[live report] Rock en Seine #2 : Massive Attack atmosphérique

Au 2e jour de Rock en Seine, c’est danse l’après-midi avec Papooz et les Casseurs Flowters et expérience irréelle le soir : plus que leur musique, les deux géants Sigur Rós et Massive Attack ont imposé leur univers sur le site de St Cloud et fait planer la masse des fans et des curieux.

Le samedi débute sous le signe du Granola gratos et de la crème solaire : on entame l’après-midi avec les Italiens de Joy Cut, qui donnent un set énergique et plein de basses qui font vibrer les shorts. Le bonheur ! L’humeur reste au beau fixe pour accueillir Wolfmother : le groupe à géométrie variable a ravi le public avec son ambiance hard rock à l’ancienne, et malgré les interdictions, les slams ont été légion.

L’extase du rap glandeur des Casseurs Flowters

« Regarde comme il fait beau dehors !  » : pour les Casseurs Flowters, c’est sûr, le public a levé son cul du canapé. Les philosophes de Bloqués sont accueillis en héros par une foule dense : il faut dire qu’Orel et Gringe, c’est un cocktail de génie. Sous le bonnet et la casquette, on a deux gars qui ont trouvé comment causer de ce qu’ils connaissent le mieux : l’enfer de la procrastination, l’angoisse de ne pas trouver sa voie, le découragement. L’ironie de la chose restera quand même que les mecs se sont dé-paumés en étant pro dans le paumage. Ça force le respect.

 

Après une petite baignade aux bénis brumisateurs et un passage aux cours de danse du dancing (très bonne initiative du festival !), on dépasse la scène des Messins de Grand Blanc : au vu du soleil qui tape et de l’ambiance piscine, on préfère fuir les mélodies angoissantes pour rejoindre le combo palmier-cocktails de Papooz.

Papooz : insouciance sous les palmiers

Papooz a été l’un des coups de coeur les plus agréables du festival : du pop-rock de pool party servi par une voix androgyne et des guitares façon Beach Boys. Ann wants carrément to dance sur ce son-là, et elle s’en est pas privée ! Big up au look des musiciens qui met dans l’ambiance et aux goodies balancés dans le public, qui donne encore plus envie de suivre le van Volkswagen des néo-hippies. Les éventails par cette chaleur, c’était une idée de génie.

Passage moins mignon et plus punk sur la scène de l’Industrie : sous une bonne masse de cheveux colorés, les plus toutes jeunes L7 envoient du lourd : actives dans les mêmes eaux que Nirvana à la même époque, les riot girls se sont retrouvées en 2014 et elles ont bien l’intention de s’imposer. Sur scène, ça donne des gros riffs et de la gueulante comme on les aime.

Le temps de se prendre une galette-saucisse et le soir est là : c’est avec un pincement au coeur qu’on s’éloigne de la scène où débutent les excellents The Temper Trap pour rejoindre le havre métallique qui dévoile Sigur Rós.

Massive Attack et Sigur Rós : soirée atmosphérique

L’univers éthéré du groupe islandais a depuis quelques années conquis une masse de fans considérable. Il faut dire que ses (longs) titres ont été maintes fois utilisés dans des films et des séries pour poser une ambiance, et la charge émotionnelle qu’on éprouve à leur écoute a touché beaucoup de gens. C’est comme ça qu’on se retrouve dans un public religieusement attentif et immobile, happé par l’archer et la voix de fausset de Jónsi comme par la vue d’une aurore boréale. Un concert de Sigur Rós est une expérience en soi, difficile à raconter, et la foule est restée un poil béate à la fin du concert, plus lente à décoller de la scène qu’à l’accoutumée : un grand moment à Rock en Seine.

C’était donc un très bel « emplanage de salle » pour les géants du trip-hop Massive Attack. Le public est venu en masse, malgré la niche musicale qu’occupe le groupe : les spectateurs sont restés hypnotisés devant les effets visuels du groupe et les dictions de Robert Del Naja (3D) qu’on soupçonne récemment d’en plus être l’immense Banksy… Des graffs de l’artiste apparaîtraient sur le chemin des tournées de Massive Attack. Si vous avez vu des nouveautés sur les murs du coin, merci de contacter la rédaction pour filer l’exclu !

Assez loin de la danse proclamée, c’était donc un samedi soir atmosphérique au Parc de St Cloud : rendez-vous le dimanche, ce sera slam de rigueur avec Sum 41 et Iggy Pop !

Lire le live report de Rock en Seine #1 : The Last Shadow Pompette

Lire le live report de Rock en Seine #3 : Iggy Pop fait de la résistance

 

Vous aimerez aussi...

1 Response

  1. 5 septembre 2016

    […] Initialement publié le 5 septembre 2016 sur Vacarm.net […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *