Chronique : The Butcher’s Rodeo – Backstabbers

the-butcher-s-rodeo-backstabberThe Butcher’s Rodeo aura pris le temps de peaufiner son premier format long. Recruté par l’écurie At(h)ome, partenaire de longue date des parisiens d’AqME – groupe dans lequel officie parallèlement Vincent Peignart-Mancini –, le quintet balance pour l’occasion du gros lourd sur la table. Si elle ne révolutionne pas fondamentalement le microcosme hardcore, la formule TBR avance suffisamment d’ingrédients piquants et relevés pour tenir à l’aise la longueur. Voire réserver quelques belles surprises lorsqu’il s’agit de trouver le sacro-saint équilibre précaire entre gros riffs musclés et mélodies soignées.

Les mecs de The Butcher’s Rodeo sont des déconneurs de première, en témoigne le clip très bis et décalé de « Spoiler » – un morceau de leur précédent EP – ou encore les épisodes de The Butcher’s TV régulièrement mis en ligne sur leur chaine Youtube. Avec Backstabbers, le quintet aborde le cap du premier album avec le plus grand sérieux. Artwork ultra-classe,  distribution nationale, concept déroulé en guise de fil rouge – l’histoire d’un pirate –, le disque témoigne par ailleurs de l’expérience acquise par les musiciens depuis la sortie de Ghosts in the Weirdest Places. Si l’ambition de TBR s’arrête plus ou moins à l’envie de torcher un hardcore de qualité – ce qui n’est déjà pas rien –, le quintet respecte son contrat en balançant la purée avec envie et en évitant soigneusement les clichés du genre. Le son rappelle inévitablement quelques grosses références américaines parmi lesquelles les déjantés Every Time I Die ou de manière plus lointaine Glassjaw, mais les Parisiens affichent ici leur personnalité. Le disque est ce sens parfaitement construit, la composition alignant 90% de riffs bétons et rapides pour une petite louche de mélodies rock bien articulées et jamais grossières. Des pauses salvatrices qui offrent à bon nombre de titres des contrastes savoureux – l’excellent « In the Shallows », LA pépite de l’album –, sur lesquels l’excellent Vincent Peignart-Mancini use de toute l’amplitude de son spectre vocal.

On connaissait l’homme fin hurleur. Son travail sur le surprenant Dévisager Dieu d’AqME lui aura offert l’opportunité de perfectionner / développer son chant clair. S’il conserve une approche bien distincte lorsqu’il officie avec TBR, ce dernier intègre pourtant de ci et là une foule d’éléments mélodiques plutôt bien trouvés. Backstabbers ne bascule pas pour autant dans le metalcore de bas étage imposant une alternance forcée entre couplets beuglés / refrains gentillets. Bien au contraire. Le disque conserve la puissance frénétique propre aux premiers enregistrements du groupe, mais étend avec brio les horizons. Et accessoirement sa cible, l’album se montrant nettement plus facile d’accès et accrocheur que les précédents travaux des bouchers.

Si Ghosts in the Weirdest Places se voulait clairement annonciateur de tout le potentiel du quintet, ce dernier explose littéralement avec ce premier full-length. Extrêmement bien produit et varié, le disque respecte les codes du hardcore « in your face » tout en imposant la touche The Butcher’s Rodeo. Efficace. Diablement efficace.

Album disponible depuis le 4 novembre via le label At(h)ome.
Commander le disque / Facebook The Butcher’s Rodeo

Le vidéo-clip de « Connundrum » :

Le vidéo-clip de « Good Fuckin’ Luck » :

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