| Ecrit par Peter,
le 06-06-2009
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Favoris : 71 |
Pour son Love Revolution Tour, Lenny Kravitz avait posé sa guitare et ses lunettes noires au Zénith de Nantes, l’occasion parfaite de voir la grosse machine de guerre sur scène. Après 20 ans de carrière, déjà, est-il toujours aussi énergique ? Ses frasques avec Madona ou Vanessa Paradis sont déjà bien loin, ses gros gros hits aussi. Mais un concert best of de Kravitz reste un moment musical assez extraordinaire, quand on connait les qualités de showman de l'artiste !
En première partie on a le droit à un Chris Cornell en solo, qui tente de défendre le bide de son dernier album Scream. Première partie de luxe, donc, et qui, contre toute attente, fonctionne vraiment bien. Par contre, le public attend clairement Kravitz, car on a une fosse molle au possible avec tout juste quatre ou cinq personnes qui sautillent. Chris est arrivé bien bas à faire le chauffeur de salle, dommage car le concert est bien, mais le public ne suit pas du tout. Durant son set on aura le droit à quelques morceaux de choix, dont sa reprise de « Billy Jean », celle de « Be Yourself », où le public semble ravi d’entendre de nouveau du Audioslave. Ainsi qu’une chanson plus lourde à la production Timbaland, qui rend (oh miracle !), mieux en live qu'en CD, mais dont a très vite oublié le titre.
 C’est finalement une épreuve cruelle que la première partie pour un artiste qui a pourtant joué avec les plus grands et rempli des stades en sold out. Sa voix est vraiment bien posée en live et casse moins les oreilles à la longue que sur album. Il est de plus accompagné par un bon groupe, mention spéciale au bassiste, par contre ils sont obligés d'être deux guitaristes pour prendre la place de Morello sur les versions d’Audioslave ! Chris assure le show et monte même sur la grosse caisse de la batterie pour tenter de réveiller le public. Malgré tout cela, ça restera une première partie comme une autre pour les spectateurs.
Effectivement, le public était vraiment venu pour Kravitz, car dès la vision de son ombre sur le côté de la scène on a le droit à des cris affolés, des hurlements hystériques, mais fallait-il s'attendre à autre chose ? Dès les premières chansons le ton est donné, ça groove, il y a des cuivres, Lenny a une présence scénique imposante. Ajouté à cela des effets de lumières stroboscopiques à tout va, et voilà c'est le gros show à l'américaine ! Le public reste tout de même bien statique, malgré l'énergie des musiciens déployée sur scène. Il enchaîne avec le titre « Love Revolution » joué au ralenti au départ, ce qui donne un côté assez compact et lancinant à la chanson, avant de la faire exploser. 
Il est alors temps d’un petit moment Milka avec « It Ain't Over 'Til It's Over », où il tente de faire chanter un public décidément non anglophone. C'est chaleureux, il enchaîne les tubes avec facilité, il n'a pas vingt ans de carrière derrière lui pour rien, et nous vide tout son répertoire, piochant dans tous ses albums, avec bien sûr sa reprise de « Ain’t No Sunshine When She’s Gone » de Bill Withers, qui met en ébullition l’assistance féminine. En compagnie de son guitariste chevelu, qui assure le show à merveille, ils enchaînent les gros tubes dès le début ! Et en effet, on voit Lenny qui sort de l'eau, torse nu, ah non je m’égare on n’est pas dans le clip de « I Belong To You », mais la chanson garde en live sa touche ultra sensuelle, notre chanteur sait charmer son monde. D’ailleurs, il sort la guitare acoustique pour un moment légèrement mièvre avec le morceau « If You Want It », qui ravit le public. Puis on assiste à un petit moment étrange et consensuel où il descend dans la fosse pour ne rien faire de spéciale.
Lenny tente à plusieurs reprises de faire chanter la salle, mais c’est en vain, car le public n’arrive même pas à répéter les paroles d’un Pink Floyd, pourtant archi connu. Il est alors temps de se mettre au piano pour un « All My Live » qui se voit affublé d’un solo de guitare, bien sympa, mais qui dure une éternité, et comme le dit le dicton punk : « Life is too short for guitar solo ». La fin de concert se fait un peu plus rock avec un « Mama Said » joué à fond, suivit d’un « American Woman », sur fond de lumières patriotiques. Gros moment rock parfaitement interprété, Lenny n'est pas rouillé et on sent que son show est parfaitement rodé. Si bien qu’en bon poseur il remet ses lunettes de soleil et se fige devant les photographes, avant d’envoyer un « Fly Away » au final très électrique.
 Il est alors l’heure des rappels, pour un concert qui durera plus de deux heures tout de même ! On commence par du calme, mais très soul avec « Stillness Of Heart », pour finir en beauté par un dernier rappel explosif. Cela grâce au tube rock par excellence « Are You Gonna Go My Way », Kravitz revient armé de sa guitare Flying V et de plein d'effets de fumée. Le morceau se poursuit en jam enflamée, pendant laquelle il s'amuse à prendre des photos du public (comme le jour d’avant).
On est plus ici seulement à un concert, mais à une représentation musicale, sans doute perd-on en sincérité, mais on gagne en grand spectacle. Un concert qui se finit en pur rock américain, grandiose et qui efface les quelques langeurs du show. Au final un concert comme on se doit d’attendre d’un musicien comme lui, avec une bonne setlist qui mêle du nouveau et de l'ancien, du calme et du plus rock, un bon compromis pour une setlist best of efficace ! Photos de Anirudh Koul et de Malla Mi. |
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