Chronique : Jon & Roy – The Road Ahead is Golden

Après deux ans à peaufiner ce septième album, les Canadiens de Ron and Joy sont de retours, bien harnachés à leur sac à dos, pour présenter les délices de ce The Road Ahead is Golden. Tour du propriétaire (nomade).

Dès les premières notes de Runner, on sent le road trip à plein nez. On voit le coucher de soleil au loin et on sait que ce soir encore, on va passer des heures à refaire le monde, entouré des gens que l’on aime. C’est fou comme une chanson peut prendre aux tripes. C’est fou comme la voix qui incarne Jon and Roy réussi son coup, en dix secondes à peine.

Le reste n’est que littérature, composition ou presque. Autant de simplicité cache souvent des hordes de partition foutues en l’air, des tonnes de riffs testés et jetés, des soirées passées jusqu’à l’épuisement à chercher le truc d’enfer. Ou peut-être leur a-t-il fallu à peine 10 minutes pour la faire, cette compo là, balancer un refrain de quelques mots, efficace, puissant et doux à la fois.

Bon, il faut dire qu’entre la pochette de l’album assez évocatrice et les origines canadiennes du groupe, pas trop dur de les adouber comme des papes du voyage. 2Min38, par contre, c’est bien trop court, encore plus pour les routes immenses du Canada. Ce serait même le « reproche » général que l’on pourrait faire aux onze morceaux de l’album. Bordel, ces chansons passent trop vite ! Cela dit, ça fait une excellente raison pour laisser tourner en boucle, on ne s’en rend compte qu’après une quinzaine d’écoutes, à fredonner les morceaux comme si on les écoutait depuis quinze f…oh wait.

Allez, je vais chercher des excuses au groupe pour tant de réussite, mais c’est vrai qu’il s’agit tout de même de leur septième album (« l’album de la matur…non je déconne) en 14 années d’existence. Plus tout à fait les petits jeunes des débuts. Non, là, on sent le voyage bien préparé, en van avec des coussins moelleux et des cordes de rechange pour la guitare folk accrochée dans un hamac.

Tout l’album The Road Ahead is Golden est cohérent et bien équilibré, paisible mais néanmoins bien rythmé. Leur choix de typo et leurs deux prochaines dates à Londres et Brighton donne vraiment envie de se plonger à fond dans l’aventure et de s’incruster dans le coffre de leur cahute bringuebalante, histoire de s’en faire des potes, de ces trois-là.

On sort complètement apaisé de l’écoute de cette nouvelle production et on comprend complètement le choix du festival Rock les Bains, à Plombières dans les Vosges, de les avoir programmé le 13 août prochain. Allez-y, vous aurez le droit à la beauté musicale du groupe dans un cadre somptueux. En route pour le voyage !

ugo schimizzi

Rédacteur et photographe de concert depuis 2008. Co-fondateur du Magazine Karma. www.ugo-schimizzi.com/concert

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