Plugs, encore un truc Electro-machin élitiste? Sûrement. Mais quand le groupe en question est mené par Morgan Quaintance, un touche-à-tout ultra-doué, possédant une connaissance du Rock et un feeling électronique acéré, pas de problème, on veut bien faire partie de l'élite. Associé à un univers visuel intense (Morgan verse aussi dans l'art contemporain, forcément), ce groupe de l'East-End londonien nous fascine par ses mélodies accrocheuses et ses synthés analos détonnants, entre Gorillaz et Depeche Mode. Alors, on vous emmène outre-manche?
C'est après plusieurs singles salués par la critique, que le duo britannique s'est jeté dans l'aventure de l'album éponyme. Difficilement classable, entre Electro, Hip-Hop et musique de films, c'est Ben Hillier (
Blur,
Depeche Mode, …) qui s'est attaché à aider à la production de ce son si particulier qui peut aussi bien nous emmener dans le Bronx que devant une Game Boy ou dans un studio Rock enfumé. Difficile en ce moment de faire la part des choses entre tous les duos «Electro» qui peuvent naître, celui-ci a pour gros avantage de mettre en scène des artistes mûrs pour la scène et ayant une large connaissance musicale, dans des univers variés.
Alors on part facilement avec eux, fan de Rock ou accroc au Dance Floor, cet opus éponyme s'écoute tout seul, à coup d'un titre par-ci par-là ou de l'ensemble d'une traite. De l'excellent «Set Fire» qui mêle Chip-Music et refrains Pop-Rock ultra-efficaces, à l'ultime et énorme «White Light» et son univers entre
Enio Morricone et les
Dandy Warhols, toute la palette des émotions musicales y passe. Et on ne verse pas dans le Dubstep juste pour coller à son époque, ce qui devient de plus en plus rare... On groove terriblement sur les cut-offs de «Rise Up», on se déchaîne sur les guitares abrasives et l'écho New Wave de «Free Tibet», on se détend au son des ritournelles légères de «Molecule Man» ou on se perd dans le psychédélisme de «Black Microdots», il faudrait vraiment en vouloir pour ne pas y trouver son compte quelque part dans cette frénésie de réalisations mutiples dans un ensemble étonnamment cohérent...
Effectivement, le cachet Krautrock, esthète électronique et un peu complexe au niveau des choix de production en fera fuir plus d'un... mais on peut aussi y trouver une solide caution Abstract Hip-Hop et un potentiel aux remixes qui peut réconcilier tout le monde, car les beats de
Plugs sont extrêmement bien réalisés. Et cette ambiance absolument visuelle, ce travail des voix totalement réussi (le mélange des voix à la
REM de «Return»!) font qu'il y a forcément quelque chose qui vous fera vibrer sur cet album... L'originalité réside dans l'association de choses parfois improbables, et surtout l'utilisation de mélodies familières, qui nous procurent un sentiment à la fois nostalgique, mais aussi d'appartenance à un univers musical ultra-moderne. Une pépite discographique à se fournir sans peur et sans reproche, et qui pourra de toute façon s'avérer bien utile pour vous rendre intéressant lors d'un vernissage d'art contemporain, par exemple...
.: Tracklist :.
1.Agree To Be
2.On And On
3.Set fire
4.Rise up
5.Free Tibet
6.Molecule Man
7.Black Microdots
8.Rainbow Bridge
9.Return
10.White Light