Misery Speaks ne fait pas les choses à moitié lorsqu’il s’agit de donner un aperçu de la teneur de son second opus. Catalogue Of Carnage, le nom se montre plus qu’alléchant et prometteur. Tout le problème restait de savoir si ces quatre fringants conquérants du death mélodique pourraient se frayer un chemin à travers jusqu’à la porte de la reconnaissance, la file d’attente s’étalant déjà à perte de vue. Si l’on prend en compte le seul facteur d’originalité, surement pas. Mais côté efficacité, les teutons envoient la purée. Et même plutôt bien.
Le nom du disque ainsi que son artwork sont en effet bien là pour nous rappeler que le quintet allemand produit du gros son qui tache, et que ce n’est pas en raison d’une mèche soigneusement rangée arborée par son guitariste que les bonhommes vont nous placer quelques mielleuse mélopées dans les esgourdes afin de contenter un public gavé au metalcore made in USA. La formation applique pourtant en partie certains aspects inhérents au mouvement, épinglant à son tableau de chasse quelques plans qui bastonnent sec, mais témoigne par ailleurs d’un penchant death mélodique construit autour d’étendues pilonnées par une guitare ultra-lourde et puissante (« Engraved In Stone », point fort de l’album). Double-pédale omniprésente et rythmiques saccadées ponctuées de riffs acérés, les couplets ressemblent inévitablement à des centaines d’autres. Misery Speaks tartine sans surprise des guitares presque chantantes lorsque vient le temps d’un couplet à la virulence amoindrie (« Lay This Burden Down », « Guilty As A Sin »), mais ne conserve néanmoins pas toujours le pied sur l’accélérateur. Un choix parfois malvenu tant il se rend coupable de cassures au sein de composition, option néanmoins mieux exploitée lorsque les musiciens conservent ce tempo d’un point à l’autre du morceau. Couplet / Refrain / Couplet / Break… La formule dont se fendent ces cinq jeunes abonnés à la saturation témoigne certes d’un manque d’originalité plus que prononcé ainsi que de quelques défauts, mais ce Catalogue Of Carnage parvient pourtant à se forger une identité ainsi qu’un véritable intérêt de par sa puissance de feu.
Misery Speaks emballe son second opus avec un talent de composition plutôt satisfaisant, déroulant dix morceaux coups de poings qui sans transcender s’avèrent inscrits dans une politique de décrassage auditif ininterrompu plutôt plaisante. Car à contrario de leurs voisins de Caliban, Misery Speaks ne cède pas à la tentation si malheureuse des mélodies faciles, bien que quelques guitares plutôt faiblardes ne viennent s’immiscer de ci et là. Le point noir demeurera plutôt rare, et le chant de l’ami Claus est de toute façon là pour en effacer rapidement le souvenir. Point de refrain prompt à endormir un insomniaque dopé aux amphétamines, le frontman hurle sans répit, affichant une relative ainsi que réelle amplitude dans les tonalités les plus graves (« The Scavenger », « Fall Of Envy », l’extrêmement catchy « To My Enemies »). Dommage que le groupe n’est pas poussé plus loin le travail sur les échappées de guitares, qui demeurent au final aussi plates qu’anecdotiques, tant l’on sent les musiciens capables d’une meilleure démonstration technique.
Catalogue Of Carnage obtient une mention honorable, à défaut de s’avérer inoubliable. Si le manque d’innovation difficile à éviter face à la stagnation de la mouvance n’entache en rien les chances de Misery Speaks, le quintet souffre encore de quelques défauts. S’il parvenait à s’en dédouaner, le prochain album pourrait bien néanmoins se hisser à la hauteur des leaders du death mélodique. Prometteur.
.: Tracklist :.
01. The Scavenger 02. Sentiment Is Missing 03. Guilty As A Sin 04. To My Enemies 05. Lay This Burden Down 06. Catalogue Of Carnage 07. Engraved In Stone 08. Sounds Of Brutality 09. Storm Of Ideals 10. Fall Of Envy
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Cet article a été publié le 12-01-2008. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Cet article a été favorisé 63 fois. Vous pouvez laisser un commentaire.