 Que de chemin parcouru depuis le punk-rock brouillon de Bouc Emissaire en 1995 ! Quatorze ans plus tard, Punish Yourself est devenu une véritable référence hexagonale, autant pour son rock’n’roll à zombies que pour ses prestations scéniques, sauvages, fluo, sexy et sans retenue. Après la bombe Sexplosive Locomotive, d’aucuns attendaient du groupe qu’il reproduise jusqu’à l’usure le même schéma ; c’était bien mal connaître Punish Yourself puisque ses trois derniers albums ne relèvent que peu de comparaisons entre eux. Et c’est tant mieux : ce Pink Panther Party a de quoi étonner et tout défoncer sur son passage. Contrairement à son titre farfelu, ce sixième opus des Toulousains s’imprime dans une hargne écartée généralement en second plan depuis Sexplosive Locomotive (2004). Les beats technoïdes sont définitivement rangés au profit de sonorités plus brutes, sèches, accentuées par des rythmes agressifs et l’omniprésence des guitares. Si les ambiances s’avèrent bien moins variées que sur les précédentes productions, elles se fondent néanmoins dans un ensemble cohérent mais ne souffrant pas de répétitions abusives. Glacial et cradingue, Pink Panther Party rompt avec les compositions plus mélodieuses explorées sur Gore Baby Gore ! (2006), se retrouvant davantage vers les contrées brutales de Ministry, de Skinny Puppy, de KMFDM ou encore de Dexy Corp_, tout en préservant une identité propre. Punish Yourself s’affuble d’un cyberpunk eighties terriblement moderne et percutant, sans doute également plus metal et rock’n’roll.
Bien que quelques clins d’œil au passé se retrouvent d’amblée (« (My Name Is) Legion », par ailleurs un des morceaux les plus réussis, et son côté « See Ya Later Alligator », ou encore « Satan Buddies » reprenant des teintes similaires à « Old Brother Left Hand »), la violence de Pink Panther Party se dote de quelques éléments nouveaux, en attestent « Zmeya » et ses cordes froides noyées dans l’amas (on est loin de la grandiloquence bouffonnesque de : Wumpscut :, pour ne citer que lui), ainsi que le hardcore « This Is My Body, This Is My Gazoline ». Pas franchement d’attaque pour minauder sur des berceuses, VX prend du coffre et ne laisse, sinon aucun, que peu de répit ; les voix sont musclées et occupent complètement leur place. On pourrait parfois regretter une production un peu inégale sur certaines pistes, mais qu'importe.
Pink Panther Party nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur, mais il y a fort à parier que personne ne résistera à l’apocalyptique « Welcome To Now », à « (My Name Is) Legion » et à « This Is My Body, This Is My Gazoline » , hymnes imparables qui devraient faire fureur en live. Un des meilleurs albums de Punish Yourself, et le plus excitant depuis Sexplosive Locomotive. .: Tracklist :. 01. ...Than A Thousand Suns 02. Shiva Only Is God 03. End Of The Western World 04. (My Name Is) Legion 05. A Russian Lullaby (feat Ambassador 21)
06. Zmeya 07. Born In Thorns, Torn To Pieces 08. Deadmeatpetroleum 09. This Is My Body, This Is My Gasoline 10. Satan Buddies 11. You Ain't Got Me 12. Welcome To Now |
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