LO’JO : sortie du nouvel album et nouveau clip du « Café des Immortels »

Après plus d’une quinzaine d’albums enregistrés depuis le début des années 80, des centaines de concerts sur tous les continents, des collaborations prestigieuses (Robert Plant, Tinariwen, Robert Wyatt, Archie Shepp…) et une aura que plus grand monde ne songerait à contester, le groupe LO’JO est revenu le 1er septembre 2017 avec son nouvel album [FONETIQ FLOWERS].
Pour décrire la musique de LO’JO, il faudrait puiser à la fois dans un dico des rythmes du monde et une encyclopédie des harmonies universelles. On y emprunterait des adjectifs comme bigarré, chamanique, polyglotte, épique. Loin d’un fourre-tout sonore, non, plutôt un grand souk acoustique qui proposerait au chaland esbaudi arômes de guinguette et effluves tziganes, valse apache et bamboche rasta, blues berbère et swing africain, rock et danse du ventre, groove et vaudou. On découvre aujourd’hui « Café des Immortels », extrait de l’album [FONETIQ FLOWERS] de LO’JO, avec un clip dans lequel on retrouve le Théâtre équestre ZINGARO :
On écoute parfois d’une oreille distraite un ami de toujours, croyant deviner à l’avance ses paroles à venir. On achète parfois sans le lire le dernier livre d’un auteur installé qui avait pourtant durablement secoué notre adolescence. On oublie que les gens évoluent, progressent, changent, se rebiffent, vivent. On oublie que l’existence n’est souvent qu’une succession de renaissances. Ce [FONETIQ FLOWERS] nous rafraîchit soudainement la mémoire, car le groupe LO’JO y donne l’impression d’éclore à nouveau.
Après plus d’une quinzaine d’albums enregistrés depuis le début des années 80, des centaines de concerts sur tous les continents, des collaborations prestigieuses (Robert Plant, Tinariwen, Robert Wyatt, Archie Shepp…) et une aura que plus grand monde ne songerait à contester, le groupe angevin réécrit l’histoire. Ou presque. On retrouve bien entendu ici ou là les grands marqueurs de l’esthétique de l’orchestre emmené par Denis Péan, mais un souffle inédit traverse bel et bien ces treize titres enregistrés aux quatre coins du monde (Austin, Lafayette, Séoul, Tbilissi, Cotonou, Paris et Bamako). Paradoxalement, c’est pourtant probablement leur disque le moins « ethnique » malgré la présence d’un kayagum coréen, d’un panduri géorgien, d’un daf iranien, d’un rik ou d’un oud, et certainement le plus électro-acoustique de leur discographie. Peut-être parce que le groupe a invité le touche-à-tout Albin de La Simone à venir ajouter des couleurs avec ses claviers hétéroclites ? Ou peut-être parce que LO’JO y a simplement osé de nouvelles envies qui le taraudait depuis longtemps ? Qui aurait par exemple imaginé un jour entendre un duo avec le rappeur du groupe suisse Puts Marie (« Noisy Flower ») ?
Avec leur précédent disque « Cinéma El Mundo », le groupe avait donné l’impression de boucler un cycle en sortant un disque très LO’JO canal historique, comme eux seuls savaient le faire. [FONETIQ FLOWERS] est donc le premier jour du reste de leur vie. Avec tous ses possibles. Tous ses pourquoi pas.
Dansons donc sur une valse brinquebalante rythmée par un chœur d’enfants (« Chabalaï »), retrouvons nos amours de jeunesse avec « Fonetiq », retenons notre souffle sur le magistral « J’allais », hurlons à pleins poumons « I will give you a wish » avec les sœurs Nid El Mourid (« Tu Neiges »), explorons les tréfonds de nos âmes en nous accrochant à la trompette d’Erik Truffaz (« Stranjer Than Stranjer »), éteignons la lumière sur le bouleversant instrumental final, « Figurine », que n’aurait sans doute pas renié Fred Frith – ou Brian Eno.
A l’image de Tom Waits ou de Nick Cave, LO’JO refuse la course contre le temps qui passe et décide d’emprunter des chemins de traverse, qui lui permettent apparemment de passer d’une vie à l’autre, sans jamais flétrir.

Nathalie

En premier lieu, toute personne qui fait de la musique son sujet principal d’écriture, ne peut être qu’un fan de musique. Cette personne aura été à un moment donné un obsessionnel d’un artiste en particulier. Moi, le virus m’a contaminée à l’âge de huit ans à la première écoute du titre « Liberian Girl » de Michael Jackson. L’usage de l’écriture et la musique sont des formes différentes de partage. Ma passion écrite de la musique, je la partage sur le quotidien Luxemburger Wort (version imprimée et site internet) depuis octobre 2011 et c’est grâce à eux que j’ai pu parler à des légendes comme Joe Cocker, Yes ou les Pixies. Mon plus beau souvenir restera jusqu’à présent ma rencontre avec Depeche Mode, rencontre immortalisée sur le site internet et la version imprimée du Magazine KARMA, trimestriel consacré aux musiques actuelles et distribué dans la Grande Région auquel j’ai contribué de 2013 à 2015. Je suis chez Vacarm.net depuis 2015.

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