[live report] Rock en Seine #1 : The Last Shadow Pompette

Rock en Seine 2016 a ramené Iggy Pop, Massive Attack, Last Shadow Puppets ou encore les Islandais de Sigur Rós sous le soleil de plomb du parc de St Cloud. Une prog plus electro-planante que gesticulante malgré la thématique #LetsDance : plus si rock, le festival emblématique ? Live report du vendredi 26 août.

Rock en Seine marque la fin de la saison des festivals : la canicule bat son plein et les ampli font péter les basses. Au parc de St Cloud, tout est beau et grand comme la vraie nature, mais avec des fontaines qui surgissent parfois. Notre téléporteur n’ayant pas été accepté à l’entrée, on a pleuré vingt minutes en position foetale à l’idée de se taper les aller-retours entre les cinq scènes de l’immense site sous le cagnard. Mais on a enfilé nos chaussures Quechua et nos bobs comme le reste du monde, et c’était parti pour un planning tout à fait subjectif des concerts et trucs à voir. Les activités de cette année : le dancing, espace dédié à la gaudriole gestuelle, des méga brumisateurs pour se prendre des douches salvatrices, un espace karaoké chez Pringles, un bar glacé chez Skøll, des projections de docu et un bibli-troc où on a aussi pu bricoler des badges de Francis Lalanne. De quoi s’occuper !

Logic – Slaves – Bastille : Rock en Seine réussit son entrée en matière

Nouvelle gloire du hip-hop, tout sauf démissionnaire face à un ordinateur récalcitrant et vaincu par la chaleur, Logic pousse les basses à fond sur la scène de la Cascade, en appelle à la paix et au partage et balance surtout un flow de qualité qui n’est pas sans rappeler un autre rappeur white trash originaire du pays de l’Oncle Sam.

De son côté, le binôme de Slaves jouait sa vie sur la scène Pression Live en balançant à tout va sa musique punk enragée : Isaac Holman, le batteur-chanteur contraint à l’immobilisme debout face à sa batterie, contrastant avec son compère Laurie Vincent, diabolique guitariste toujours en mouvement. Le son est lourd mais propre, envoyé sans formule de politesse en pleine gueule des festivaliers ravis.

Sur la Grande Scène, c’est la brit pop de Bastille qui conquiert un peu plus mollement son monde, mais toujours de manière efficace, boostant notamment son set avec quelques reprises version “craquage”, The Rhythm Of the Night de Corona par exemple. A l’inverse, Caravan Palace continue de rassembler les foules, la chaleur ne décourageant ni Zoé Colotis sa chanteuse souriante, ni le public venu en nombre et prêt à sauter contre vent et marées de brumisateurs.

The Brian Jonestown Massacre : hey Mister Tambourine Man

Après 30 ans d’existence, le groupe d’Anton Newcombe est plus connu pour ses frasques “coke sexe et baston” que sa musique. Les plus polis et les plus pointus diront que c’est du folk blues electro-psychédélique fascinant de complexité, les plus honnêtes admettront qu’ils sont venus dans l’espoir de voir Joel Gion éclater son tambourin sur la tête de quelqu’un. Trop dommage : Joel suinte le désespoir mais s’accroche toujours à sa peau de chagrin. Heureusement ses petits camarades tiennent la baraque et diffusent une musique agréable et bien foutue.

À propos du concert de Damian Marley, étant consciente que mon désintérêt pour le reggae me rend partiale : ne se prononce pas.

J’ai largement préféré aller voir les pré-dandinements devant la Grande Scène : Two Door Cinema Club bouge autrement plus que le rejeton jamaïcain, et la fougue du public a été largement réveillée par les petits chouchous de chez Kitsuné. On a hâte de découvrir leur nouvel album Gameshow, qui sortira en octobre.

Les gros riffs de Clutch et Royal Republic

Le “rock” dans Rock en Seine reste quand même assuré par des valeurs sûres : le stoner grondant de Clutch a fait vibrer la surface de nos bières et rassemblé le public. L’identité musicale est marquée (un peu de bluegrass, un peu de folk, un peu de metal) et radicale à la fois : normal, les Américains ne s’emmerdent pas avec des fioritures (à l’image du t-shirt sans couleur du chanteur, qui dit qu’il aurait aussi bien pu venir à poil du moment qu’il faisait sa musique).

La scène Pression Live a accueilli une autre valeur archi-sûre du live : Royal Republic. Dans la psyché collective, les Suédois n’arrivent pas en tête de la liste des nationalités les plus rigolotes. Il n’empêche que ceux de Royal Republic ont bien fait marrer les festivaliers en plus de les faire sauter dans tous les sens. Tout le monde connaît leur tube Everybody wants to be an astronaut (mais si), et leur réputation de fêtards exubérants (ils chauffaient la salle pour The Offspring en 2011) est encore bien bas par rapport à ce qu’ils peuvent donner en live. Mention spéciale pour la déchirante et théâtrale chanson de rupture adressée par le chanteur Adam Grahn à un certain François du public. Là, c’est sûr, on a bien (mal) dansé !

The Last Shadow Pompette

J’ai abandonné toute velléité d’objectivité pour ce qui est de The Last Shadow Puppets. Comme une partie du public (celle agglutinée devant la scène avec des pancartes “Milex 4ever” “I <3 Last Shadow Puppies” et des mouchoirs), j’attendais le concert d’Alex Turner et de Miles Kane depuis la sortie de The Age of the Understatement, leur sublime premier album de 2008. Le show fut à la hauteur de tous les Tumblr et de tous les giphy à paillettes des internets côté fanservice (la routine du micro pour deux a déclenché quelques syncopes dans le public). Côté musical aussi : on a apprécié la présence du quatuor à cordes bien sonorisé qui fait l’identité du groupe, la setlist équilibrée entre les deux bébés (les albums.) et le fait qu’Alex “comment ça s’écrit” Turner ait bu un coup de trop. J’étais habituée au jeu de scène un peu light de l’asocial leader d’Arctic Monkeys. Alors le voir mimer l’alligator à quatre pattes entre une reprise des Cactus (les “cactousse”, pardon) et de Moonage Daydream de Bowie a fait buguer ce qui me restait de neurones. Et tant pis pour le chant parfois approximatif.

Rendez-vous demain pour le focus du samedi à Rock en Seine : au programme, les mecs bloqués de Casseurs Flowters et les palmiers de Papooz, et les très attendus Sigur Rós et Massive Attack !

Lire le live report de Rock en Seine #2 : Massive Attack atmosphérique

Lire le live report de Rock en Seine #3 : Iggy Pop fait de la résistance

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