Polvo – Siberia

polvo-siberiaSorti au mois d’octobre, Siberia est le sixième album de Polvo, ou le deuxième depuis la reformation du groupe de noise-rock en 2009. Venus de Caroline du Nord, le quatuor signe l’un des albums les plus excitants de l’année, quatre ans après la sortie de In Prism qui n’a jamais quitté notre chaine hi-fi. Polvo avait entre-ouvert les portes de son studio en août en laissant percer le titre introductif de Siberia, « Total Immersion », comme pour nous prévenir que le groupe était toujours actif, tout aussi créatif, sans pour autant s’aventurer bien loin de l’ambiance de l’album précédent. Pourtant, Siberia regorge de bien des surprises…

Ce sont toujours les guitares, mises en avant, qui mènent la danse sur ce sixième album. Divagant de riffs dissonants en digressions rythmiques prenant l’auditeur à contre-pied, Polvo signe un album plus rock et plus agressif. Néanmoins, c’est toujours la capacité à naviguer d’une mélodie entêtante à un dérapage noise incontrôlé qui nous étonnera. C’est ainsi que débute Siberia avec « Total Immersion », un titre brut, où les guitares s’échappent peu à peu d’une section rythmique métronomique. On a le sentiment de voir un titre s’envoler, partir loin pour s’établir à un second niveau émotionnel. Pourtant, l’issue est tout autre, et on reste sur une composition cyclique. Il faudra attendre « Light raking » pour se sentir pleinement conquis. Le riff principal est puissant, l’adjonction d’un synthétiseur rend la composition originale, la rythmique est groovy et le break nous fait changer d’ambiance un court instant, nous prenant par surprise. Le morceau se termine après un solo de synthétiseur, splendide de couleurs et explosif, comme le final d’un 14 juillet.


Polvo – Siberia en écoute intégrale.

Puis, « Changed » nous emmène dans un état de plénitude, propre au sujet abordé au travers des paroles, et de constante remise en question avec une composition sans véritable fin, le thème s’éteignant decrescendo. « The Water Wheel » fait écho à « Light Raking » avec un morceau très punchy, au riff principal qui part dans toutes les directions avant de se raccrocher de justesse à la rythmique. Ash Bowie change de tonalité sur ce morceau et adopte un chant plus tonique, qui s’ajuste parfaitement à l’ambiance souhaitée. Et, lorsqu’on s’y attend le moins, après 4 minutes d’une composition plutôt redondante, Polvo nous surprend par un break mélodieux fait d’étranges larsens évanescents qui se canalisent sous la forme d’un solo et de nappes de guitares. Voici probablement la pièce maitresse de l’album.

Après ces débordements, « Old Maps » fait preuve d’une étonnante sagesse, avec un thème acoustique qui se renouvelle peu à peu. Il s’agit de l’un des morceaux les plus easy listening de l’album. Néanmoins, il semble que Polvo soit d’humeur à plus sinuosité, les deux titres clôturant Siberia empruntent de nouveau des chemins tortueux, « Some Songs » livre de nouvelles expériences électriques et le gimmick d’« Anchoress » s’emballe comme un vieux vinyle rayé.

Polvo, groupe inclassable, signe une nouvelle fois un album imparable, véritable cocktail molotov d’inventivité qui sait se faire subtil malgré tous les méandres empruntés par leurs mélodies. Siberia est un album à se procurer de toute urgence.

.: Tracklist :.
1. Total Immersion
2. Blues Is Loss
3. Light, Raking
4. Changed
5. The Water Wheel
6. Old Maps
7. Some Songs
8. Anchoress

Erwan Le Nagard

Fondateur du site, épris de passion pour le stoner. Le monde ne se résume pas à une citation de Lemmy.

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