Live Report – Rock En Seine – Jour 2 – Samedi 26 août 2017

Allez hop, après une première journée pluvieuse mais bien entamée, on remet le couvert pour ce samedi 26 août 2017, sur les terres de Rock en Seine. Grosse journée en perspective, avec un bon 30 degrés aux compteurs !

Ce samedi à Rock en Seine avait des petits airs de dimanche de fin de festival, où a coutume d’accueillir des familles et donc d’ouvrir un peu plus la programmation à des choses éclectiques, moins « bourrins » dans les sonorités notamment pour des festivals orientés rock. Grand bien en a pris au nouveau joujou de Matthieu Pigasse, l’homme d’affaire nouveau détenteur de l’événement parisien. Une journée riche, passionnante et d’une diversité bienvenue.

 

Girls in Hawaii

Heure : 17h25 – 18h15

Scène : Scène de la cascade

Ambiance : grosse chaleur, ambiance pépouze (non pas le groupe)

pourquoi il fallait les voir : oui, je sais, j’attaque le festival tard, en ayant vu la fin du concert de Vand of Horses et en enchaînant sur celui de Girls In Hawaii. Alors, assez étonnamment je découvre qu’il s’agit là de leur premier passage à Rock en Seine. Je les avais vu aux Solidays du côté de Paris, sous chapiteau et la prestation m’avait laissé un souvenir sympa, sans plus. Ca se passe un peu mieux ce coup-ci, le soleil aidant (sûrement). Girls in Hawaii vient proposer les nouveaux morceaux de leur album à paraître et voir les retours du public. Bonne ambiance, douceur et mélodies au rendez-vous.

ce qui pourrait être mieux : plus de scéno aka aussi un horaire plus nocturne histoire de mieux s’imprégner de l’ambiance

où les réécouter : au crépuscule, à l’heure de l’apéro, au fond d’un jardin ou sur une terrasse

 

Jain

Heure : 18h20 – 19h20

Scène : Grande Scène

Ambiance : un peu d’émotion, beaucoup de danse (ouais je sais c’est pas tout à fait une ambiance but fuck logic etc.)

Pourquoi il fallait la voir :  pour danser. Ni plus ni moins. Jain, c’est « le » groupe de la programmation qui chaque année est prévu pour que tu déposes ton cerveau dans un coin et que tu danses, simplement, ou a minima que tu hoches la tête si t’es du genre rabat-joie (ou que le vide musical t’emmerde). Je sais, c’est un peu dur pour Jain, toute mimi, qui a versé sa larmichette en nous rappelant que son concert à Paris était le dernier d’une bien grande tournée de deux années et qui se trémousse dans tous les sens en présentant ses copains musiciens. Oui, Jain a des qualités, une voix efficace, maîtrisée, mais bon, voilà, les couplets/refrains qui ne veulent pas dire grand-chose et qu’on répète 10 000 fois en compagnie d’une ligne de gratte à 2 notes et de quelques poumchackpoumchack aux percus, ça me barbe un peu. Je sais, oui, j’ai pas tout écouté, je suis pas resté tout le concert, j’ai de mauvais arguments, shame shame shame, mais chacun ses goûts, bon.

ce qui pourrait être mieux : en soi rien. Jain fait le taff, elle a une bonne scéno, elle est motivée, cours partout, danse. Ceux qui aiment, aiment, moi, c’est pas mon truc, mais on se quitte bons amis, cool raoul, voilà tavu.

où la réécouter : certainement dans cette salle de sport, à 2 pas de Bastille à Paris, située au dessus d’un MacDo. Allez, on rigole 😉

 

Her

Heure : 19h10 – 20h00

Scène : La fameuse bosquet ex pression live

Ambiance : cérémonieuse, mais qui n’empêche pas de profiter de la musique

Pourquoi il fallait les voir : bah pour voir la gueule de gus qui viennent de perdre leur pote de 27 piges suite à un cancer tiens. Ça fait sensationnel, c’est une bonne occaz’, ça fera des photos sympas. Bon, à vrai dire, de mon côté, je m’étais surtout dit « Little Dragon, déjà vu, j’aimerais bien voir ce que donne HER, je ne connais absolument pas » (oui, je suis un rédacteur passable, je ne prépare pas mes concerts à fond, tout ça). Bref, aucune idée de la vie ces dernières semaines du groupe et pas de sensationnalisme dans ma présence en devant de scène. J’apprendrais même plus tard la raison de ces différents discours et de la présence en photo en fond de scène de Simon Carpentier. Ce qui était fou avec HER, c’est qu’il y avait indéniablement de l’émotion, suite à cette disparition bien trop soudaine et rapide, à cause de ce foutu cancer de merde. Et en même temps, il y avait cette compréhension de la dernière volonté de Simon. Continuer, aller faire ce concert, faire encore de la musique et se battre, parmi les vivants. Le groupe l’a extrêmement bien retranscrit. La musique était habitée. Les musiciens se sont défoncés. Ils ont tout donné, chacun à leur manière, en faisant un. Un les uns avec les autres et un avec le public, un avec leur être disparu, pour montrer que oui, le projet continue. Les sons étaient doux et violents, les battements forts, les sonorités entre l’électro et la soul. Un BEAU concert, avec tout ce que le mot peut renfermer.

ce qui pourrait être mieux : c’est mon moment phrase stupide si tu as lu jusqu’ici, mais ce qui pourrait être mieux, c’est qu’on arrive à se débarrasser de tous ces cancers/maladies&co. Disparaître à même pas 30 ans parce que t’es malade, ça fait chier quand même (oui je suis un auteur). Donnez à la recherche si ça vous branche, c’est pas un mauvais investissement.

où les réécouter : en soirée, chez soi, ou tranquille au boulot

Vince Staples

Heure : 20h10 – 21h00

Scène : Scène de l’Industrie

Ambiance : minimaliste

Pourquoi il fallait le voir : Parce que Vince Staples fait partie de ces phénomènes actuels du hip-hop dont le monde entier parle (en tout cas le monde qui en a quelque chose à faire). Compositeur pour Gorillaz, signé chez Def Jam comme ses ainés, le flow de Vince Staples a déjà cogné dur dans pas mal de sonos et fait tilt chez de nombreuses radios et producteurs. On était forcément curieux de voir le résultat en live. Franchement on a été déçu (et non, il ne manque en aucun cas un « pas » dans cette phrase). Le gus s’est pointé bien seul, sans machine ni même compère histoire de lui faire les back, 0 scéno, mur noir en fond, un peu de fumée pour enrober le paquet et allons-y Ginette. Vince Staples bouge et déambule de cours à jardin sur la scène de l’Industrie quand il rap, ce qui n’arrive pas si souvent que ça finalement tant les morceaux sont composés de parties enregistrées. Durant ces moments, le gus semble totalement s’ennuyer sur scène, voir regarde d’un air fixe un peu étrange la foule (peut-être trop maigrelette à son goût ?). Dommage, car on voit bien les qualités du Californien et ce que beaucoup ont pu lui trouver, mais le service minimum assuré en a dégouté certains qui n’ont pas tenu la totalité du show.

ce qui pourrait être mieux : un peu tout en fait :). Une scéno, de la motivation, un poto pour lui donner le change.

où le réécouter : dans une salle, une vraie, à un de ses concerts, pas possible de rester sur une telle impression !

 

Lee Fields & The Expressions

Heure : 21h05 – 22h00

Scène : Scène de la Cascade

Ambiance : Nouvelle Orléans de Caroline du Nord

Pourquoi il fallait les voir : Parce que ce choix était hyper osé (à mon sens) pour un samedi soir, sur une scène majeure comme celle de la Cascade. Lee Fields, c’est 66 années au compteur, donc plus de quarante ans à faire de la musique (malgré un petit passage du côté de l’immobilier courant années 1980), au service de la Soul. Une voix, un charisme, une présence sur scène et une motivation, malgré la carrure un peu usée du bonhomme. Impressionnant tout simplement. Bien servi et accompagné d’une batterie de musiciens, des classiques basse/batterie/guitare à une section cuivre. L’homme m’a bluffé tout simplement. Ça groove, c’est pas prétentieux pour un sous, ça envoie grave dans les cordes et on en redemande. Dans le public, je vois avec plaisir des gens chanter à plusieurs reprises sur les morceaux, danser, la communion se passe à merveille. Un des moments les plus étonnants du festival !

ce qui pourrait être mieux : la même, avec un verre de Cognac

où le réécouter : autour d’un billard, un soir au coin du feu entre amis

Pj Harvey

Heure : 22h00 – 23h30

Scène : Grande Scène

Ambiance : posée…voir un peu mystique

Pourquoi il fallait les voir : Pour savoir ce que s’ennuyer en festival signifie. Oui, c’est dur, d’autant que la presque cinquantenaire avait amené avec elle une batterie entière de musiciens venus faire le nombre et l’entourer. Malgré l’éternité qui séparait ce moment de sa dernière venue sur le Domaine de Saint Cloud, on peine à se passionner pour le concert et autour de moi, la foule est loin d’être archi compacte, les défections au fil des minutes étant nombreuses. Bon ok, tout n’est pas à jeter dans son show et il aurait même été assez génial plus tôt ou plus tard sur une scène comme celle de Cascade, ou une salle plus intimiste. Mais là, en tant que tête d’affiche du samedi soir d’un festival comme Rock en Seine, on reste un peu sur sa faim. C’est beau, c’est bien orchestré, on dodeline de la tête mais ça s’arrête un peu là. Dur de faire tenir tout ça pendant 1h30. Les Inrocks diront que le public « écoutait religieusement », perso je pense qu’un certain nombre, connaissant de loin l’univers de Pj Harvey en attendaient un peu plus de la part d’une des icones rock des années 1990.

ce qui pourrait être mieux : la même PJ Harvey dans une salle type Les Folies Bergères à Paris

où la réécouter : dans une expo arty ou un concept store entouré de barbus/cheveux colorés avec une bonne IPA

Fakear

Heure : 23h30 – 00h30

Scène : Scène de la Cascade

Ambiance : LA FO-LIE

Pourquoi il fallait les voir : oui, je ne suis pas du tout impartial dans mes jugements, surtout après ce que je viens d’écrire sur PJ Harvey et je t’emmerde et je rentre à ma maison. Fakear, une amie avait eu la bonne idée de m’en parler avant sa première partie de Fauve et déjà à l’époque, l’ami Théo envoyait du bois. Au fil des ans et des concerts, les espoirs que le ptit gars portait ont lui n’ont fait qu’augmenter, à chaque nouveau titre distillé ou lors de ses apparitions régulièrement inattendues (je vous conseille son live sur le Pic du Midi. La classe.). Donc, ouais, Fakear, Théo, c’est une carrière déjà bien avancée, un type exilé dans les montagnes pour composer entre deux tournées aux quatre coins du monde, mais surtout une envie énorme. Un des rares musiciens qui laisse encore entrevoir ses émotions sur scène et surtout qui se prend direct dans la gueule tout le retour du public et tout l’amour que les gens peuvent lui envoyer, comme ça, pleine poire. A tel point que Théo balance un sample vers le milieu de sa prestation, vient s’asseoir en bord de scène et contemple ces quelques milliers de personnes présents, là, à hurler et danser. Et on voit dans son regard qu’il a toujours un peu de mal à s’en remettre, à comprendre que c’est bien pour lui. Alors, c’est vrai, ce n’est pas uniquement pour lui. Car, outre une scénographie efficace et porteuse, Fakear vient à présent en live entouré de ses musiciens – batterie, synthé et basse – mais aussi d’une harpiste, avec qui il a pu rebosser ses morceaux, leur donnant une coloration nouvelle et non moins intéressantes. Bref, vous l’aurez compris, ici c’est le cœur qui parle plus que la raison, mais je n’ai qu’une hâte, pouvoir le recroiser en concert.

ce qui pourrait être mieux : un show à bord d’une montgolfière, en haut d’un glacier, en pleine nuit dans un cirque naturel, éclairé par la voie lactée ?

où le réécouter : en voyage en voyage en voyage. Au bout de la rue ou à l’autre bout du monde, Fakear a la musique qu’il faut pour s’évader et partir loin loin loin en moins de 30 secondes

 

Pour voir un peu plus de mes photos : par là

ugo schimizzi

Rédacteur et photographe de concert depuis 2008. Co-fondateur du Magazine Karma. www.ugo-schimizzi.com/concert

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *