| Ecrit par Shad,
le 07-04-2009
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Favoris : 33 |
 Comme le néo-métal il y' a maintenant plus de dix ans, la mouvance deathcore/emocore a envahi les oreilles et le look vestimentaire des jeunes métalleux, tout en "gruik-gruik", casquettes ricaines et mèches trop larges. Et comme pour le néo-métal, on trouve de tout parmi les groupes qui s'engouffrent dans la vague, par opportunisme ou adhésion joyeuse, intègre et spontanée au mouvement. The Eyes Of A Traitor ( TEOAT) sont sans doute pleins de bonne volonté, mais font partie de ceux qui synthétisent tout ce qu'il y' a de dispensable dans le genre. Les cinq anglais ont pourtant des compatriotes du même âge capables d'accoucher de véritables perles de violence et d'inventivité ( Bring Me The Horizon, Architects, Annotations Of An Autopsy...). L'inverse, en somme, de A Clear Perception. Pour rester dans la comparaison avec le néo-métal, TEOAT se rapproche avec cet album de ce que pouvait offrir Linkin Park (pardon aux fans): de la soupe. Certes bien cuisinée et agréablement servie par la production. Mais de la soupe quand même, aux ingrédients fades versant tragiquement dans la mollesse facile malgré quelques points positifs. La batterie de Sam Brennen, d'abord, assez originale dans ses structures mid-tempo et ses variations à la double. Le chant de Jack Delany, varié, particulièrement intense dans les graves. Et des grattes dynamiques et techniques, même si parfois simplistes et lorgnant trop clairement du côté des aînés (le solo à la sous-Death sur « Like Clockwork », celui à la Nevermore sur « Escape These Walls », et beaucoup de riffs à la Slipknot).
Mais malgré ces aspects sympathiques, on s'ennuie très vite. A Clear Perception surjoue la carte mélodique mainstream et n'en corrige aucun défaut. Les morceaux s'enlisent dans des structures éculées, censées aérer les passages énervés: nappes de claviers, transitions en guitares claires sur fond de beats électros, paroles murmurées... Des éléments qui n'ont rien de condamnable en soi. Sauf quand ils prennent une forme déjà mille fois entendue et qu'ils occupent la moitié des compos. Ce qui pose problème lorsque l'autre moitié se concentre elle aussi sur l'émotion adolescente, avec des guitares aux textures mélodiques qui s'évertuent à alimenter la bande-son des années lycées du teenager métalleux. Le clou est définitivement enfoncé avec le morceau « Decorus » à la moitié de l'album, avec ses boucles de clavier omniprésentes (très LinkinParkiennes) son tempo lent et son chant hurlé introspectif. Tout ça est mou, très mou, trop mou, et complique la tache du chroniqueur désireux de s'intéresser à la suite - qui contient quand même certains moments de bravoure appréciables (« Hands Of Time », « The Impact Of Two Hearts »).
A Clear Perception sera loin de trouver sa place dans les discothèques des deathcoreux extrêmes. Mais il a au moins le mérite de dresser un portrait assez fidèle de ce que toute une génération élevée au myspace écoute comme métal mélodique, facilement accessible et rapidement jetable. On imputera ce calibrage au manque de maturité des musiciens de TEOAT (moins de vingt ans en moyenne). Ils ne semblent pas pour le moment avoir l'ambition de jouer pour un autre public, et ne disposent manifestement pas du grain de folie et de la puissance qu'ont certains groupes du même créneau (Bring Me The Horizon). Tant pis, donc, pour le reste des auditeurs potentiels, soit pas mal de monde, qui auront du mal à trouver chez eux quoi que ce soit de marquant.
.: Tracklisting :. 01 Under Siege 02 Like Clockwork 03 With Different Eyes 04 Escape these Walls 05 Decorus 06 Misconceptions 07 Echoes 08 Hands of Time 09 The Impact of Two Hearts 10 A Clear Perception
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