| Ecrit par Peter,
le 04-06-2009
|
Favoris : 76 |
Qu’on se le dise, Nosfell est un OVNI, rarement un artiste aura si bien réussi à retranscrire son univers et sa langue en musique, mis à part Christian Vander avec Magma et son Kobaïen. De retour avec un album éponyme qui clôt un triptyque commencé il y a quatre ans avec Pomaïe Klokochazia balek, Nosfell nous dévoile une facette plus rock de sa musique.
Eh bien oui, Nosfell est un magicien après tout. En treize titres, nous sommes encore plongés en plein Klokochazia (son monde, vous l’aurez compris) et comme à chaque fois, c’est un plaisir immense de retourner dans ce pays merveilleux, où il nous conte les aventures de ses habitants. Entre mélange rock et beatbox qui côtoie le côté punk des Atari Teenage Riot (« Lūgina »), ballade folk et celte (« …Jüsila ») ou chanson world (« Maridūs »), Nosfell réussit une fois de plus à emporter totalement l’auditeur.
Petite discussion à brûle-pourpoint avec l’ami Gogolito sur nos impressions à chaud :
La tête embrumée, en fin de journée, je me rends dans un troquet tout aussi brumeux, malgré l’interdiction de fumer. Ça tombe bien, j’avais envie de m’en griller une ! Bref, je suis là pour attendre mon camarade Gogo, pour notre rituel de fin d’après-midi printanière. Tiens, le voilà, c’est lui qui passe la porte. Je lui fais signe, pour lui indiquer que je suis déjà adossé sur un coin du zinc. Après un échange de politesses (comprenez la bise), on peut enfin se pencher sur les derniers CDs qu’on a reçus, car on n’est pas seulement là pour faire un peu plus de mal à nos foies, vous vous en doutez bien, mais surtout pour bosser… un peu :
Peter : Alors ce nouveau Nosfell, tu l’as reçu, t’en penses quoi ? Je le trouve quand même plus rock moi, mais ça sonne bien…
Gogo : Oui, plus rock ça c’est sûr, en tout cas sur le démarrage ! J’ai eu un peu peur de trouver un son répétitif avec ce premier titre. Changer pour du rock c’est bien, mais faut pas que le Mister Nosfell parte sur un pseudo Queens Of The Stone Age. Heureusement il me contredit vite, car dès le quatrième titre on repart sur de l’acoustique proche du premier opus.
On se commande, bien entendu, un truc à boire… et donc on s’arrête un moment pour discuter avec le serveur, qui semble intrigué par notre discussion.
Peter : Ouais, il faut qu’il garde son univers tout en évoluant. D’ailleurs on entend quand même des bribes de guitares du premier album sur la seconde piste (« Sūbilūtil ») et la onzième (« La Romance des Cruels ») entre autres. Mais en parlant des QOTSA, c’est quand même énorme qu’il soit le premier à avoir fait chanter Brody Dalle et Josh Homme sur un même album !
Le serveur, toujours dans les parages, tend plus précisément l’oreille, car il est fan des QOSTA.
Gogo : (Au serveur) Tiens, pour l’anecdote il nous en a parlé en interview il y a un mois. Pour te résumer l'histoire, il a eu comme réalisateur Alan Johannes, le bassiste des QOTSA et producteur de pas mal de choses. C'est une grande famille, et donc pendant que Nosfell enregistrait dans la maison d'Alan, des amis passaient. Notamment Brody Dalle qui venait faire des prises de son pour un nouveau projet nommé Spinorette, ainsi que Josh Homme. Le trio s'est formé de façon très familiale, on n'a pas ici un featuring histoire de dire qu'il l'a fait.
Le serveur : Putain, j’ai hâte d’écouter ça !
Peter : Ouaip, la chanson est vraiment bien, d’ailleurs on a bien du mal a différencier les voix de Nosfell et de Josh. Mais encore une fois on retrouve des influences vraiment variées comme du beatbox sur le premier titre, une sorte de ukulélé sur le cinquième titre ou encore du gros rock saccadé et moderne sur l’avant dernier morceau. Il s’en sort pas mal avec un album un peu moins hétéroclite qu’avant…
Gogo : Je suis assez d’accord, mon enchaînement préféré est dans le milieu de l’album entre le quatrième et le sixième titre. Ça me rappelle un peu le premier disque très acoustique. C'est sûrement le point fort de ce nouvel effort, c’est fort d’arriver à mélanger les sons de ses deux précédents efforts, du coup y'en a pour tout le monde ! Après peut-être que les fans de la première heure ne vont pas tout suivre, mais il risque de s'en faire des nouveaux.
Peter : J’imagine, j’ai vraiment hâte de voir ce que les nouveaux morceaux peuvent donner en live, car il va devoir tourner avec une vraie formation rock…
Le Serveur : Vous savez ce qu’il a prévu sur scène ?
Gogo : On ne sait pas grand-chose encore sur la prochaine tournée. Mais avant, il tournait avec Pierre Le Bourgeois qui en plus du violoncelle, assurait aussi des parties de basse. Il avait aussi Orkhan Murat à la batterie pour quelques titres. Donc on avait déjà une formation qui commençait à être plus ou moins rock. D’ailleurs durant l'interview, il nous a confié qu'il n'aura visiblement aucun complexe à passer de titres très acoustiques à ceux très rock.
Peter : C’est vrai, mais certains titres méritent quand même une orchestration plus rock n’ roll qu’auparavant, en tout cas ça va être intéressant à voir ce mélange de styles sur un set. D’ailleurs, Pierre Le Bourgeois le suit depuis ses débuts, j’aime vraiment beaucoup son jeu. Sinon, c’est quand même un plaisir de retrouver sa voix qui part dans tous les sens. C’est vraiment un caméléon, notamment le passage sur la piste 8, où il fait des vocalises à la Brigitte Fontaine, c’est assez amusant.
Gogo : Effectivement, mais tu as saisi le but de l'album ? En fait, il clôture son triptyque. Depuis dix ans maintenant, il parle de son univers, Klokochazia, qui est une grande île en fait. On y rencontre des personnages, il conte des anecdotes, et avec cet opus il développe un peu plus la psychologie de chaque personnage. Bon ceci dit je suis toujours incapable de comprendre un quart de ce qu'il raconte en Klokobetz, même avec la traduction.
Peter : Sans rentrer dans les détails et buts de l’album, cet effort éponyme est quand même une bonne surprise, le son est plus changeant qu’avant et en même temps on retrouve tout ce qui fait son univers depuis le début.
Gogo : En effet, les pistes sont vraiment variées, et il étend sa musique à de nouvelles choses. En tout cas, c’est sûr, il n’a pas fini d’évoluer !
Le Serveur : Eh bien, je suis curieux de voir de quoi il en retourne du coup.
Peter : Oui, en plus, il a eu un temps de maturation plus long que les précédents, et ça se ressent beaucoup, rien n’a été laissé au hasard. Sans être son meilleur album, le premier étant inégalable, Nosfell nous livre ici un disque touchant, toujours aussi captivant et avec en plus cette petite pointe rock, qui ne fait pas de mal, bien au contraire !
.: Tracklsit :.
01. Lugina 02. Subilutil 03. Alajlisalaj 04. Arimlisliilem 05. Suanij... 06. ...Jusila 07. Bargain Healers 08. Olyasetilan 09. Maridus 10. Kodalit 11. La Romance Des Cruels 12. Hejnoita 13. Avadenlis |
|
|
Excellent album
Ecrit par: Erwan le 04-06-2009
» Signaler ce commentaire à l'administrateur
» Répondre à ce commentaire