Report : concert de soutien à l’Echomusée de Barbès. Kropol+Les Daltons+Cookingwithelvis

Samedi 3 février, direction le FGO Barbara à Paris (18e) pour un concert de soutien à l’Echomusée de la Goutte d’or (21 rue Cavé 75018), galerie associative et espace d’initiatives culturelles, dont l’avenir est incertain faute de subventions, qui a vu passer, entre autres, Monsieur Chat, Misstic ou Popay. Ce lieu à taille humaine réunit ateliers d’artistes, espace d’exposition, de répétitions et de spectacles pour les artistes plasticiens, musiciens etc. Une équipe de bénévoles, habitants et artistes de bonnes volontés se bat pour que cet espace des possibles continue à vivre dans ce quartier si particulier de Paris : Barbès. L’intégralité des fonds du concert de samedi dernier était donc une petite bouffée d’oxygène pour l’Echomusée, en espérant que les lecteurs de Vacarm domiciliés en région parisienne n’hésitent pas à venir jusqu’à Barbès pour le découvrir. Jusqu’au 20 février, la galerie propose une expo-dédicace aux trois groupes qui se sont partagé la scène samedi dernier : KROPOL TRIO, LES DALTONS & COOKINGWITHELVIS.

Je découvre avec surprise la très jolie salle du FGO, l’ambiance est chaleureuse et détendue, l’organisatrice, adorable, me présente le fondateur de l’Echomusée, j’ai déjà vu plusieurs fois sur scène la tête d’affiche “Cookingwithelvis”, la soirée s’annonce donc plutôt bien !

C’est le groupe de rock/funk/blues KROPOL TRIO qui ouvre les hostilités. Son leader n’est autre que l’ex-tromboniste de la Mano Negra et des Têtes Raides, accompagné de son fils, alternativement à la guitare, à la basse et au chant, et d’un batteur. Le trio, survolté, va offrir un set d’excellente qualité, déployant une énergie incroyable. Il faut voir le fiston sauter dans tous les sens et régaler le public avec des solos de guitare maîtrisés à la perfection. Papa assure au trombone et à la basse et le batteur, tout sourire, n’est pas en reste derrière ses fûts. Entre compos et reprises (notamment une magnifique version de Summertime blues), le set de KROPOL TRIO passe bien trop vite devant un public conquis. Très belle surprise et excellente mise en bouche !

Après une petite pause et un passage au bar (où le tarif des boissons défie toute concurrence !) c’est au tour des Daltons de faire leur entrée en scène. Le groupe, qui a connu son heure de gloire pendant les années 80 aux côtés des Wampas, des Coronados ou des Soucoupes Violentes, s’est reformé en 2012, a sorti un Ep de 6 titres « Jeunesse Perdue » salué par la critique et un album « Objet ancien » en 2016. Le groupe chante en français, dans un style parlé-chanté, et compose des textes décalés aux paroles savoureuses, sur des rythmes punk/rock/garage/new-wave, en réalité leur style est assez inclassable. Pendant toute la durée du set, un soap-movie turc est projeté sur un écran en fond de scène. Sanglés dans leurs « costumes de merde » (mais non c’est juste un de leurs titres !), les Daltons offrent un set tour à tour drôle, cynique, déjanté, provocant, pince-sans-rire, en clair un concert quelque peu inclassable pour le plus grand bonheur du public qui en redemande.

Avec les deux premiers groupes, c’est pour le moment un sans faute pour ce concert de soutien, les avis sont unanimes, tout le monde a pris une sacrée claque !

C’est dans une salle surchauffée et pleine à craquer que la tête d’affiche va faire son entrée à 22h30. J’ai découvert les Cookingwithelvis il y a trois ans, tout simplement sur Digitick, en regardant la programmation des concerts de rock à venir sur Paris, le nom du groupe a titillé ma curiosité et j’ai décidé d’aller à les voir à la Boule Noire sans savoir du tout ce qui m’attendait. Et là mes aïeux, quelle claque ! Je suis repartie cd sous le bras et je ne manque pas d’aller les voir depuis chaque fois qu’ils jouent à Paris où le groupe se produit régulièrement. Les Cookingwithelvis c’est un « cocktail spatio-temporel entre Elvis, Diana Ross et les Stray Cats ». Le chanteur espagnol, parodie du King, en costume 3 pièces, chaussures pointues et banane vacillante sur le crâne, est entouré de deux superbes chanteuses afro/soul en mini-robes pailletées. Le trio ne se prend pas au sérieux et sa prestation scénique déjantée vaut à elle seule le détour. Mais si le groupe n’était qu’une grosse bouffonnerie ça ne fonctionnerait pas. Musicalement, c’est d’une puissance incroyable, instrumentale et vocale. Les musiciens, s’ils restent dans l’ombre du trio de chanteurs, n’en sont pas moins hyper doués et délivrent un solide rock’n’roll aux sonorités punk. Les deux « choristes » offrent une performance vocale hallucinante, l’une d’entre elles notamment, Flora, lorsqu’elle se lâche, rappelle furieusement Aretha Franklin. Et il faut la voir descendre de la scène, magistrale, pour aller embrasser voluptueusement (sur la bouche hein !) un spectateur choisi au hasard. La soirée se termine avec une interprétation hyper rock de Viva Las Vegas du King. Magistral ! N’hésitez pas à vous procurer leur album « Fireman » sorti chez Bullit Records, nul doute qu’il ne quittera plus votre platine !

Le FGO Barbara était définitivement l’endroit où il fallait être en ce pluvieux samedi de février. Non seulement pour donner un coup de pouce essentiel à l’Echomusée, mais aussi pour revoir ou découvrir une scène française bourrée de talent.

Un grand merci à Amélie Rose May pour l’accréditation !

 

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