Live Report – Rock En Seine – Jour 3 – Dimanche 27 août 2017

Déjà le troisième et dernier jour pour cette édition 2017 de Rock en Seine. Grand et beau soleil pour ce dimanche 27 août, direction le domaine de Saint Cloud avec The XX très attendu en clôture.

Alors que le samedi était plutôt porté sur une programmation dominicale, voilà que cette fin de semaine fait place net au hip-hop avec deux artistes émergents et un combo bien connu : Cypress Hill.

Une petite pensée au passage pour le « groupe de l’herpès », rencontré dans le métro. Pauline, Marie, Marion, Henry et Pierre (si je ne me trompe pas), on vous oublie pas les gars. Désolé pour la marche supplémentaire !

Car Seat Headrest

Heure : 15h15 – 16h00

Scène : Scène de la cascade

Ambiance : lunettes de soleil, blasouille

Pourquoi il fallait les voir : Parce qu’il faut bien commencer la journée. Et c’est d’ailleurs un peu ce qu’a l’air de se dire le groupe, Will Toledo, son fondateur en tête. Lunettes de soleil vissées sur la tête, il semble à mille lieux de vouloir entamer un dimanche après-midi dans un festival et semble réciter mécaniquement sa partition. Pourtant le son est bon, la musique agréable, un rock clair, simple et efficace, qui fait très bien le taff finalement pour l’horaire.

ce qui pourrait être mieux : un peu plus de motivation et originalité

où les réécouter : soirée poker rentre potes

 

Rendez Vous

Heure : 16h10 – 16h50

Scène : Scène de l’industrie

Ambiance : démente à tendance son brut années 1980

Pourquoi il fallait les voir :  PARCE QUE C’ETAIT FOU. Du post punk. Brut, calibré mais violent. Des mots hurlés dans le micro, des rythmes binaires qui pénètrent le corps. Rendez Vous était une des grosses découvertes de Rock en Seine pour moi et j’ai été loin d’être déçu. Le son est compact, millimétré, les deux chanteurs balancent à s’en arracher les poumons. C’est bon et efficace, ça colle une patate d’enfer, ça donne réellement envie de sonner partout, d’éclater une rangée de clous avec marteaux (ou tout autre activité capable de bien vous défouler. Cuisiner une tarte aux myrtilles marche aussi, si c’est votre truc). Les mots sont presque psalmodiés, ça tourne dans la tête et ça reste collé quelque part dans la parois crânienne. Non, vraiment, Rendez Vous, je continue à m’en administrer des doses complètes depuis et j’en redemande.

ce qui pourrait être mieux : la même, de nuit, dans une usine à l’abandon en gros.

où les réécouter : devant un ordi, pendant un travail robotique ou en faisant un sport qui défoule

 

Ty Segall (and the segallettes)

Heure : 16h55 – 17h45

Scène : Scène Cascade

Ambiance : détendue, plutôt grosse marrade même

Pourquoi il fallait les voir : Pour cette belle collection de fringues rouges. Pour la petite ressemblance du chanteur avec toutes vos idoles à cheveux longs blonds des années 1990. Niveau son aussi, on retrouve un peu de ça dans le rock proposé par le Californien de trente balais et son équipe. Sur scène, les musiciens jouent en demi-cercle, Ty Segall est sur le côté et regarde ses partenaires, un peu moins le public. Ça groove bien, les guitares saturent un peu, la voix a un petit côté trainant qui va bien avec les instruments un poil bavant. Ça s’écoute plutôt bien !

ce qui pourrait être mieux : ça manque tout de même un chouille de folie tout ça, mais bon, 17h, c’est l’heure du thé

où les réécouter : avec une bière et un billard, ou sur une plage, la nuit

Denzel Curry

Heure : 17h50 – 18h40

Scène : Scène de l’Industrie

Ambiance : BADASS

Pourquoi il fallait le voir : Sûrement parce qu’à 22 ans, Denzel Curry est déjà une pointure dans le game. Première mixtape à 16 ans, vie difficile, en Floride, entouré de la violence policière et de pas mal d’injustice. Autant dire que ça se sent sur scène et qu’on est loin du côté nonchalant de Vince Staples. On a du mal à reprendre son souffle en regardant déambuler Denzel Curry balancer son flow. Pourtant, son sourire et ses dreads, lui conférant un petit air juvénile tranche complètement avec ce qu’il nous envoie dans la gueule. C’est assez bluffant, et Imperial son deuxième album porte déjà bien son nom. La foule est bien présente devant la scène de l’Industrie et on aperçoit même des circle pit réclamés par le rappeur.

ce qui pourrait être mieux : honnêtement, le gus a déjà compris pas mal de chose du milieu et du taff à faire en concert. On pourrait lui reprocher à lui aussi un manque de scéno, mais étant du genre à faire le spectacle à lui seul…pourquoi faire après tout ?

où le réécouter : en roulant en été dans les rues du premier truc urbain qui vous passe sous la main

Rejjie Snow

Heure : 18h45 – 19h35

Scène : Scène du Bosquet (ex-pression live)

Ambiance : je m’en foutiste

Pourquoi il fallait le voir : Rien à voir avec son prédécesseur. Rejjie Snow met bien 10 minutes à se pointer alors que son DJ balance 2-3 sons à la qualité discutable en attendant l’idylle hurlé par son public. L’Irlandais de 24 ans est plutôt du genre Snoop Dog, pas désinvolte, mais pas tout à fait concerné non plus. Il faut dire que son espèce de bob au motif léopard n’aide pas trop à la prise au sérieux. Il délivre pas mal de sourires, propose une prestation convaincante, qui frise néanmoins plus avec le r’n’b que avec du hip-hop plus dur comme ses deux collègues. Sympa, mais un peu moins dans le délire de la journée (finalement).

ce qui pourrait être mieux : un peu moins de désinvolture, même si là encore, ça convient bien avec ce le gus semble vouloir distiller. Fringues, défonce et soirées entre potes

où le réécouter : comme il le dit lui-même, à la Fashion Week

Cypress Hill

Heure : 19h45 – 21h00

Scène : Grande Scène

Ambiance : Californienne. Avec de la weed et des yooo meeeen

Pourquoi il fallait les voir : Parce qu’ils font partis des indéboulonnables du hip-hop mondial. C’est reparti pour un tour – et un nouvel album à venir – pour Sen Dog et B-Real, les deux MC’s du combo. Quatrième rencontre avec le groupe et je dois dire que c’est toujours un succès et un plaisir de les revoir, malgré les tempes grisonnantes. Ils ont la recette et savent toujours aussi bien la distribuer à qui veut l’entendre. Et en ce début de soirée, ils sont nombreux à être venu prendre un cours de cuisine. On a le droit à tous les classiques attendus, Insane in a Brain, Tequila Sunrise, Hits from the Bong et le gros pète de B-Real présent dès les premières minutes et bien sûr un bon gros Rock Superstar en fin de concert histoire de mettre tout le monde d’accord. Entre temps, on a le droit aux classiques remerciements et battle encore la moitié du public acquise à Sen Dog et l’autre dévouée à B-Real, ça crie, ça hurle, ça se défie, ça fait monter la sauce et au final on a un nouveau concert de Cypress Hill réussit.

ce qui pourrait être mieux : les concerts sont relativement similaires. C’est efficace, mais pour celui qui suit toutes leurs tournées, il y a moyen de réclamer un peu plus originalité

où les réécouter : A LA PLAGE

Rone

Heure : 21h00 – 22h00

Scène : Scène de la Cascade

Ambiance : poétique et électronique à la fois

Pourquoi il fallait le voir : personnellement, pour enfin mettre une musique derrière un nom. Après avoir régulièrement croisé le natif de Boulogne-Billancourt (who cares ?) au détour de festivals et d’affiches, il était temps de se caler le temps d’un concert complet face à ce personnage atypique. Pourtant, de prime abord, je pensais être devant un énième set électro, l’originalité se trouvant derrière le mac et la table en acier dû à la présence de lunettes sur le visage de l’officiant du soir (ouais j’ai des jugements hâtifs de merde des fois, et en plus sur le physique). Et puis Rone a déballé tranquillement sa came, a balancé au fil des minutes son univers et j’ai compris cette fille si souriante en train de danser et cette autre en train de faire des bulles de savon. Rone m’avait bien pris dans son piège et lui aussi fait parti des artistes qui ont droit de cité à présent dans mes enceintes (je vous recommande ce live à la Philarmonie de Paris avec musiciens, chanteur et poète. Un régal). Rone arrive à mêler poésie, mélodies et électro pure qui donne malgré tout envie de bouger et de s’éclater. Pas dans le ton d’un Fakear, bien loin de la clique des C2C et autres Birdy Nam Nam, Rone a un peu tracé sa voie (son sillon hein si on veut reprendre les images éculées liées aux vinyles et au genre). On est pas plus étonné que ça de voir Björk ou Jean-Michel Jarre flotter de manière plus ou moins évanescente autour du nom de Rone, tant un peu des deux univers se retrouve dans les compos du Français.

ce qui pourrait être mieux : la version avec musicien de la Philarmonie était vraiment cool :). Un peu plus de scéno sinon, le côté « mec derrière une table » est un peu redondant dans le monde de l’électro et rébarbatif à force.

où le réécouter : sur le toit d’un immeuble, à contempler la ville qui s’endort

The XX

Heure : 22h00 – 23h20

Scène : Grande Scène

Ambiance : sensuelle et envoûtante

Pourquoi il fallait les voir : parce que c’était le concert de clôture tiens ! Et parce que le trio mérite d’être toujours plus connu pour leur musique enivrante. Premier groupe (ou presque) à faire d’une intro un succès, c’est d’ailleurs ce morceau éponyme qui intronise le concert des trois musiciens. Environné par des blancs électriques, les pantomimes de Romy Madley Croft à la guitare et de Oliver Sim à la basse sont hypnotiques. La scénographie met en avant la musique travaillée de The XX et les panneaux amovibles reflétant la lumière de part et d’autre de la scène donne un côté légèrement surréaliste au concert. Musicalement, on alterne entre les deux voix charmeuses aux modulations féminines et masculines des deux leaders, se croisant du regard au fur et à mesure de leurs déambulations face au public. Derrière, Jamie XX aux platines donne bien la réplique à ses deux compères et apporte cette touche de rythme qui donne à chacun l’envie de danser ou tout au moins de laisser son corps naviguer de gauche à droite, les pieds encrés dans l’herbe de Rock en Seine. L’été touche à sa fin, la rentrée arrive à grands pas, mais on se laisse volontiers savourer cette dernière heure et demi, un peu suspendu dans le temps, à se laisser aller à ses rêves, noyé dans une musique entêtante.

ce qui pourrait être mieux : les faire jouer le vendredi ou le samedi, pour éviter de courir prendre le dernier métro 😉

où le réécouter : à deux, dans la pénombre

Plus de photos : par là

ugo schimizzi

Rédacteur et photographe de concert depuis 2008. Co-fondateur du Magazine Karma. www.ugo-schimizzi.com/concert

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