidé de faire ! Forts de leurs dix ans de carrière et d’expériences diverses et variées dans tous les domaines du « rock business », ils ont lancé, fin 2014, une campagne de financement participatif via le site Pledge Music. Une démarche inédite pour un artiste français, mais qui s’est cependant soldée par un vif succès. En effet, grâce à la formidable mobilisation de ses fans, le groupe originaire d’Annecy pouvait boucler le budget d’enregistrement de son 5ème album qui sortira le 25 mars 2016 !

Une nouvelle fois produit par Jack Douglas (Aerosmith, Cheap Trick, The New York Dolls et John Lennon) « Released », titre de ce nouvel opus qui sera disponible sur UDRMusic, connu pour être la maison de disques de légendes telles que Motörhead, Europe, Saxon, Skid Row ou Annihilator.

Côté scène, le samedi 12 mars 2016 BlackRain se produira au HRH AOR, un festival qui se déroulera à Pwllheli dans le nord du Pays de Galle. Après avoir partagé la scène avec Quiet Riot, Gilby Clarke et Dan Reed Network, nos 4 Frenchies donneront quelques concerts en Angleterre et ne manqueront pas d’assurer la promo de « Released » outre-Manche :

13/03 – Birmingham / Scruffy Murphy avec Damn Dice

16/03 – Lowestoft / Claremont avec Damn Dice

17/03 – Manchester / Rebellion avec Damn Dice

18/03 – Londres / Barfly avec Damn Dice & Chase The Ace

19/03 – Nottingham / Salutation Inn avec Damn Dice & Chase The Ace

En France, le 10 juin 2016, BlackRain participera à la première édition française du festival Download. Frank Frusetta, le batteur de BlackRain, nous a accordé quelques minutes avant son départ en Angleterre.

BlackRain2015-Horizontal_Sitting

Bonjour Frank ! Je vous avais interviewés la dernière fois en 2013 (à relire ici). Que s’est-il passé depuis ?

Bonjour Nathalie ! Il y a eu beaucoup de changements ! Tout d’abord nous travaillons avec une nouvelle équipe. On a changé pas mal de gens qui bossent avec nous et notre management. Nous avons repris le contrôle de notre musique et on a repris les rênes de notre carrière. Entre 2013, on a gagné beaucoup de fans mais on en a perdu aussi et notamment ceux de la première heure. Il fallait remédier à ça.

Vous allez bientôt partir en Angleterre. As-tu des appréhensions ?

Pas vraiment, on a vraiment hâte d’aller là-bas et de bosser avec nos contacts sur place ! Notre but pour 2016, c’était de faire le plus de dates possibles et cette petite tournée aux UK, c’est vraiment l’idéal. Nous aimerions passer à l’internationale comme la plupart des groupes de rock, donc on s’en donne les moyens. Nous voulions faire le plus de dates possibles mais on a constaté que les petites salles de 200 personnes par exemple nous faisaient défaut.

Comme je suis à la batterie, je suis généralement au fond de la scène derrière, mais j’aime bien observer les gens. Je regarde ceux qui sont au milieu et derrière aussi. J’essaie de décrypter les expressions faciales, voir si le morceau marche, s’il doit être un peu accélérer ou au contraire le ralentir un chouia. Au-dessus de 1.000 personnes, c’est vraiment stressant par contre. Tu as l’impression d’être en face d’une seule et même entité. Tu es sur scène et tu t’adresses à un flux d’énergie. Tu donnes et tu en reçois beaucoup. C’est ça qui est flippant.

Parle-nous de l’évolution du style de musique de BlackRain à travers le temps !

Aux débuts de BlackRain, on faisait du heavy metal avec des tendances un peu prog. Nos morceaux faisaient 6-7 minutes et il y avait des riffs de fou. On mettait de la double-pédale partout. On s’est nettement calmé par la suite. Aujourd’hui avec l’album « Released » on continue de mettre des choses du heavy metal qu’on aime, mais on n’hésite plus à mettre d’autres accents ou influences qui nous plaisent. On aime bien les Beach Boys ou les années 60 en général, le guitariste par exemple il aime bien Lady Gaga. Il va sûrement me tuer pour avoir dit ça ! (rires !) Sinon, on aime bien Queen, Muse, les Rage Against The Machine. Sans pour autant jouer ces différents genres, on a essayé de mettre les choses qu’on voulait sur les maquettes déjà dès le départ.

C’est un peu pour cette raison le titre « Released » ? Vous êtes « libérés…. délivrés… » ?!

Oui, absolument ! (rires !) Nous ne voulons pas être ingrats, « Incroyable Talent » nous a permis de faire énormément de choses et surtout de nous faire connaître. Par contre nous avons peut-être aussi pris des décisions trop hâtivement. Nous avons dû céder certains de nos droits et on a eu l’impression d’avoir moins d’emprise. On sait que beaucoup de groupes ont les mêmes problèmes que nous, beaucoup galèrent comme on a galéré. Il était temps qu’on reprenne les choses en main. D’où aussi les menottes ouvertes sur la pochette.

 

Si tu devais choisir un morceau de l’album qui correspond à ton humeur du jour, tu prendrais lequel ?

Le parfait exemple de notre connivence au sein-même du groupe c’est sans aucun doute cette surprenante, et très personnelle, reprise de « For Your Love », le classique des Yardbirds que nous aimons beaucoup.

Pourquoi ce choix de faire une campagne participative sur Pledge Music ?

On a eu l’opportunité de bosser avec Pledge et on a tout de suite adhéré au projet et à leur façon de travailler. Il faut savoir que nous ne gagnons pas du tout notre croûte en vendant nos albums. C’est le cas d’ailleurs pour la plupart des artistes. Nous, on vit du merch et et de nos concerts. Grâce à cette campagne, on est devenu beaucoup plus proche du public.

Que penses-tu personnellement de ces campagnes participatives ?

Avec les réseaux sociaux, moi aussi je suis pas mal d’artistes et c’est vraiment sympa de suivre leur quotidien et de voir ce qu’ils font de leurs journées. Il est loin le temps du syndrome des artistes des années 80 qui étaient intouchables et inatteignables.

Il y a de plus en plus de gens qui sont prêts à mettre de l’argent pour soutenir les artistes qu’ils aiment. Les gens veulent participer à un projet qui est concret et qui leur fait plaisir. Ces campagnes participatives sont très claires et chacun sait dans quoi il met son argent. Le fait qu’il y ait des fans qui nous suivent et qui ont contribué à notre album, ça nous a motivés à fond ! Avant cette campagne on ne savait pas à quel point les gens voulaient nous revoir. On a tissé des liens avec certains fans aussi. Après les concerts, il n’est pas rare qu’on boive une ou deux bières avec eux.

Enfin notre question rituelle : Beatles ou Rolling Stones ? Et pourquoi ?

Il n’y a pas longtemps j’aurais probablement choisi les Rolling Stones mais après avoir écouté les Beatles, il n’y a pas photo. J’aime les chansons qui peuvent être reprises en chœur par tous. Malheureusement les paroles des Rolling Stones ne m’ont jamais marqué.

 

 

 

Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *