acheter viagra
Carte blanche à Pascal Pacaly
Appréciation des utilisateurs: / 8
FaibleMeilleur 
 

Ecrit par Peter, le 22-10-2008

Favoris : 73


Rock StoriesPour la sortie de son prochain livre Rock Stories vol. 1 et 2 nous laissons la parole à Pascal Pacaly, qui va s’exprimer sur le monde de la musique en général. Nous avons de plus eu l’occasion de lui poser quelques questions sur la musique dite « numérique » et sur l’avenir du disque.

Bon. Comme je le dis toujours, la musique, y’a rien de mieux. C’est vrai quoi, quand on voit comment tout ça part en couille, comment le monde est devenu un barbelé si pâle, y’a pas à dire, la musique, partir là-bas, là-haut avec les étoiles, y’a vraiment rien de mieux, trouvez pas ?

Le pire dans cette histoire, c’est que même la musique, ils sont en train de la bousiller. Et quand je dis ils, je veux bien sûr parler de ces marionnettistes aux poches pleines qui nous font croire qu’on devient si beau et si géant rien qu’en passant à travers cet écran un peu trop sale, cette fois-ci. Sérieux, y’a vraiment rien de plus déprimant de voir que mêmes nos rêves, ils les ont mis au fond des caves, six pieds sous terre. Parce que quoi, putain, regardez tous ces mômes qui veulent un bout de papier, un bout de peau d’encre de celui ou celle qui a eu son ticket perdant d’un quart d’heure de gloire. Car si on se souvient des derniers, qui se souvient encore des premiers ?

Tout ça c’est de la foutaise. Tout le monde le sait mais ça n’empêche que ca marche. Mais c’est pas grave. C’est pas grave parce qu’à côté de ça y’en a qui baissent pas les bras, qui se battent contre la dose quotidienne de somnifère-tv ingurgitée aux beaux naufrages. Parmi ceux-ci, y’a des groupes de musique. De vrais groupes je veux dire. Qui en veulent, qui veulent pas crever la bouche ouverte, qui ont faim de rêves, faim d’envoyer balader tous ces codes à la con dont dame société nous ingurgite vomi après vomi. Alors, ils s’y noieront, la tête première, pour fermer les yeux et s’immerger dans de nouveaux mondes, des mondes meilleurs, forcément. Et puisqu’il faut bien rêver jusqu’au bout, alors il ou elle prendra le micro, il ou elle branchera la guitare, l’ampli et tout le reste. Et bientôt les anges s’envoleront dans les airs, s’y retrouveront dans le même ciel, le même courant. Electrique et atomique. Voyez, un peu comme une grande lueur qui viendrait tous nous éclairer un peu beaucoup.

Pour moi le rock c’est ça. Une philosophie de la vie, la vision commune d’une interlude. Pop, glam, métal ou rock, peu importe. Au fond ce sont les branches du même arbre. Ce qui compte c’est le rêve qu’on veut faire passer, la foi qu’on y met, la rage à se vider les tripes sur cette alliée-nation qui crève à petit feu sur les Grands Costumés qui s’en rendent heureux.

Rock Stories, c’est un peu tout ça… voir le monde à travers leurs yeux, sentir, appendre les épopées tragiques et mystiques. Etre l’un d’eux au moins une fois. Etre à la guitare, à la basse, à la batterie ou au micro. Etre un héros qui pourrait bien changer tout ça, encore au moins une fois. Etre au sommet d’un rêve, au sommet d’une montagne qui bougerait, qui tremblerait sur les larsens de la vie. Parce que malgré tout la vie est belle, et rien que pour ça, ça méritait bien de l’écrire.

Soyons littéraires, soyons musiciens et comme le disait le combiné, crachons le venin !

Pascal Pacaly.

Entretien :


Peter - Faisant partie de l’univers musical de par tes écrits, que penses-tu de l’industrie musicale actuelle, et quelle mutation penses-tu qu’elle va prendre ?

Pascal Pascaly - Bah tout ça c’est un beau bordel. Pouvoir d’achat qui se fait la malle, cd un poil trop cher, faut pas s’étonner que le marché du disque se fasse la malle lui aussi. Et c’est pas pour rien non plus qu’on nous met maintenant des cds à six , sept euros… Quant à la mutation, on est en plein dedans… sauf qu’on sait pas ce que va devenir la bête… On va proposer des cds avec un super packaging, des trucs comme ça… mais quand t’es fauché sur les bords, packaging d’enfer ou pas, ça sert pas à grand chose. Après tu vois on te dis téléchargement légal 1 euros la chanson… sauf que si tu veux l’album en entier ben ca te revient quasi au prix du cd en magasin, le boiter et la pochette en moins… et puis franchement, quand on peut télécharger gratos sans se faire capter, les mecs vont pas aller chercher plus loin. Tu regardes le porte-monnaie et tu vas là ou c’est moins cher. La vraie solution est de baisser les prix, sauf que c’est l’artiste qui va trinquer encore une fois….

Peter - Sinon comment vois-tu le cas Radiohead ou NIN, qui peuvent vraiment se permettre de « donner » leur musique car ils ont déjà une base de fans, et de gros moyen pour les épauler. Penses-tu que cette démarche, fort louable, est seulement réservée à des artistes aguerris ?

Pascal Pascaly - Bah d’après ce que j’ai  compris, Radiohead, quand ils ont vu que l’énorme majorité des gens donnait que dalle lors du téléchargement, je crois que ça leur a fait un peu tout drôle… Après bien sûr, c’est une bonne idée, c’est sûr… mais encore faut-il arriver à leur niveau…Et puis comme je le disais je crois pas qu’il vont pouvoir faire ça pour tous leurs albums… Artistiquement beau mais commercialement suicidaire. Et on sait tous que l’art, chez les maisons de disques, c’est pas vraiment vraiment la philosophie du truc.

Peter - En un sens comment penses-tu que cette « nouvelle » pratique va évoluer dans les mois ou les années à venir, est-ce que l’on va vers la fin des albums sous forme physique, à terme, selon toi ?

Pascal Pascaly - Peut-être… y’a eu le vinyl, les cassettes audios, le cd périra comme les autres… sans doute un peu plus lentement… Je pense qu’on a encore du temps devant nous vu le prix des nouvelles technologies. C’est con, mais dans cette histoire tout est toujours lié au fric. Déjà que les ventes de cds chutent je vois mal les gens investir dans une nouvelle technologie qui coûterait la peau des fesses. Et puis regarde, dans les années 80, quand on parlait de l’an 2000 on voyait des voitures pas polluantes, on voyait des visiophones partout… et finalement ben rien a changé. A part Internet ou les mobiles on est toujours dans le même bordel, si ce n’est pire… Bref, on a encore une bonne décennie de cd devant nous je pense…

Peter - Comment les artistes présents dans tes livres perçoivent-ils ce bouleversement, si tu as eu l’occasion d’en parler avec eux ?

Pascal Pascaly - En gros ils comprennent mais ça les fait chier quand même. En clair, tu télécharges pour écouter et si tu aimes tu achètes. Mais bon, il y a longtemps que plus personne ne se fait d’illusions.

Extrait « Klyde » :

A force de regarder les gens passer devant moi, j’ai remarqué que la plupart d’entre eux ont peur des araignées. Pour ma part ces petits êtres à huit pattes sont depuis longtemps mes seules et plus fidèles amies. Elles viennent me caresser, se frotter sur mes vêtements et je ressens alors un souffle de liberté sur ma bouche ; enfin, quand elles y viennent dessus. Deux fois, deux fois seulement un être humain m’a pris dans ses bras. La première, c’était une petite fille d’à peine dix ans. Ses longs cheveux noirs semblaient toucher le sol et ses yeux bleus étaient la plus belle chose que j’avais jamais vue. Me prenant dans ses mains, elle me souleva dans les airs. Je voyais ses pupilles m’ausculter, me pénétrer. Apparemment elle me trouvait à son goût : elle m’adressa le plus beau des sourires et me déposa sur le sol. Nous avons joué des heures et des heures cette après-midi là, un peu comme si le temps s’était arrêté. À vrai dire, j’aurais aimé que l’horloge qui hantait mes nuits de son bruit mécanique cessât enfin. Oui, que le temps s’arrête à jamais et qu’un paradis éternel prenne vie dans ce grenier avec à mes côtés mon amie qui continuerait à parler de tout et de rien, à me parler comme deux amies d’enfance se parlent. Un instant, un bref instant je crus qu’une larme coula sur ma joue. Mais il n’en était rien. Ou alors Justine – c’était son prénom – ne le remarqua pas. Justine qui décida de m’appeler Juliette. Hélas, le rêve s’acheva quand les aiguilles de l’horloge sonnèrent les douze coups de minuit. Des voix s’élevèrent alors dans le noir et bien vite un tumulte en chassa un autre. Des pas lourds se firent entendre dans les escaliers. […]

C’est comme cela que je pus quitter le sac et voir David. Le concert était fini depuis plus d’une demi-heure et le groupe se trouvait sur un banc en train de parler à des fans. Quelques gouttes de pluie tombaient sur la rue blanchie par la lune. Les murs étaient recouverts de graffitis et des journaux traînaient sur le sol. Je m’approchai d’eux et de Justine. Celle-ci me regarda sans me reconnaître. Je n’en revenais pas. La transformation devait être parfaite. David racontait comment il en était venu à la musique… Il expliqua qu’étant né à Cavaillon, dans le Sud, le rock pur et dur c’était pas vraiment ça. Là-bas, c’est plus la soupe au rock pastis ou des choses comme la Mano Negra qui passent. Sa cousine Nathalie l’avait initié au rock, ou plus exactement à la New Wave. Entre les deux, y’avait sept ans d’écart. C’est pour ça qu’a à peine huit ans, David connaissait déjà pas mal de groupes comme Cure ou Indochine. «  J’étais un môme assez solitaire, j’avais ni frère ni sœur, alors, forcément, je me suis pas mal rapproché de mes cousins et cousines que justement, je considérai comme frères et sœurs. » On sentait que David était super ému quand il racontait tout ça. Sa cousine, Nathalie, elle a eu un terrible accident de voiture et elle est morte. Pour David comme pour tout le monde, ç’a été un sale coup, vraiment très dur à avaler. Restait la musique, celle dans laquelle on se réfugie pour oublier tout ça. Cure et Indochine, encore et toujours. Pour le côté sombre, pour l’ambivalence sexuelle. C’est d’ailleurs Cure qui donnera envie à David de monter un groupe, surtout suite à cet album, Seventeen Seconds, qui contient des compositions de parfois huit minutes qui mirent une véritable claque à l’enfant plein de rêves.

Extrait « Ed-äke » :

Il s’avéra qu’il en savait pas mal puisque, selon lui, la plupart des membres du groupe avaient fréquenté le lycée où je me trouvais… Il me raconta qu’il se souvenait parfaitement de Dimitri pour l’avoir eu dans sa classe, ou du moins pour l’avoir vu y faire des passages. Dimitri, on ne pouvait pas le louper tant son look était différent des autres. Apparemment il était fan de ce groupe, Iron Maiden, qu’il avait découvert après un bref passage par la dance, comme tous les autres d’ailleurs. Il portait ces fameux tee-shirts avec Eddie dessiné dessus et ses cheveux (à Dimitri) étaient comment dire… longs. On le vannait pas mal à cause de ça mais il s’en fichait. Il était le seul dans ce trip et bien sûr, quand vous sortez de la masse, vous vous faite de suite remarquer. Il était donc devenu « celui-qui-écoute-de-la-musique-de vieux », celui pas forcément dans le coup, mais qui avait au moins le mérite d’être en accord avec lui-même.

Il me raconta ensuite ce qui arrive souvent à la plupart d’entre nous quand on se trouve au collège ou au lycée. En effet, de manière incompréhensible, il arrive parfois qu’avec certains types – que vous ne connaissez même pas en plus – vous ne pouvez pas vous blairer. Et y’a aucune raison à cela. On se cherche des poux, on s’épie comme si on était en compétition ou quelque chose de ce genre. Bref, l’adolescence dans toute sa splendeur. C’est ce qui s’est passé avec Étienne.

Étienne était « connu » pour jouer de la gratte et au fond, sans doute que ce n’était pas pour rien dans le fait qu’il soit le meilleur ennemi de Dimitri. Apparemment, les deux prenaient le même bus matin et soir pour aller et rentrer de l’école.

Voilà tout que ce l’homme savait. Je le remerciai pour tous ces renseignements et ingurgitai une dernière tasse de café avant de me jeter dans l’arène. Le soir venu, je décidai d’essayer d’en savoir plus sur cette histoire. L’histoire de Ed-äke. Je demandai donc aux lunettes noires et carrées s’il ne connaissait pas quelqu’un aurait des informations plus complètes. Il me dit qu’oui, que cette jeune fille qu’il me montrait du doigt devait pouvoir répondre à mes attentes. Cette jeune fille était l’une des surveillantes du bahut et lorsque je lui parlai du groupe, elle me regarda tout d’abord d’un drôle d’air, du genre « ne serait-ce pas une nouvelle technique pour me draguer ? » Parce que ouais elle était sacrément bien roulée, ce qui bien sûr n’était pas pour me déplaire. Après l’avoir assuré du sérieux de ma démarche, elle soupira et m’avoua qu’elle les connaissait bien pour avoir traîné un peu avec eux…

.: Links :.

MySpace
Skyblog



Partage cet article :
Reddit!Del.icio.us!Facebook!Slashdot!Netscape!Technorati!StumbleUpon!Newsvine!Furl!Yahoo!Ma.gnolia!Free social bookmarking plugins and extensions for Joomla! websites!

   
Citer cet article sur votre site
Favoriser cet article
Imprimer l'article
Envoyer cet article à un ami
Articles similaires
Sauvegarder sur del.icio.us

Commentaires utilisateurs  Fil RSS des commentaires
 

Evaluation utilisateurs

 


Ajouter votre commentaire
Nom
E-mail
Titre  
 
Commentaire
 
Caractères restant: 600
   m'avertir par mail si ce commentaire est suivi
  Veuillez répondre à la question:
EJY         MIC      
H 2    P    A     3BF
KWU   RX1   I37      
M G    3    J D   3EB
LR1         RP3      
   
   

Aucun commentaire posté



mXcomment 1.0.9 © 2007-2010 - visualclinic.fr
License Creative Commons - Some rights reserved
< Précédent   Suivant >

Album du moment

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

Evénement

Advertisement
 

Vidéos

Dernières vidéos