Chronique | Pain Of Salvation : In The Passing Light Of Day

En 2014, Pain Of Salvation alors désemparé annonçait non sans inquiétude que son chanteur et leader Daniel Gildenlöw allait être longuement hospitalisé en raison d’une infection bactérienne, la même et peu ragoutante bactérie mangeuse de chair qui avait eu raison quelques années plus tôt de Jeff Hanneman (Slayer). Après avoir sorti un sublime double album Road Salt One / Two qui propulsait les touches religieusement soul du groupe à un niveau de douceur et de paix presque jamais égalé, PoS aura mis presque trois ans avant de sortir un réel nouvel opus – si l’on met de côté celui de l’année dernière, acoustique, qui reprenait quelques titres plus ou moins phares (mais non moins délicieux) du groupe, et auquel s’ajoutait un titre exclusif qui concluait l’album du même nom : Falling Home.

Daniel s’étant pleinement remis malgré les lourdes interventions chirurgicales à répétition, le groupe s’est finalement lancé dans la composition du 10e album studio, The Passing Light Of Day, qui s’articule autour des déboires de santé du chanteur.

Abordant un sujet chargé et on ne peut plus personnel, les couleurs et le ton changent radicalement des précédents opus, les guitares électriques grondantes des débuts du groupe (« On a Tuesday » / « Reasons ») reprenant le dessus et les rythmes saccadés transmettant littéralement les instabilités physiques et psychiques que le groupe a traversées durant tous ces mois d’incertitude (« Full Throttle Tribe » / « If The Is The End »).

Que l’on se rassure, la plupart des titres sont toujours empreints de la singularité et de la finesse musicales du groupe, et sont ici et là parsemés de quelques touches de basse et de piano intimistes (« Silent Gold »). Dans cet album réside néanmoins une aura noire persistante, appuyée par quelques silences inquiétants et une voix tantôt criée tantôt faiblarde entre les quelques puissants passages épiques (« Meaningless »).

Le moment-clé de l’album réside très certainement dans le dernier titre de l’album éponyme, « In The Passing Light Of Day », qui tente de synthétiser les aléas et le panel d’émotions par lesquels Daniel et son groupe sont passés, du déni à la guérison en passant par le défaitisme et l’épuisement, et qui se conclut par des touches chaleureuses et connues : la victoire sur la maladie et la permission de rentrer chez soi.

Pain Of Salvation In The Passing Light Of Day

Pain Of Salvation nous sort là un album très personnel, bien loin de ses deux prédécesseurs qui donnaient le ton de la nouvelle direction artistique souhaitée par le groupe : des albums sans artifices vraiment mystérieux qui se découvraient peu à peu, peu faciles d’accès, car excessivement riches d’idées et de diversité dans les influences musicales, et qui délaissaient quasi-entièrement les touches « metal ». In The Passing Light Of Day s’éloigne totalement de ces chemins croisés et offre une mise à nue inédite dans la discographie du groupe, dispensant Daniel de se donner un rôle d’acteur/narrateur au profit d’un raconteur totalement incarné. L’emprunte narrative dans le réel est nettement palpable et sera peut-être déroutante pour quelques afficionados, même si ceux-ci se consoleront largement sur le retour des éléments metal et sur le fait que le combat contre la surenchère artistique soit toujours de mise dans cet opus.

Comme c’est le cas pour presque tous les albums de Pain Of Salvation, In The Passing Light Of Day est difficilement classable dans la discographie du groupe, tant celle-ci est riche et variée, elle ne suit aucune trame. Cet album ne fait qu’accroître ce sentiment, d’ailleurs. À chacun d’y trouver son compte en fonction de ses attentes, de ses envies et de ses goûts ; personnellement, je salue une énième fois ici la richesse des compositions (même si la variété est moins à l’honneur que sur les deux galettes précédentes) et la capacité incroyable du groupe à se renouveler sans cesse et à proposer un album réellement intime sans jamais tomber une seule seconde dans un quelconque racolage médiatique.

 

Pain Of Salvation In The Passing Light Of Day Cover

1. On a Tuesday
2. Tongue of God
3. Meaningless
4. Silent Gold
5. Full Throttle Tribe
6. Reasons
7. Angels of Broken Things
8. The Taming of a Beast
9. If This Is the End
10. The Passing Light of Day

Infos :

Date de sortie : 13 janvier 2017
Label : InsideOut Music

Pain Of Salvation : Site officiel / Facebook

 

 

Infos :

Date de sortie : 13 janvier 2017
Label : InsideOut Music

Pain Of Salvation : Site officiel / Facebook

Jean-Marie Carrée

Be confortable, Creature.

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