| Ecrit par Peter,
le 13-05-2008
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Favoris : 82 |
Tout d'abord, cet album a eu une genèse chaotique, en effet l’opus a bien faillit ne jamais voir le jour à cause de problèmes internes. Le groupe ayant été à deux doigts de se séparer plus d’une fois durant les quatre années qui séparent Evil Empire du premier effort. La principale raison étant le problème que Zack De La Rocha éprouve à être signé chez une grosse major, ce qui va à l’encontre de ses principes, même si d’un autre côté le fait de dénoncer la machine de l’intérieur et à grande échelle le séduit. Ainsi les premières sessions d’enregistrement terminées le groupe décide de tout jeter et d’en finir pour un moment avec le groupe, pour ensuite revenir sur leur décision et retravailler ensemble. Mais voilà Zack est parti dans un fort au Chipas aider l’armée Zapatiste à défendre les droits des paysans mexicains, ce qui se fera beaucoup ressentir dans ses textes. C’est donc dans cette ambiance orageuse que le groupe décide enfin de mettre toutes leurs rages et leurs querelles au service de la musique, pour donner jour à onze morceaux vifs et criants de colère. C’est dans cette ambiance tendue tant au niveau du groupe, qu’au niveau d’un public gavé par le début de la vague "néo" et dénonciateur du méchant groupe signé sur une major, qu’arrive cet album. Déjà la pochette de l’album, comme pour le premier album, intrigue : quel est donc cet "evil empire" et qui est donc ce personnage sur la pochette ? Le titre de l’album est en fait un propos de Reagan à propos de l’URSS, que le groupe va retourner contre les USA, car selon une doctrine à laquelle le groupe adhère, ils sont l’état le plus terroriste au monde pour bien des raisons. Ensuite le personnage de l’artwork est Ari Meisel, étudiant à l’école internationale des Nations Unies de New York, posant en parfait soldat de l’empire du mal pour sauver les USA, le dessin est dérivé d’un personnage du Comics Crimebuster. Le groupe dénonce par là le rêve américain, qui fait croire, à tort, au peuple qu’eux aussi seront un jour des héros. Le livret lui aussi est très significatif de leur pensée, avec une liste de livres que le groupe conseille. RATM est là pour faire de la musique mais aussi pour faire passer un message et ouvrir les yeux à leurs fans. Ave cet album d’entrée de jeu on sent un son plus brut, qui sera la principale critique à l’époque, mais qui confère à l’album une énergie hors du commun. Evil Empire commence donc très fort par ces paroles très significatives "Yeah, we better turn tha bass up on this one". Le ton est donc donné avec l’intro de "People Of The Sun" et son riff de guitare plutôt inhabituel fait avec une clé Allen, ainsi que ses paroles lourdes de sens qui racontent l’histoire du peuple d’Amérique Latine, le peuple du soleil. La seconde et mythique piste, "Bull’s On Parade", et son fameux solo de guitare façon scratch de DJ, commence par un "Come wit' it now. It's not 'quit it now', for goodness sake" incendiaire. La chanson quasi parfaite montre tout ce que sait faire de mieux le groupe, tout y est, le chant mi-rappé mi-hurlé, la rythmique funky et lourde, ainsi qu’une guitare imaginative et enchantée. Le titre suivant "Vietnow" met d’ailleurs en avant cette rythmique, avec la basse lourde de Tim Bob, ainsi que la batterie survoltée et jazzy à la fois de Brad Wilk. Sur le titre "Revolver" nous nous rendons vraiment compte qu’un des atouts majeurs du groupe est cette guitare, si particulière qu’elle en vient à ne plus ressembler à une guitare. Zack De La Rocha, en parfait maître de cérémonie, entraine le groupe dans des courses-poursuites avec les autres instruments, comme c’est le cas avec "Tire Me" ou bien "Roll Right". Mais le groupe sait aussi se faire plus posé et pesant, avec des morceaux comme "Down Rodeo" et "Whithout A Face", faisant d'autres fois preuve d’un sens du groove particulièrement prenant, comme sur "Snake Charmer". Les sons de guitares ingénieux et improbables arrivent à leur comble en fin d’album avec le titre "Year Of Tha Boomerang" et un son proche d’une cornemuse (précisant à cet effet comme sur l’éponyme que "all sounds made by guitar, bass, drums, and vocals"). De nouveau Tom Morello armé de sa pédale Whammy nous sort des sons étranges qui accompagnent des solos enchanteurs et des riffs heavy. Tout cela contrebalancé par un flow absolument impeccable de Zack, comme à son habitude. Tous les musiciens sur ce disque sont mis en avant et offrent le meilleur de ce qu’ils savent faire. Malgré une conception houleuse le groupe montre qu’ils sont plus que jamais en fusion dans leur musique et dans un message politique aussi clair qu’explicite. C’est donc onze titres, onze bombes incendiaires lancées à la face du monde, onze "pavés dans la mare", et tout simplement encore onze excellents morceaux que nous sert Rage Against The Machine. Cinq singles seront d’ailleurs tirés de cet album, ce qui est quand même relativement rare à l’époque et qui montre tout de même les qualités de ce disque. Souvent décrié, cet album reste malgré tout un disque exceptionnel. Avec cet opus les RATM nous offrent un nouveau chapitre à leur pamphlet révolutionnaire entamé avec leur album éponyme. Evil Empire est un album décrié à sa sortie à cause de la montée du néo-métal, ainsi que de leur signature chez une major, chez qui ils sortent un second opus. Ils sont à cette époque, encore plus que pour leur premier opus, traités de vendus. Evil Empire fut donc sous-estimé à sa sortie pour ces multiples raisons, mais bien entendu pas pour très longtemps. Ainsi, même bien des années plus tard il reste un album majeur du rock des années 90, un disque urgent, violent et empreint d’une colère révolutionnaire qui résonne encore aujourd’hui. Malgré des conflits de personnalités internes RATM a su avec cet album mettre à profit ses tensions. C’est donc ainsi que le groupe a découvert qu’ils ne pourraient jamais cesser de jouer ensemble, cela malgré les disputes ou les pauses comme nous le prouvera la suite de leur carrière. Toutes les paroles sont lourdes de sens, documentées et riches en réflexion. Cela n’étant pas possible de tout mettre dans une chronique, je vous invite à lire les commentaires où les livres du livret y sont listés, ainsi que le sens des paroles de chaque chanson de l’album. Vous pouvez d'ailleurs trouver d'autres informations sur le groupe ici. .: Tracklist :.
01. People Of The Sun 02. Bulls On Parade 03. Vietnow 04. Revolver 05. Snakecharmer 06. Tire Me 07. Down Rodeo 08. Without A Face 09. Wind Below 10. Roll Right 11. Year Of Tha Boomerang |
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Liste complète des livres dans le livret
Ecrit par: Peter le 09-05-2008
Mau Mau War Perspective: Frank Ferudi - The Aesthetic Dimension,
Toward a Critique of Marxist Aesthetics: Herbert Marcuse - The Fire
Last Time, 1968 and After: Chris Harman - The Media Monopoly: Ben H.
Bagdikian - 50 Ways To Fight Censorship: Dave Marsh - Hegemony and
Revolution: A Study of Antonio Geamsci's Political & Cultural Theory:
Walter L. Adamson - The Mismeasure of Man: Stephen Gould - Che
Guevera, A New Society, Reflections for Today's World: David
Deutschman, Editor - The Marx-Engels Reader, 2nd ed.: Robert C.
Tucker, Editor - What Uncle Sam Really Wants: Noam Chomsky - Amazing
Grace, The Lives of Children and the Conscience of a Nation:
Jonathan Kozol - Marxism and the New Imperialism: Alex Callinicos,
John Rees, Chris Harman, Mike Haynes - Rules for Radicals: Saul D.
Alinsky - A People's History of the United States: Howard Zinn - The
Lorax: Dr. Seuss - East Los Angeles, History of a Barrio: Richard
Romo - Killing Hope: US Military and CIA Interventions Since World
War II: William Blum - Race for Justice, Mumia Abu-Jamal's Fight
Against The Death Penalty: Leonard Weinglass - Guerilla Warfare:
Che Guevera - Zapata of Mexico: Peter E. Newell - Malcolm X Speaks,
Selected Speeches and Statements: George Breitman - Marxism and the
Press, Oppression of Women, Toward a Unitary Theory: Lise Vogel -
Inevitable Revolutions, The United States in Central America: Walter
LaFeber - The Chomsky Reader: James Peck, Editor - Chicano Politics,
Reality and Promise 1940-1990: Juan Gomez Quinones - The Wretched of
the Earth: Franz Fanon - What is Communist Anarchism?: Alexander
Berkman - Soledad Brother, The Prison Letters of George Jackson:
George Jackson - Fidel and Religion, Conversations With Frei Beuo:
Frei Betto - Narrative of the Life of Frederick Douglass, An American
Slave: Frederick Douglass - Democracy is in the Streets: James
Miller - Capital, Volume One: Karl Marx -The Black Panthers Speak:
Philip S. Foner, Editor - Keeping The Rabble in line, Interviews
with David Barsamian: Noam Chomsky - Walden and Civil Disobedience:
Henry David Thoreau - Darkness at Noon: Arthur Koester - The Culture
of Narcissism, American Life in an Age of Diminishing Expectations:
Christopher Lasch - Play it as it Lays: Joan Didion - The State and
Revolution: V.I. Lenin - Soul on Ice: Eldridge Cleaver - Kwame
Nkrumah, The Conarky Years, His Life and Letters: Compiled by June
Milne - Revolutionary Suicide: Huey P. Newton - The Anarchist
Cookbook: William Powell - Manufacturing Consent, The Political
Economy of the Mass Media: Edward S. Herman and Noam Chomsky -
Portrait of the Artist as a Young Man: James Joyce - Another Country:
James Baldwin - The Grapes of Wrath: John Steinbeck - The Armies of
the Night: Norman Mailer -Invisible Man: Ralph Ellison - Rebellion
from the Roots, Indian Uprising in Chiapas: John Ross - First World
Ha! Ha! Ha! The Zapatista challenge: Elaine Katzenberger, Editor -
The Teachings of Don Juan, A Yaqui Way of Knowledge: Carlos
Castaneda - Tropic of Cancer: Henry Miller - Johnny Got his Gun:
Dalton Trumbo - Essays in Existentialism: Jean-Paul Sartre - How
Real is Real? Confusion, Disinformation, Communication: Paul
Watzlawick - Ghost of a Chance: William S.Burroughs - Popism, The
Warhol Sixties: Andy Warhol & Pat Hackett - Chicana Falsa and
Other Stories of Death, Identity, and Oxnard: Michele M. Serros -
Promissory Notes: Women in the Transition to Socialism: Sonia Kruks,
Ranya Rapp, Marilyn B. Young, Editors - Gay New York: Gender, Urban
Culture, and the Making of a Gay World: George Chauncey - This
Bridge Called my Back: Writings by radical women of color: Cherrie
Monzaga, Gloria Anzaluda, Editors - Miles, the Autobiography: Miles
Davis - The Sixties Papers, Documents of a Rebellious Decade:
Judith Clavir Albert and Stewart Edward Albert - The Graphic Work:
M. C. Escher - The Anarchist Cookbook: William Powell - Bob Marley
Spirit Dancer: Bruce W. Talamon - Dali, The Paintings: Benedikt
Taschen, Robert Taschen.
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