Queens Of The Stone Age – Villains

Quatre ans après …Like Clockwork, le septième album de Queens Of The Stone Age figure parmi les sorties les plus attendues de l’année. Josh Homme sait faire patienter les foules, en distillant les informations au compte-goutte ou en enflant les rumeurs. Cela faisait plus d’un an que la préparation d’un album était évoquée, certains bruits de fond formulant le retour fantasmé de Dave Grohl derrière les fûts, pour faire gronder le tonnerre passé de Songs For The Deaf. Les déclarations des membres des Foo Fighters présentant le futur opus de QOTSA comme l’une des meilleures choses qu’ils aient pu écouter ces dernières années, n’a fait qu’attiser les rumeurs infondées. Après des mois de spéculations, la diffusion d’un premier single, « The Way You Used To Do », offre une vision concrète de la mouture 2017 de QOTSA. Villains apparait comme l’album le plus pop de la discographie de QOTSA, et de Josh Homme.

Depuis sa sortie, il y a à peine deux jours, les critiques fleurissent trouvant cet album mollasson, parfois sans inspiration, sous l’argument fallacieux du « c’était mieux avant ». Mais, à quoi bon ? Queens Of The Stone Age s’est entouré du talentueux Mark Ronson pour produire cet album, lui qui est plus habitué à construire des tremplins vers les Grammy qu’à explorer le désert californien à la recherche de la prochaine pépite stoner. Mark Ronson a produit Bruno Mars, Lily Allen, Amy Winehouse… et cela fait bien longtemps, au moins depuis Lullabies To Paralyze, que QOTSA s’est éloigné de ses sources les plus saturées. Et, c’est tant mieux ! Josh Homme a pu s’épanouir dans une multitude de projets ces dernières années, peu importe le côté des fenêtres sans teint des studios, et dont l’intérêt artistique réside en partie dans leur variété. Avec, Iggy Pop, il livre un condensé glamour sur l’album Post Pop Depression et s’envole sur une tournée à rallonges et sold out. L’année précédente, il signait le quatrième album d’Eagles Of Death Metal participant au changement d’envergure de ce side-project. Josh Homme aura vécu de près la tragédie du Bataclan, même s’il était absent de la salle ce triste jour, comme en témoigne le documentaire-témoignage d’EODM, « Nos Amis », dans lequel il évoque, entre les lignes, le besoin d’un peu de lumière pour sortir de cette déprime. Ainsi, Villains est un album épuré, aux lignes mélodiques moins torturées, voire perpendiculaire à la période la plus sombre du groupe, Era Vulgaris.

Il en fallu du travail pour arriver à ce résultat. Et, une nouvelle fois, le choix de faire appel à Mark Ronson parait des plus judicieux. Combien d’idées, combien de prises a-t-il fallu jeter pour arriver à ces lignes simples, que les esprits négatifs qualifieront de « formatées » ? Villains n’est pas l’oeuvre complète qu’est Songs for the death, avec ses interludes et sa cohérence d’ensemble. Villains parait plutôt comme un recueil d’idées patiemment sous-pesées, pour en tirer des compositions efficaces, qui ne renient ni l’âme de QOTSA, ni n’offensent le génie de ses membres. Les singles « The Way We Used To Do » et « Evil has landed » sont à cette image : des productions léchées qui, par un formidable syncrétisme, nous remémorent les sonorités de projets passés, y compris la rythmique implacable de Them Crooked Vultures. Il n’est pas aisé de contenir la créativité sans limites d’artistes tels que Troy Van Leeuwen ou Jon Theodore, capables d’ajouter un contre-temps à un autre, ou de produire des sonorités jamais imaginées. Pourtant, Villains réussi à les sublimer, sans les porter à la démonstration de leur technicité. La débauche d’énergie d’un titre tel que « Head like haunted house » souligne les capacités de Jon Theodore, les expérimentations néo-rétro en arrière plan de « Hideaway » rappelle à quel point Troy Van Leeuwen et Dean Fertita sont des créateurs d’ambiances. La prestation de Josh Homme est, bien évidemment, la plus évidente. Sa voix n’a probablement jamais été aussi sensuelle que sur Villains, à l’image de « Fortress », un titre qui ne s’envole pas particulièrement, mais où Josh Homme lui donne tout son relief. Il est difficile de dire dès à présent quels titres passeront à la postérité, mais « Domesticated Animals » dispose d’une longueur d’avance avec son envolée finale. Enfin, « Un-reborn again » s’inscrit dans la lignée des compositions lancinantes que QOTSA mis à l’honneur dans …Like Clockwork.

Au final, Villains est un album court, avec seulement neuf titres, dont il faudra se satisfaire jusqu’à la prochaine fournée. C’est peut-être là où le bât blesse. Si la direction artistique donnée au projet parait judicieuse, le densité de la production est légère. Après une période d’intense activité avec Iggy Pop et Eagles of death metal, Josh Homme espère peut-être se libérer du temps et, produire des albums de QOTSA moins ambitieux, ce qui éviterait d’attendre quatre ans avant de sortir l’opus suivant.

.: Tracklist :.
1. Feet Don’t Fail Me
2. The Way You Used to Do
3. Domesticated Animals
4. Fortress
5. Head Like a Haunted House
6. Un-Reborn Again
7. Hideaway
8. The Evil Has Landed
9. Villains of Circumstance

Erwan Le Nagard

Fondateur du site, épris de passion pour le stoner. Le monde ne se résume pas à une citation de Lemmy.

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