Avec l’EP acoustique Redemption, Walls Of Jericho avait fait un pari risqué. Bien que l’exercice de style n’ait été pour certains que moyennement concluant, le choix n’aura cependant en rien influencé sur les délais de The American Dream, qui débarque seulement quelques mois après ce court intermède récréatif. Un doute subsistait cependant concernant la véhémence du discours avancé par le quintet, que l’on aurait pu imaginer moins ravageur suite à ces quelques échappées dans les limbes de la mélancolie. Pourtant et malgré les tendances actuelles, Walls Of Jericho ne semble définitivement pas enclin à lever le pied.
Les premières secondes de l’introduction de The American Dream (« The New Ministry ») emballaient pourtant leur proie dans un écrin de mélodies glaciales et cotonneuses. Une technique subtile et vicieuse, comme pour mieux l’endormir afin de lui broyer subitement et brutalement les os. Car a l’instar de son très bon prédécesseur With Devils Amongst Us All, le nouvel opus des américains ne fait pas dans la concession et montre une nouvelle fois une véritable volonté de ne pas sombrer dans les pires clichés du genre. S’il s’est paré avec les années d’une robe lorgnant d’avantage vers des sphères metal qu’à ses débuts, Walls Of Jericho reste avant tout furieusement hardcore et le prouve à l’aide d’une petite douzaine de compositions en forme de véritables uppercuts. Riffs en acier trempé galopants, mosh parts assassines et breaks ravageurs, les compositions de The American Dream tabassent à cent à l’heure et sans emprunter de détours inutiles, dopées par une production à la puissance dévastatrice (« The American Dream », qui présente un refrain absolument irrésistible, « A Long Walk Home », « II The Prey »). Si le tout ne présente rien de foncièrement orignal, et encore moins de radicalement nouveau par rapport aux précédentes livraisons de la formation, Walls Of Jericho demeure indiscutablement l’indétrônable artisan d’un hardcore thrashisant ultra-efficace et jubilatoire.
Pour autant, le quintet compose avec une certaine finesse et adjoint à sa musique une haute teneur en variations, évitant de ce fait les répétitions propres aux morceaux construits autour d’un unique riff coup de poing, aussi efficace soit-il. Walls Of Jericho n’oublie en effet pas les (quelques) cassures rythmiques ainsi que les (timides) envolées de guitares, le quintet servant un tissu instrumentale parfois (légèrement) moins convenu que chez la concurrence (le fabuleux pont de « A Long Walk Home » et sa savoureuse montée en puissance). Mais Walls Of Jericho se dresse surtout en leader de part l’inimitable prestation de son pilier féminin. Les vociférations de l’enragée Candace Kucsulain résonnent durement dans les tympans, la chanteuse s’en donnant à cœur joie dans les hurlements fusant de toute part. Séquelles assurées en à peine plus de deux couplets, tant la demoiselle se complait étrangement à ne pas utiliser une facette mélodique pour laquelle elle avait pourtant témoigné d’un certain talent sur Redemption. Une intégrité qui force le respect, bien que Walls Of Jericho ne puisse désormais plus se passer d’un traditionnel morceau acoustique (« The Slaughter Begins ») qui bien qu’agréable ne revête pas d’une véritable utilité. Situé en fin de course, ce dernier ne romps cependant en rien la cohérence de l’album, par ailleurs à toute épreuve tant chaque composante s’enchaîne sans temps mort.
Avec The American Dream, Walls Of Jericho en fout une nouvelle fois plein la gueule. Bien que lessivé, on en ressort néanmoins avec une étrange démangeaison. Celle d’appuyer une nouvelle fois sur la touche lecture, histoire de se prendre une nouvelle tarte en pleine face, ou tout simplement de se refaire pulvériser les côtes par les précédents opus, quasiment aussi bons que cette nouvelle livraison. Walls Of Jericho est décidément l’un des groupes de hardcore les plus constants de ces dernières années.
.: Tracklist :.
01. The New Ministry 02. II The Prey 03. The American Dream 04. Feeding Frenzy 05. I The Hunter 06. Famous Last Words 07. A Long Walk Home 08. III Shock Of The Century 09. Discovery Of Jones 10. Standing On Paper Stilts 11. Night Of A Thousand Torches 12. The Slaughter Begins
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Cet article a été publié le 15-08-2008. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Cet article a été favorisé 4 fois. Vous pouvez laisser un commentaire.