Chronique : Lisa Portelli – La Nébuleuse

Lisa Portelli s’était lancée avec succès au début des années 2010 dans une belle aventure musicale. Affichant un sens du songwriting plutôt bien affuté pour une artiste en début de carrière, la chanteuse avait enquillé premier album prometteur – Le Régal, Wagram, 2011 – , tournée marathon et critiques élogieuses. Cette dernière prendra pourtant le temps de respirer, de mûrir la suite de son histoire musicale. Isolée un temps en couvent, Lisa Portelli disparaît même des écrans radars et fait temporairement vœu de silence. Un choix surprenant. La Nébuleuse, son second disque, tient de ce fait presque du retour inespéré pour ceux qui avaient eu la chance de découvrir l’artiste il y a quelques années. Épaulée par le label At(h)ome, Lisa Portelli livre un disque pop solide et terriblement personnel.

La Nébuleuse s’inscrit en partie dans une certaine tradition de la chanson à textes. Les mots font mouche, nourris des expériences de la chanteuse. Avec pudeur et sensibilité, cette dernière se dévoile langoureusement et témoigne d’une remarquable aisance à manier la langue française. Poétique et finement ciselé sur le plan littéraire, le disque témoigne par ailleurs de l’esprit aventureux et fantasque de Lisa Portelli en alignant une multitude d’ambiances. Aérien et envoûtant, l’album ne se limite jamais à la formule classique à base de guitare sèche / voix. Il n’explose certes que rarement dans des embardées véritablement nerveuses, mais témoigne d’un pur esprit alternatif, d’une tenue rock à l’intensité foudroyante et aux rythmiques appuyées. Le tout porté par un timbre de voix cristallin, hypnotisant, d’une redoutable justesse.

Si les titres fonctionnent indéniablement sur des schémas épurés – parfois suffisant, en témoigne le délicat « Je suis la terre » qui clôture l’album –, la chanteuse n’hésite jamais à lorgner vers des expérimentations et autres subtiles superpositions instrumentales. Cultivant l’art du crescendo avec maestria, Lisa Portelli et ses musiciens maintiennent une certaine tension de bout en bout. Le disque ne souffre d’aucun temps mort, redondance ou compo superflue. La production, claire et profonde, met par ailleurs parfaitement en exergue les multiples détails d’écriture.

En douze morceaux, Lisa Portelli livre une vision fraîche et moderne de la pop made in France. Ultra-sensuel, soigné sur le fond comme sur la forme, La Nébuleuse sera à n’en point douter l’un des disques de pop-rock français de la rentrée 2017. Voire peut-être de l’année.

Sortie de l’album le 15 septembre sur le label At(h)ome.
Page Facebook officielle.

Vidéo live « De noir et d’or » :

Le vidéo-clip de « Appartenir au large » :

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