Turnstile – Time & Space

Le deuxième opus de Turnstile, intitulé Time & Space, devrait figurer dans notre top de l’année 2018, sans aucun doute. Le groupe de Baltimore, fier de ses huit années à écumer les routes, ne bénéficie que d’une faible réputation dans l’hexagone et, pourtant celle-ci ne devrait pas tarder à grandir. Nous avions découvert leur énergie communicative lors du Hellfest, en 2016, et les voilà annoncés à l’affiche de l’édition 2018. De retour du festival, nous avions cherché à en savoir plus sur la formation, et nous n’avions pas forcément retrouvé le fun du concert sur des productions relativement plates. La récente signature de Turnstile sur le label d’Universal, Roadrunner Records, les propulse dans une toute autre dimension, avec un LP léché, qui leur ouvre la route d’une notoriété plus large, car ce qui caractérise la formation n’est ni sa créativité, ni la violence de son punk-rock, ni l’efficacité de ses riffs hardcore. Si vous n’avez pas encore entendu parler de Turnstile, attendez-vous au buzz, car ce groupe est une petite bombe scénique qui s’acquitte de shows exubérants et s’affranchit volontiers de nombreuses barrières stylistiques. Un rapide tour sur Youtube devrait vous convaincre que le premier rang de leurs concerts n’est pas réservé aux âmes sensibles !

Les meilleurs albums sont rarement les plus longs. Turnstile a bien retenu la leçon et livre, dans la plus pure tradition punk, un deuxième LP qui ne dépasse pas la demie-heure pour 13 titres. On a pourtant l’impression d’avoir vécu 7 vies à l’écoute de cet album aussi brut que riche. Les compositions sont radicales, réduites à la plus simple accroche d’un riff, qui saura forcément vous faire bouger la tête, à l’image du single « Real Thing » qui assure l’entame de cet opus. Une guitare punk, une batterie au rythme simple, et nous voilà partis pour avoir ce titre en tête pendant des années. Il n’est pas toujours question de taper plus vite que les autres pour faire du bon hardcore. L’autre single, « Generator », dégage une énergie dévastatrice, avec le chant de Brendan Yates qui vous prend littéralement aux tripes. On vous disait que Turnstile aimait s’affranchir des barrières de style, et se permet de ralentir le tempo avant de lâcher un petit solo de guitare qui, sans être forcément démonstratif, est bien la dernière chose que l’on pensait entendre sur un album estampillé hardcore. Encore plus improbable, ces nombreux passages en voix claire, à l’instar de l’excellent troisième single « Moon », sur lequel apparait Tina Halladay, de Sheer Mag, un autre groupe auquel vous devriez prêter une oreille. Sur la plaupart des titres, et celui-ci en particulier, on apprécie le fun de Turnstile, qui s’éloigne volontiers de thèmes revendicatifs, pour user de paroles plutôt distrayantes. « Don’t want me around / Push on me so hard I’m floating out / Now there’s nothing I can do / I’m the man up on the moon ».

La production de Time & Space propulse clairement Turnstile à un autre niveau. Les productions Roadrunner Records sont gages de qualité, et, à titre personnel je ne m’étais pas pris une claque aussi forte pour un album de hardcore, depuis la sortie de Always The Hard Way de Terror, il y a 12 ans ! Les nombreux arrangements, dont certains sont relativement « audacieux » vis à vis d’un public d’amateurs de hardcore assez frileux de changements, donne une autre envergure aux compositions, et leur ajoute une dose supplémentaire de fun. Ce n’est pas très créatif, mais c’est terriblement fun ! Ca ne dure que quelques secondes, mais prenez cette simple de note de clavier sur « High pressure », et vous imaginez Jerry Lee Lewis sous stéroïdes. Et puis, on se répète, mais ces passages en chants clairs sont jouissifs, à l’image du titre « Time + Space » qui vient clore l’album avec la dernière once d’énergie qu’il pouvait nous rester après seulement 25 minutes d’écoute. Turnstile lave plus blanc, que blanc, c’est une véritable lessiveuse car, entre ces quelques morceaux bien gentillets, le quintet ne nous aura pas ménagé avec des morceaux ultra efficaces, tels que l’incroyable « Big Smile », le redoutable « Can’t get away » ou l’impulsif « Right to be ».

Une chose est sûre, « Time & Space » de Turnstile, ne va pas rester sur notre étagère. Il tourne en boucle sur nos platines depuis sa sortie, et il ne devrait pas tarder à faire figure de chef d’oeuvre dans notre discothèque. Nous sommes impatients de revivre l’expérience Hellfest à leur côté, mais nous serions encore plus heureux de les voir lors d’une prochaine tournée européenne, en salle, après un bon bol d’Ovomaltine. Souvenez-vous : Turnstile, c’est de la dynamite !

.: Tracklist :.
1. Real thing
2. Big Smile
3. Generator
4. Bomb
5. I don’t wanna be blind
6. High pressure
7. (Lost Another) piece of my world
8. Can’t get away
9. Moon
10. Come back for more / H.O.Y
11. Right to be
12. Disco
13. Time + Space

Erwan Le Nagard

Fondateur du site, épris de passion pour le stoner. Le monde ne se résume pas à une citation de Lemmy.

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