#Report : Trust au Trianon (Paris) le 9 novembre 2017.

Pour fêter ses 40 ans, le légendaire groupe français de hard-rock Trust a assuré pas moins de cinq concerts dans la Capitale, du 6 au 10 novembre, chaque soir dans une salle différente. Vacarm était présent au Trianon le 9 novembre. Si le groupe a connu plusieurs line-ups tout au long de sa carrière, son noyau dur reste le duo Bernard Bonvoisin, alias Bernie (chant), et Norbert Krief (guitare), alias Nono, entourés ce soir du tout jeune Christian Dupuy à la batterie, du bassiste aux pieds nus David Jacob, du guitariste Ismaila “Izo” Diop et de trois jeunes choristes.

Beaucoup de monde devant la scène à mon arrivée au Trianon et pas de pit-photo, je me glisse à l’étage. Le public, essentiellement masculin et d’un âge déjà respectable, espère certainement retrouver ce soir la fougue de sa jeunesse.

C’est le fils de Nono, David Sparte, qui a la lourde charge de réchauffer la salle ce soir. Auteur, compositeur, interprète, sa musique mélange blues, pop et hip hop. Rappelons qu’en 2014, il a signé la composition et la production de l’album de son père, le bien nommé « Father n’ Son ». Après avoir sorti plusieurs singles, David Sparte entreprend aujourd’hui la réalisation de son premier projet auto-produit, un EP intitulé : « Out Of The Box ». Entouré de musiciens talentueux et charismatiques, David Sparte va délivrer un set efficace et de qualité, sous le regard attentif de son père qui n’en perd pas une miette, debout derrière les amplis sur le côté de la scène. Le public accueille avec bienveillance l’artiste, qui terminera sa prestation en proposant de l’aider à boucler son projet artistique par un financement participatif. On ne peut que lui souhaiter de réussir et de s’inscrire à son tour dans la légende du rock français.

Mais place aux revenants, les révoltés de Trust, un des rares groupes ayant osé, il y a 40 ans, faire rimer hard-rock avec français, entraînant dans son sillage des milliers d’ados bouillonnants pour lesquels « Antisocial » va devenir plus qu’un « tube », un véritable hymne. Lorsque le groupe entre en scène, le public lui fait une véritable ovation. Dès le premier titre, on est rassurés, Bernie n’a pas perdu sa voix et Nono fait toujours pleurer sa guitare à coup de solos et riffs bien énergiques comme on les aime. Côté tenue de scène, bob et chemise à fleurs pour Bernie et chemise rouge pour Nono. Entourés de musiciens talentueux mais discrets, le groupe va démarrer avec un nouveau titre, « l’Archange », bien rock, et un « ni dieu ni maître » dans le refrain qui nous rassure, Trust ne s’est pas embourgeoisé. Vient ensuite une interprétation sans faille de « Marche ou crève » qui me ramène pas mal d’années en arrière. A ce moment là du concert, je réalise à quel point Trust a manqué dans le paysage musical français. Et qu’ils ont bien fait de revenir.

Le groupe va interpréter un mélange de classiques (« Au nom de la race », « Fatalité », « Comme un damné », « Certitude… solitude » et le mythique « Antisocial » en final), de titres plus récents (« La mort rôde », « Le temps efface tout ») et d’autres du prochain album « FHaine », qui devrait sortir début 2018 (« Démocrassie », « Exterminateur »).

Une particularité ce soir, la présence de trois choristes pour cette seule date, les nommées Gladys, Falone et Rashad, avec lesquelles le groupe va explorer des sonorités un peu plus soul, au risque de déstabiliser un peu une partie de son auditoire venue pour du bon gros hard rock qui tâche. Bernie le dit lui-même, il avait envie de mettre un peu de miel dans Trust. Et c’est vrai qu’il a l’air heureux ce soir et particulièrement détendu. Avant le rappel, les choristes vont descendre de leur scène surélevée et rejoindre le groupe pour se livrer à quelques vocalises avant d’interpréter avec Bernie une reprise d’Albert King « The Hunter » et honnêtement c’est plutôt réussi. C’est ce moment que Bernie choisit pour tomber enfin la chemise sous laquelle il porte un débardeur « Justice pour Adama, sans justice vous n’aurez jamais la paix », nous voilà donc rassurés, un peu de miel peut-être mais la rage est toujours là. C’est d’ailleurs bien le nom de cette tournée ! Pour clôturer la soirée, avec le très attendu « Antisocial », Trust fera vibrer le plancher et les murs du Trianon et le public hurlera à pleins poumons. Retour réussi pour le groupe, on attend le nouvel album de pied ferme.

Set-list Trust :

  • L’Archange
  • Marche ou crève
  • Fais où on te dit de faire
  • Au nom de la race (1980)
  • L’exterminateur
  • La mort rôde
  • Le temps efface tout
  • Déjà servie
  • Démocrassie
  • Surveille ton look
  • Comme un damné
  • The hunter (Albert King cover)
  • ———–
  • Préfabriqués
  • Certitude … Solitude
  • Antisocial

Merci à Sabrina de Verycords pour l’accréditation.

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