| Ecrit par Shad,
le 21-03-2009
|
Favoris : 44 |
 On avait compris avec The Price Of Existence, sorti en 2006, qu’ All Shall Perish n'était pas un groupe de deathcore calibré à coup de gel et de pantalons trop serrés. Le niveau de cet opus en avait bluffé plus d’un. Il a permis aux cinq californiens de gagner en crédibilité et en renommée, grâce à des instruments sous amphètes bien plus techniques et originaux que sur Hate Malice Revenge (leur premier album, 2003). Les fans en redemandaient, et attendaient avec une certaine impatience la suite des hostilités. Trois albums en cinq ans, c'est peu par rapport au rythme où certains enchainent les sorties pour profiter du créneau. Composé pendant les tournées 2007, qui ont pris fin tragiquement en Australie avec la mort du chanteur et d’un roadie de The Red Shore (amis et groupe d'ouverture d' ASP) dans un accident de minibus, Awaken The Dreamer est arrivé pendant une rentrée 2008 déjà chargée en sorties métal. Impossible, pourtant, qu'il soit passé inaperçu. Avec cet album, All Shall Perish a manifestement décidé de passer un cap, de réfléchir à l'identité de sa musique pour lui donner une nouvelle approche. La première écoute surprendra les fans, même si la filiation avec The Price Of Existence est directe en terme de production et de mixage (un son énorme et percutant, grâce encore au travail de Zack Ohren aux Castle Ultimate Studios d'Oakland). Le propos demeure brutal, mais un souffle novateur, calme et introverti parcourt les compositions, structurées par une batterie mid-tempo particulièrement en forme dans ses breaks et sa double pédale. Un seul morceau renoue avec l'intensité des débuts ( «Stabbing To Purge Dissimulation »), ici et là se trouvent quelques relents de blast beats bien sentis («When Life Meant More», et «Gagged, Bound, Shelved and Forgotten», les deux titres les plus classiques). Ce seront les seules références du batteur à son passé brutal, Matt Kuykendal se plaisant désormais à improviser constamment sur la base du fond rythmique mid-tempo: la colonne vertébrale d'Awaken the dreamer.
Pour les guitares, la technique est prégnante avec une explosion de solos et de structures tournant dans les aigus, sur fond de gros riffs coreux et cassants, traditionnels mais efficaces. Mais les grattes n'en restent pas là et prennent également le chemin assumé de la mélodie à coloration heavy – et non pas celui du death mélodique, pillé à outrance par le metalcore. Certaines compos se tournent vers les grandes heures d'un métal plus facilement accessible, certes, mais empreint d’une identité émotionnelle forte et originale («Awaken The Dreamer», «Until The End», et «Black Gold Reign» avec son clin d'oeil appuyé à la voix typée Iron Maiden). Des passages en guitares et chant clairs font leur apparition («Memories Of A Glass Sanctuary») et s’avèrent être des morceaux à part entière, bien plus que des interludes classiques du genre, souvent sans saveur. On en vient même à penser au post-hardcore-rock de Pelican sur l’instrumentale «The Ones We Left Behind», c’est dire. La voix suit cette évolution, en conservant l'alternance maîtrisée du guttural / criard (les puristes regretteront le manque de gruik-gruik) mais en n'hésitant plus à donner dans le calme ou le haut perché, pour un résultat des plus réussis («Awaken The Dreamer»).
Que les adeptes du gros son se rassurent: Awaken The Dreamer reste bien un bon album de deathcore au groove puissant et briseur de nuques. Néanmoins, et c'est là toute la valeur du CD, les réfractaires aux évolutions musicales iront voir ailleurs tant All Shall Perish dépasse les cadres d'un genre qu'il a contribué à mettre en place avec Hate Malice Revenge. Diversification, expérimentation, création d'une nouvelle dynamique musicale sont ici les règles, autour des deux piliers fondamentaux du disque que sont l'ouverture mélodique et le mid-tempo rythmique. Certains reprocheront au groupe de mettre de l’eau de son vin et ne le suivront pas dans cette voie, malgré une qualité évidente véhiculant une nouvelle charge émotionnelle qui ne se rapproche en rien du formatage mièvre. Les autres prendront avec bonheur cette trop courte bouffée d’air frais (36 minutes), on ne peut plus bienvenue dans le renouveau de la scène extrême. .: Tracklist :. 01 - When Life Meant More 02 - Black Gold Reign 03 - Never… Again 04 - The Ones We Left Behind 05 - Awaken The Dreamers 06 - Memories Of A Glass Sanctuary 07 - Stabbing To Purge Dissimilation 08 - Gagged, Bound, Shelved And Forgotten 09 - Until The End 10 - From So Far Away 11 - Misery’s Introduction 12 - Songs For The Damned
|
|
|